Chapitre 9 des documents intéressants

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Assise parterre, Anita tenait dans les mains, le document qui était une vente.

Pardevant Me Cornet, notaire à Creil (Oise) soussigné

A comparu

Madame Germaine Lebis, épouse de Monsieur Marcel Rousselet, deumeurant au bourg de Luzarches.

Le nom de Marcel Rousselet . Un membre de la famille de Victor Rousselet , le maire de la commune

Anita descendit plus bas dans sa lecture, le nom suivant n'était d'aucun intérêt. Un terrain portait le même nom de son habitation. Cela devenait plus intéressant.

Désignation

Commune de Luzarches

Aux dépendances du bois joli

Une parcelle de terre en nature de labour et pré figurant au cadastre par suite de division et document d'arpentage, section WX n°32 lieu dit : Bois joli pour une contenance de vingt-six hectares cinq ares.

Elle sauta plusieurs lignes qui parurent rébarbatifs et s'arrêta sur les mots :

Propriété et jouissance

Les acquéreurs seront propriétaires de l'immeuble présentement vendu à ce jour. Et ils auraont la jouissance à compter de ce jour par la perception des fermage.

— Notre maison était une ancienne ferme et le champ étaient au nom de la famille Victor Rousselet !

Anita tenait un trésor entre ses mains, c'était encore mieux que de l'argent. Un autre dossier démontrait que Victor était encore propriétaire d'une partie d'une culture. En bas de page, le sceau du notaire avec les noms des vendeurs et des acheteurs. Mais s'agissait-il de la même famille que le maire ? L'adresse indiquée n'était pas sur Luzarches. Avec la série des déboires vécus depuis un an, un frisson se propagea jusqu'au bout de ses membres. Une soudaine frénésie la fit se relever d'un bond pensant de détenir un élément important. Ses parents étaient-ils au courant ou se rappelaient-ils de ces papiers ? Des suggestions s'orbitaient autour du maire. Elle reprit courage, elle feuilleta tout le reste des feuillets. Elle se passionna pour ces vieux papiers qui contenaient un passé, une histoire. Elle huma leur odeur. L'écriture était appliquée à la plume. Tout se disséminait sur le plancher. C'était une mine d'or riche de renseignements. Elle s'exaltait à chaque trouvaille et le sourire lui revint. Sa soif de curiosité n'était pas encore satisfaite, elle devait aller encore plus loin. Elle rangea correctement dans le même ordre lorsqu'elle eut fini. Devant son ordinateur, elle tapa le nom de Victor Rousselet. Elle s'intéressa à son arbre généalogique. Cela lui prit plusieurs heures à cliquer sur plusieurs pages pour avoir le bon, la bonne branche et l'homme en question. Qui était-il ? Quels étaient ses origines ? Son parcours ? Avec le nom du couple, c'était plus facile. Ainsi qu'elle put remonter de génération en génération sur leurs métiers, lieux de naissances et le nombre de naissances. Internet dévoilait tout. Elle fit un topo sur une fiche. Victor Rousselet était né le 23 août 1949 à Rouen. Fils d'un père rentier natif de Luzarches et d'une mère sortit de l'école de l'ENA. D'ailleurs lui-même prit le même parcours que celle-ci et put travailler auprès d'hommes politiques sans être dans la grande lumière. Victor Rousselet était maire depuis vingt ans. Des articles de journaux parlaient de lui en bien, un bienfaiteur pour sa commune. Il était propriétaire de plusieurs biens dispatchés un peu partout. Pour relancer l'économie de sa ville, il spéculait sur un parc d'attraction, l'article datait de 2018.

— Victor Rousselet, le maire de Luzarches, nous parle de ses idées pour une commune plus attractive.

En effet, des terrains seraient exploitables pour un parc d'attraction. Des activités pour toute la famille, du plus petit au plus grand. C'est une gageure risquée, mais cela renflouerait les caisses et apporterait du travail aux chômeurs. Le chômage est un fléau, une lèpre contagieuse. C'est une somme faramineuse qui est à prévoir. Un particulier, un citoyen ayant les moyens pourrait habiliter et endosser tout cela. Je serais celui-là dans les mois à venir. Je devrais acquérir d'un bien qui appartenait à ma famille.

Anita imprima toutes ses recherches. Elle classa ses feuilles.

