Les mésalliances

14 minutes de lecture

Quand je fus appelée dans le bureau, la fenêtre était ouverte et leur tenue impeccable, mais une douce odeur trahissait leurs ébats. Si je connaissais cette odeur, à force de l’avoir sentie bien des fois lors de ma jeunesse, je ne l’identifiais pas vraiment. Je savais seulement qu’elle annonçait la bonne humeur de mes parents ! J’entrai donc dans la bibliothèque avec une certaine confiance. Dorothy était assise, sur un petit canapé au fond de la pièce, Olivier était debout, il me fit asseoir sur la chaise de bureau qu’il avait avancé devant le canapé.

  • Ça ne te fait rien d’épouser un homme qui t’a berné ? me demanda ma mère à brûle pourpoint.

Le ton était donné, la discussion ne serait pas si aisée. J’expliquai le plus sereinement possible mes sentiments, les confidences, les longues après-midi à disserter sur la vie tandis que je vivais chez ses parents. Je n’omis pas les colères et les disputes que nous avions eues à Paris. Cela rassura Olivier. Il avait presque accepté quand il me demanda un peu négligemment comment avais-je découvert qu’il simulait.

  • C’était à la fin du séjour d’Adrien à Paris. Il est entré dans le bureau où je travaillais ; nous étions en pleine dispute. Il me faisait un discours sur mes principes sur le mariage et je lui répliquai le pointant avec mon stylo, qu’il ne m’avait jamais fait aucune proposition. Il attrapa ma plume d’un geste précis, qu’il n’aurait pas pu faire en étant aveugle. Après une stupeur bien compréhensible, j’en ai ri ! j’étais la plus aveugle des deux. Moi aussi, je lui avais aussi caché bien des choses sur mes perceptions des autres. Nous nous rendîmes comptes que nous étions, lui et moi, partis sur de bien mauvaises bases. 
  • Et sa mère ? Elle est au courant ?
  • Non, enfin si, bredouillai-je. Pour elle, c’est autre chose.
  • Elle le croit encore aveugle ? intervint Dorothy.
  • Non, elle croit au miracle... murmurai-je.
  • Mais encore ?
  • Nous sommes allés faire un pèlerinage en Bretagne...

Devant les mines ahuries de mes parents, je relatai notre séjour dans ce petit village de Bretagne et son chemin de croix autour de l’église. À la fin de l’explication, Dorothy tournait en rond tandis qu’Olivier s’était assis. Même si Dorothy était protestante, elle était furieuse de cette façon à berner les pauvres villageois. C’était pour elle la preuve que Valentin allait me tromper une infinité de fois. Pour Olivier, c’était une extravagance qui méritait réflexion. Cela l’amusait relativement de voir les dévots croire au miracle et il se demanda combien de miracles étaient simulés de la sorte. Il n’en fit pas part à ce moment-là, car il était relativement d’accord avec Dorothy pour dire que l’homme risquait de me duper sans que je flaire le poisson, puisque manifestement mes sens de clairvoyance somnolaient à son propos.

Le bureau devint très silencieux. J’étais vissée à ma chaise, je n’osais pas bouger. On entendait les rires de Victoria et de Valentin qui se promenaient dans le parc. Dorothy s’était immobilisée devant la fenêtre d’où elle les observait. Le faux et la vraie. Celle qui ne méritait pas d’avoir perdu ses yeux, celui qui ne méritait pas d’en avoir. Elle repensa à l’audition, il y avait quelque chose de profondément injuste. Certes, Valentin était un homme gentil, attentionné, peut-être même trop. Était-ce normal qui tenait Victoria de cette manière ? Bien sûr, il fallait la guider, mais poser la main sur la taille de la jeune fille était trop familier à son goût. La main descendait mine de rien sur ses fesses, cela hérissa Dorothy. Elle fit volte-face, me fixa et dit :

  • Es-tu sûre de toi, Églantine ? As-tu eu une vision qui prouvait que tu serais heureuse ?
  • Oui, répondis-je, d’une voix un brin hésitante.
  • Raconte !

