Face au mégaphone

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Les garçons n’avaient plus de smartphone depuis la mise en place du CCSEG. On leur avait confisqué, comme on leur avait tout pris. Mais nous découvrîmes que les téléphones des filles ne fonctionnaient plus non plus. Le réseau avait été coupé, exactement comme nous l’avions anticipé.

Notre seul moyen de communication était désormais la radio.

Les quatre campus étaient encerclés. Les Assemblées Générales avaient voté la suspension des cours et le passage à la lutte. Plus de demi-mesures. Plus de recul possible.

J’étais avec Manon lorsque nous commencâmes à faire sortir ceux qui ne voulaient pas rester. Ceux qui préféraient partir plutôt que risquer les représailles. Léa était parmi ceux qui quittèrent le campus. Il était 12h30.

Le vent était glacé, mais le soleil brillait. L’atmosphère était tendue, chargée, électrique. Nous procédions par petits groupes, via un sas de sécurité, une précaution pour éviter toute intrusion ou tentative de forcer les portes. Parce que nous savions qu’ils essaieraient.

C’est alors qu’un officier du CCSEG s’avança. Il ne pouvait pas entrer, bien sûr. Mais il avait un mégaphone. Sa voix résonna, métallique, sur le béton du campus :
— Le CCSEG n’a aucune intention de tolérer ce bordel.
Il marqua une pause, comme pour laisser le mot s’installer.
— Nous voulons parler à un responsable. Maintenant. Pour éviter que les choses ne dégénèrent.

Manon et moi échangeâmes un regard. Puis nous retournâmes en courant vers l'amphi où Adam, Lucas, Mehdi et Emma se trouvaient. Nous leur fîmes part de la demande de l'officier.

— C’est à toi d’y aller, dis-je à Adam.
Il était le plus légitime. Le plus respecté.

Mais Manon me coupa d’un geste sec.
— Non. J’y vais, moi.

Elle croisa les bras, déterminée.
— Toi, le CCSEG a tous les droits sur toi, dit-elle à Adam. Ils peuvent t’embarquer sur-le-champ. Moi, ils n’ont aucune autorité. Je suis une fille. Pour m’arrêter, il leur faudrait la police, puis la justice. Et au pire, je n’écoperais que d’une amende.

Elle avait raison. C’était effectivement le plus raisonnable. Le moins risqué.

Alors Manon se dirigea vers le sas.
Elle écouterait ce qu’ils avaient à dire.
Elle porterait nos revendications.

Il était 12h45 lorsqu’elle franchit la porte.
Tout le campus retint son souffle.

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