Bruno arriva les bras chargé de courses. Il avait dévalisé les rayons pour cuisiner avec elle de bons petits plats. Une revue bimensuel au mileu des légumes dépassait avec en couverture et en bas de page dans un rectangle un article sur l'égalisation des sexes pour les postes de travail. Elle avait besoin d'un tremplin pour s'égayer un peu. Il était anormalement intentionné envers sa fille, mais son coup de fil ne l'avait laissé indifférent. Son ex-femme purgeait sa peine et Anita héritait des tracas sur pattes. Cela resserait les liens avec son père. Il avait attesté de ne pas mettre le nez dans les affaires de sa femme depuis qu'il avait déserté le foyer. Là, ce n'était plus possible. Il avait prédit le pronostic qui se réalisa aujourd'hui. La tête d'Anita était sur son bras et retenue par l'autre bras. Sa mine tristounette et songeuse, elle était en pleine réflexion. Derrière elle, Bruno l'embrassa sur le dos. Elle releva la tête comme réveillée de ses pensées. Elle eut un petit sourire mêlé dans les larmes. Il lui déposa un baiser sur les joues. Elle était encore sa petite fille. Puis, elle se blottit dans ses bras contre sa poitrine.

— Tu te documentes sur quelqu'un.

— Oui sur Victor Rousselet.

Bruno l'embrassa sur le haut de la tête.

— Je n'ai pas été très tendre avec ta mère pendant notre mariage.

— S'il te plaît, évitons ça !

Il était parti du jour au lendemain de sa fonction de trésorier auprès de sa femme. Anita avait mal vécu le divorce.

—Richard veut bien un de tes chats. Un chien, ce n'est pas possible. Et moi aussi. Tes deux soeurs deux chats chacune.

— Déjà 6 chats de casés !

—Pour Monique et Antoinette, c'est non.

— Pas étonnant.

— Je te dérange peut-être.

Anita se jeta sur ses imprimés.

— Ce n'est rien. Je me réserve tout cela pour moi. Mes présomptions sur le maire sont peut-être des chimères ! De l'autre côté, je l'informe sur les anciens propriétaires sans plus. Mais cela amènera à d'autres interrogations. Je te remercie pour tous tes achats, c'est généreux de ta part.

Anita gambergea durant toute la soirée avec son père. Elle ira voir le maire, c'était son dernier recours.

***

Quelques jours plus tard.

La douceur des beaux jours s'annonçaient, le printemps commençait à réchauffer les terres froides. Les arbres se revêtiront avec leurs manteaux de feuilles ou des bourgeons fleuriront pour de jolies fleurs.

Sur la route départementale, Anita longeait les maisons, les champs, les arbres. Puis, elle quitta la campagne pour la ville. Sur la gauche, la ferme près d'un quartier résidentiel d'une gendarmerie et d'un cabinet de vétérinaires, elle descendit par les écoles et les commerces. Elle contourna l'église. Elle prit un rond-point pour aller tout droit. La mairie était juste à côté du cimetière. Elle s'arrêta le long du mur. Elle remonta à pied une petite côte pour rejoindre la poste. Elle introduisit des enveloppes dans une boîte à lettres Puis, Anita se pointa à la mairie afin d'obtenir une entrevue avec le maire. Pris par l'organisation des obsèques de Michel Dumoulin et Nadia, il refusa. De plus, il attendait une nouvelle recrue pour remplacer Maryline. Elle insista avec une charmeuse et pleureuse, le délai pour solutionner se profilait. Devenue expulsable par la fin de la trève hivernale, elle tentait l'attendrir. Elle se sentit miséreuse. Il la renvoya.

Puis de retour dans sa voiture, elle revint dans le chemin inverse. Sauf, sur la grande route, la voiture ne répondit plus. Elle éventa une défaillance mécanique lors de sa lancée. Anita relâcha le pied de l'accélérateur pour réduire la vitesse. Elle appuya sur le frein, elle ne modérait pas.

— Comment vais-je ..?

Anita essaya plusieurs fois de stopper par petits coups. La chaleur sur le front, le cœur tambourinait. Elle gardait un sang-froid. Elle utilisa le frein à main, sans succès. Alors, elle roula encore. Les pneus crissèrent. L'idée de buter le véhicule contre une motte de terre au niveau d'une ancienne discothèque dans un cul-de-sac effleura son esprit. Elle dépassa chez elle. Quelques mètres plus loin, elle tourna et s'encastra dans un talus. Elle respira enfin, la peur au ventre de reprendre sa voiture. Son rythme cardiaque ne se calmait pas. Son corps tremblait. Être encore en vie était une chance. Elle téléphona à son père. Lorsqu'il arrriva sur les lieux, elle était encore toute chose. Reconduire lui était impossible. Elle pantelait. Elle s'expliqua à demi-mot l'incident. En larmes, elle ahanait, ses membres flageolaient. Elle ne tenait plus sur ses jambes, elle s'assit sur le siège. Le pare-chocs était intacte. Tout avait été révisé depuis peu. Cette défaillance mécanique était bizarre. L'idée qu'une personne avait traficoté sur sa voiture la lancinait.Bruno était venu avec sa dépanneuse. Il tracta la Supercinq. Il fit échange avec la voiture de Marlène qui était restée à son garage.

Elle se prépara un thé et écouta les vieux disques de sa mère.

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