Je racontai que je l’avais vu me faire des grimaces de l’autre côté d’une fenêtre pour me faire rire alors que j’étais en train d’ausculter un enfant.

  • Ce n’est pas suffisant ! me répliqua-t-elle. Ce monsieur est un clown. Il te fera rire, certes, mais il te créera beaucoup d’ennuis.
  • Pourquoi dites-vous cela ? demandais-je, un peu déçue par ce jugement sévère. 

Olivier s’était mis à son tour devant la fenêtre. Il m’appela, pour que je puisse constater par moi-même. Je vis, face à face, Valentin et Victoria. Valentin avait les mains posées sur les épaules de ma sœur, il s’approcha et lui donna un baiser sur la joue. J’eus l’impression que le monde s’écroulait. Je tournai les talons et courus dans ma chambre.

Dorothy vint me rejoindre tandis qu’Olivier se précipita dehors. D’un pas rapide et à peine contrôlé par sa canne, il arriva très vite à la hauteur de Victoria et Valentin. Sans attendre d’explication, il frappa violemment dans la mâchoire de Valentin. Celui-ci vascilla.

  • Mais pourquoi ? demanda le jeune homme.
  • Ça, c’était pour avoir trompé Églantine sur votre nature.

Et sans que Valentin puisse réagir, il lui balança un autre coup dans le ventre qui fit tomber Valentin. Dans la prise suivante, Olivier étranglait Valentin. Valentin suffoquait, tentait vaille que vaille de se défendre sans y parvenir. Victoria hurlait à côté d’eux. Elle ne percevait pas qui était dans la plus mauvaise posture, son père ou Valentin mais cela ne lui importait guère, l’un des deux allait mourir pour une mauvaise raison. James arriva en courant avec le jardinier. Ils dégagèrent Olivier de force. Valentin resta couché quelques minutes tentant de reprendre son souffle.

  • Vous allez décamper d’ici, sur-le-champ, grinça Olivier. Ne vous approchez plus de mes filles.
  • Vous vous méprenez, monsieur, souffla Valentin.
  • Nous avons assisté à la scène précédente, celle où vous embrassiez Victoria. Vous la bernez aussi bien que vous avez menti à son aînée. Dégagez, avant que je vous tue.
  • Papa, dit Victoria. Vous vous trompez...
  • Éloigne-toi, Victoria. Cet homme est dangereux.
  • Papa, insista-t-elle. Il n’est pas responsable, il...
  • Obéis, s’il te plait. Louise, cria-t-il. Ramenez Victoria au château.
  • Non, répliqua Victoria. Pas avant que vous m’écoutiez.

Olivier fronça les sourcils. Il n’aimait pas d’être repris par ses filles et en grandissant celles-ci en avaient de plus en plus l’habitude. Il soupira et lui accorda une minute. Victoria sortit de son corsage une lettre et la lui tendit.

  • Je ne peux pas la lire, c’est Valentin qui l’a fait. Certes, il m’a embrassé et il a posé ses mains à ma taille, c’est parce que c’est écrit là et que John lui disait de le faire.
  • Et qui est ce John ? soupira Olivier, en une fois complètement dépassé par les événements.
  • C’est un trompettiste américain que j’ai croisé à Paris. Il part à la Nouvelle Orléans et il me propose de partir avec lui.
  • Pardon ?
  • Papa, c’est là que l’histoire de la musique se joue actuellement !

Olivier vacilla, il pensa un instant que, comme l’avait dit Dorothy, quelques minutes auparavant, il y a des jours où il vaut mieux rester au lit. Il écarta les doigts devant lui, soupira et dit.

  • Bon. Nous allons tirer tout cela au clair. Vous, monsieur, je vous donne le sursis nécessaire à la lecture de cette lettre mais en attendant, vous resterez dans le parc. Toi, Victoria, tu viens avec moi.

Il prit le bras de Victoria et la guida vers le château et son bureau.

