L'incendie dans les yeux
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L’été était brûlant. Lourd. Étouffant.
Un soir, alors que le soleil rougissait le ciel, un cri éclata dans la cour de l’église. Un homme. Ivre. Il parlait fort. Trop fort.
— J’les ai vues. Les deux gamines. Se croyaient seules ! À s’embrasser comme des putains !
Le mot tomba comme une pierre dans l’eau.
Le silence fut immédiat. Horrible.
Élise, cachée derrière le puits, sentit sa gorge se fermer.
Quelqu’un l’avait vue.
Elles. Ensemble.
Madeleine ne vint pas ce soir-là. Ni le lendemain.
Trois jours. Trois nuits.
Puis, un matin, une lettre glissée sous la porte d’Élise.
*« Je pars. On m’envoie à Paris. “Pour ma santé”. Je n’ai pas eu le choix. Je t’aime.
Ne laisse pas ce monde t’éteindre.
M.”*
Élise tomba à genoux.
Ses mains tremblaient.
Elle pleura longtemps, sans faire de bruit.
Elle brûla la lettre dans la cheminée.
Mais les cendres restèrent dans son coeur.
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