Prologue I
Dans un monde imprégné de magie, où foisonnent des créatures fabuleuses et des plantes aux propriétés mystérieuses, cohabitent des humains ordinaires et d'autres dotés de pouvoirs surnaturels.
Cette magie leur a été transmise par leurs ancêtres, jadis des bêtes enchantées aux origines oubliées.
En effet, il y a cela des milliers d’années, un phénomène étrange bouleversa l’ordre naturel. Certaines portées de ces ancêtres se transformèrent en nourrissons humains, marquant le début d’une nouvelle ère.
Mais là où la vie et la mort se complètent, la lumière et les ténèbres coexistent aussi. Et les humains de ce monde sont tout aussi complexes que ceux que l’on côtoie dans le nôtre.
C’est un événement tragique qui anime le début de cette histoire. Celle de la fin d’une espèce et d’un espoir presque perdu. Une espèce pour le moins unique. La seule qui avait le pouvoir de la vie. Plus qu’un simple pouvoir de soin, ces magnifiques oiseaux, aux couleurs vives mais douces à la fois, pouvaient faire repousser des membres, guérir les blessures les plus graves, purifier la magie noire et tous types de poisons. Et ce malgré leur toute petite taille.
Seules des reliques de leurs pouvoirs subsistèrent de cet incident oublié. Des plumes, des petites griffes ou encore des ossements imprégnés de leur incroyable et perpétuelle magie. Mais la plus convoitée d’entre tous, un œuf. Un œuf dont la coquille est devenue fragile et fêlée, marquée par son passé mouvementé. Toutefois, ce qui en fait un mystère c’est qu’au long de toutes ces décennies après le drame. Il n’a ni éclos ni été cassé.
Peut-être comme certains reptiles, il attend de se sentir en sécurité avant d’éclore. Mais la question qui se pose le plus est : Va-t-il éclore un jour ?
- J’avais dit quoi sur la nature humaine ? Ah, oui, elle est complexe. - Et c’est dans cette richesse de bons et mauvais côtés que le lieu de repos des Jetai-Nakï, les oiseaux, a été pillé.
L’œuf a bien sûr été arraché à sa demeure, sa valeur étant trop importante pour être laissé tranquille. - Je n’en sais moi-même pas assez pour vous dire dans quelles conditions il a été transporté. -
Au fur et à mesure des conflits sur la route de l’opulence, l’œuf a failli plusieurs fois se briser. N’enlevant rien à son importance, il était toujours, malgré tout, sous surveillance.
C’est lors d’une bataille entre deux groupes de brigands peu scrupuleux et très peu méticuleux qu’il finit par leur glisser des mains. Très fragilisé, l’œuf reste cependant assez solide pour rouler le long d’une pente ardue. La fin de cette folle échappée s’achève au bord d’une falaise. Et à l’instant où l’œuf touche les airs, le temps d’un souffle, il finit par se briser.

Annotations