Olivier demanda à Victoria de s’asseoir sur la chaise que j’avais occupée quelques minutes plus tôt. Il s’assit à son bureau et prit le temps de lire la lettre écrite en anglais. Ce John voulait marier sa fille, l’emmener aux États-Unis pour vivre à la Nouvelle Orléans, c’était on ne peut plus clair. Il avait des manières bien singulières et il avait en effet demandé à son intermédiaire, de prendre Victoria dans les bras, de lui donner un « kiss ». Mais pourquoi, bon Dieu, Valentin avait-il obéi aux caprices de cet Américain qui, soyons clair, n’épousera jamais Victoria !

Olivier sortit de son bureau pour aller chercher Dorothy afin de la mettre au courant. Il n’avait pas adressé un mot à sa fille depuis qu’il lui avait pris le bras dans le parc. Il entra donc dans ma chambre, Dorothy me berçait tandis que je pleurais toutes les larmes de mon cœur.

  • Dorothy, je dois te parler, dit-il sans préambule. Quant au capitaine, enfin ce jeune homme, se reprit-il, je crois que nous nous sommes trompés légèrement sur les faits. Il attend dans le parc. Églantine, je te demande de ne pas aller le rejoindre, tout de suite.

Dorothy me donna un dernier baiser sur le front et suivit son mari. Je regardai par la fenêtre, je vis Valentin s’amuser avec nos petits jardiniers. Il gesticulait si bien qu’il les faisait rire aux éclats, et qu’il apprivoisait quelque peu le plus timide d’entre eux, Jean-jean. Cela me fit sourire. J’aimais cet homme qui arrivait à dérider une pomme fripée, à l’aide de quelques grimaces. Valentin était un clown-né, je le savais pour l’avoir vu nombre de fois faire rire ses petits frères aux éclats. C’était cela que j’aimais en lui, ce côté enfantin mêlé intimement à sa profonde philosophie de vie.

Sans attendre l’accord de mon père, je sortis et le rejoignis rapidement pour lui demander des explications. Il me les donna très simplement. Il était profondément désolé par le quiproquo, il me jura son amour pour moi, n’imaginait pas que je pus en douter pour un baiser donné sur le front de ma sœur.  

Nous déambulions gentiment dans les allées du parc, en discutant non plus de la méprise mais de ce John qui demandait la main de ma sœur.

John, le trompetiste qui avait courtisé ma sœur lors du dernier concert à Paris, était revenu quelques temps après le départ de Victoria. Il était terriblement déçu de ne plus la trouver et avait écrit une lettre qu’il me demanda de remettre à ma sœur. Je l’avais envoyée directement au château et Victoria avait gardé la lettre dans sa chambre sans demander à quelqu’un de la lui lire. Elle n’avait rien dit à ses parents de ce qu’elle ressentait pour cet homme et de ce qui s’était passé entre eux. Elle avait peur que la lettre fut un simple rejet de la part du musicien : on épouse pas une infirme. Tandis que nous discutions mes parents et moi sur mon mariage, Valentin lui avait demandé si elle avait bien reçu la lettre parce que John était revenu quelques temps plus tard, pour savoir si nous avions reçu une réponse. Elle lui répondit en rougissant qu’elle n’avait pas eu le courage de demander à quelqu’un de la lui lire. Valentin lui proposa de le faire, il ne fallait pas rester dans l’incertitude. Quand il la lui lut, elle riait de bonheur, oubliant la déconfiture de son audition.

Olivier et Dorothy ne savaient pas encore que John était noir. Cela poserait un énorme problème que Victoria ne soulèverait pas dans son argumentaire puisqu’elle l’ignorait, faute de l’avoir vu. Valentin avait côtoyé suffisamment d’Américains pour connaître les lois de ségrégation raciale qui régnaient dans les états du sud. Il me fit part de ses inquiétudes quant à la sécurité de ma sœur à la Nouvelle Orléans.

