L'AG

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L’amphi principal battait d’une énergie électrique.

À 11h30, les dernières places furent prises d’assaut, et les couloirs se vidaient dans un brouhaha frénétique de voix et de pas précipités. Des centaines d’étudiants, serrés les uns contre les autres, murmuraient, échangeaient des regards fébriles, certains encore imprégnés de l’adrénaline des heures précédentes.

Au fond de la salle, une estrade improvisée portait une banderole :
« Plus de CCSEG, plus de sanctions. Aujourd’hui, c’est nous qui décidons. »

L’air vibrait d’une tension nouvelle, épaisse comme une brisure d’os, chaque souffle semblait retenir la même question : Et maintenant ?

Sur l’estrade, Adam et Manon, micros à la main, levèrent les bras pour réclamer le silence.

— Vous savez pourquoi vous êtes là, commença Adam, la voix claire malgré les haut-parleurs grésillants. Parce qu’on en a marre de se faire traiter comme du bétail. Parce qu’on refuse de vivre dans une société où on nous surveille, où on nous bat pour un emballage de barre chocolatée, pour une absence en cours, pour un mégot de cigarette.

Un fracas d’applaudissements éclata, mêlé à des sifflements et des cris de soutien.

— Aujourd’hui, on a prouvé qu’on pouvait libérer une fac. Mais la vraie question, maintenant, c’est : qu’est-ce qu’on fait de cette liberté ? Et comment on libère ce pays ?

Un silence tomba, lourd, dense. Puis les propositions fusèrent. Les idées jaillissaient de toutes parts, accueillies par des acclamations. Des débats s’engageaient entre les rangées, des groupes se formaient pour noter les décisions sur des feuilles volantes. Quelqu’un proposa de rédiger une charte, un autre d’occuper les locaux.

— Et les autres campus ? lança une voix depuis le fond.
— Sciences, Médecine et STAPS sont aussi libérés, répondit Manon. Ils tiennent leur AG en ce moment même. On est en contact avec eux par radio.

Et dans l’amphi, sous la lumière crue des néons, quelque chose se fissura.
Ce n’était plus une réunion.
C’était un soulèvement.

Nous votâmes la suspension des cours jusqu’à nouvel ordre.

Soudain, un étudiant surgit sur l’estrade. Essoufflé, le regard hanté, il se pencha vers Adam et Manon et lâcha, à voix basse mais assez fort pour être entendu :

— Les agents du CCSEG encerclent le campus, ils sont accompagnés d'agents de police.

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