  • Mais pourquoi ne lui avez-vous pas dit que c’était impossible qu’elle y vive ? lui ai-je reproché.
  • Parce qu’elle a déjà reçu une terrible claque aujourd’hui et peut-être que John sera d’accord pour aller vivre à New York ou dans un autre état du Nord, me répondit-il.
  • Et à New York, c’est permis ?
  • Je n’en sais rien. Je ne sais même pas s’ils pourraient se marier en Belgique. Je ne comprends pas comment ce John peut la mettre en danger. Et vous, Églantine, que pensez-vous de ce mariage ? Si vous utilisiez vos dons pour voir s’il lui serait heureux.
  • Il faudrait que je serre la main aux deux intéressés. J’ai vu que la destinée de n’était pas traditionnelle, mais de là à l’envoyer au bras d’un nègre dans un pays que je ne connais pas, j’y mets un bémol !
  • Et avec la lettre en main, vous ne pourriez rien percevoir ?
  • On peut essayer mais cela ne vient pas en claquant des doigts !

Valentin se tourna vers moi avec un petit sourire insistant. Je soupirai et je lâchai son bras.

  • Bien. Je vais les rejoindre au bureau.

Quand j’arrivai dans la pièce, la tension était palpable. Victoria était assise sur la même chaise, le dos droit et le visage baigné de larmes. Dorothy faisait les cent pas devant elle, tandis qu’Olivier regardait par la fenêtre. Dorothy s’arrêta net et se tourna vers moi :

  • Et toi, Églantine, me dit-elle d’un ton énervé. Que penses-tu de ce John ?
  • Il est très gentil mais il y a un énorme problème dont Victoria ne se rend pas compte.
  • Ah bon ? demanda-t-elle avec une pointe d’espoir.
  • Il est nègre.
  • Nègre, mon Dieu ! il ne manquait plus que ça !

Mes parents n’étaient pas racistes comme on l’entend à l’heure où j’écris ces lignes. Ils vivaient avec leur époque, n’avaient croisé aucun homme de couleur et, dois-je le rappeler, « nègre » n’était absolument pas péjoratif à l’époque. Ils ne pouvaient concevoir un autre mariage qu’un mariage entre blancs et même, entre gens du même monde. Ils ne craignaient pas une mésalliance (ils l’avaient fait !), mais ils n’imaginaient  pas que le bonheur de leurs filles puisse se dérouler dans d’autres conditions que celles-là.

Je pris les mains de ma sœur et tentai de percevoir quelques éléments. Je la vis en flash : adulée à New York, avec John à ses côtés. Je fus prise de court, ne sachant si ma vision n’était pas le fruit de mon imagination.

  • J’ai une idée, dis-je, tirons les cartes ! c’est le moment du jeu de la Spirale, je l’organise, cela nous permettra peut-être d’y voir plus clair.

Olivier approuva directement, Dorothy qui avait horreur de ce jeu, acquiesça en soupirant. Dès le lendemain, j’emmenai toute la famille à un grand pique-nique au-dessus du hameau de « Furfooz », dans une grotte surplombant la Semois.

Trois nouvelles personnes entrèrent dans le cercle : Valentin, André et son fils François. Ils tirèrent donc une première carte, celle qui désignaient leur ligne de vie. J’aurais dû voir en celle de Valentin les problèmes à venir, mais l’amour rend aveugle et c’en fut une belle preuve. Je n’y ai vu qu’une vie mouvementée et relativement courte et un grand amour. J’expliquai celles des deux autres nouveaux, leur vie était sans histoire particulière.

Nous en vînmes aux cartes de la période. 

  • Tu partiras dans un pays lointain, tu vivras dans une semi-clandestinité mais tu seras très heureuse, dis-je à Victoria. Quant à toi, Violette, rien de plus qu’on ne sait déjà, tu auras une période aventureuse. C’est toi qui sonneras le moment du tour suivant. Tu reviendras avec un bébé qui sera notre prochain membre.

Valentin me tendit sa carte d’un air narquois. Il avait fait des grimaces à chaque prédiction se moquant par là de chacun de nous. Olivier était raide et contenait sa colère avec grande difficulté.  Je pris la carte de Valentin sans réagir à ses simagrées  et je l’analysai :

  • Ce boulet de prisonnier indique une dépendance qui t’entrainera dans un gouffre.
  • Aaahh dit-il dans un air de faux conspirateur. J’en sortirai ?

Ce sourire ou son attitude me cabra quelque peu, je répondis en le fusillant du regard :

  • Difficilement.

Et je passai à la carte de Dorothy. Elle me la tendit et comme à son habitude, elle me dit :

  • Ne me ménage pas !
  • Je ne ménage jamais, répondis-je.
  • Quand même, répliqua Fanny entre ses dents, tu viens d’en pondérer un qui ne le mérite pas !

Je la fixai un instant, fis une petite moue et analysai la carte de ma mère :

  • C’est une période calme mais ponctuée d’un grand désarroi où vous n’avez pas de prise. En fait, il semblerait qu’une personne de votre entourage sera entré dans une profonde mélancolie qui vous chagrinera et vous inquiétera plus que de mesure. Je peux déjà vous rassurer, cette personne quittera cet état en fin de période. À vous dady !

Olivier me tendit sa carte.

  • Eh bien, vous êtes dépendant d’une manie qui vous pèse mais dont vous ne pouvez pas sortir. Ce n’est pas encore maintenant que vous vous en sortirez ! C’est curieux parce que cette dépendance vous rapporte beaucoup d’argent... pourquoi vous pèse-t-elle ? dis-je pensive.

J’écartai les sourcils et concluai-je :

  • À vous de voir !

Sur le chemin du retour, Fanny me prit par le bras et m’obligea à faire demi-tour avec elle, prétextant qu’elle avait oublié son foulard. Fanny avait été notre institutrice en Provence quand nous y habitions encore. Elle avait suivi son mari et entraîné notre famille dans son sillage. Non pas à cause du jeu, mais Olivier avait été accusé de meurtre en France. Faute de preuve, le bâtonnier d’Avignon lui avait demandé de quitter la Provence afin de ne pas l’inculper. Toute ma famille avait donc déménagé par la même occasion. Une fois en Belgique, Fanny n’avait pas trouvé le travail auquel elle aspirait. Elle cherchait à créer une école et ses espoirs avaient été déçu. Olivier lui avait alors confié la réalisation d’une feuille de chou dédiée aux femmes. La feuille de chou était devenu un véritable magazine qui avait pu, grâce à la guerre, prendre un nouvel essor, car elle y donnait nombreux conseils pour survivre et instruire les enfants dans une Belgique occupée. Les bureaux de ce magazine étaient dans l’aile droite du château.

Le mari de Fanny, Guillaume était mort pendant la guerre. Elle avait épousé en seconde noce, Alain, le typographe du journal. Cela ne surprit personne parce qu’il en était déjà amoureux depuis bien longtemps.  Le couple vivait une maison confortable dans le village. Alain avait un fils nommé François. Celui-là était à Louvain, où il avait entrepris des études d’ingénieur.

Une fois sur place elle me tendit la main et dit :

  • Donne-moi ta carte !

Je la regardai en faisant mine de ne pas comprendre.

  • Tu n’as pas lu la tienne à haute voix, ce n’est pas juste. Je veux voir ta carte.

Je la lui présentai comme un enfant pris en faute.

  • De toute façon, on ne peut rien y changer, dis-je d’une petite voix.

Fanny l’a lue en fronçant les sourcils.

  • J’ai eu cette carte, il y a quelques temps, tu le sais pertinemment bien. Tu vas vivre la même période que moi, avec cette mélancolie, ce gouffre qui est dangereusement présent et dans lequel tu peux tomber.
  • Je n’y tomberai pas, puisque je suis prévenue.
  • Ne te marie pas avec ce type ! dit-elle. Tu sais que c’est une erreur, tu n’es pas encore liée à lui, sors-toi maintenant de ce danger.
  • C’est trop tard, j’ai défendu sa cause. Cela n’aurait pas de sens de me dédire maintenant.
  • Et lui ? Pourquoi ne lui as-tu pas dit qu’il ne sortirait pas du gouffre ?
  • Vous m’avez appris qu’il ne fallait jamais aller trop loin la première fois...
  • Certes, mais ce type se moquait de toi tout le temps du jeu.
  • Mon père aussi, la première fois qu’il est entré dans le cercle.
  • Ce n’était pas pareil, Églantine ! ton père ne croyait pas au jeu, mais il ne se gaussait pas de moi !

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Yaël Hove ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0