Chapitre 2 - I

3 minutes de lecture

Moins d’une semaine plus tard, à la tombée de la nuit, Eliana s’apprête à aller se coucher. Au moment où elle soulève la couverture de son lit pour s’y engouffrer, la sonnette de l’entrée se met à retentir frénétiquement.

Les battements de son cœur s’emballent. Son visage, affichant encore la satisfaction de la journée, se raidit sous l’angoisse imminente. Le temps s’arrête presque sur l’image de peur dans ses yeux. Chaque seconde est un supplice. Mais elle ne peut simplement ignorer la sonnette, ni la personne qui appuie dessus. C’est donc à reculons qu’elle s’en va voir qui s’agite ainsi, à une heure si tardive.

L’obscurité de la nuit ajoute un poids presque palpable à la peur qui la fait avancer si lentement. Les couloirs, pourtant courts, deviennent longs. Les murs, pourtant si familiers, deviennent étrangers. Et le sentiment de sécurité de son propre foyer semble s’estomper au point de se sentir nue. Si seulement le danger qui menace la jeune femme pouvait être derrière les barreaux, et non à trois maisons… Oh là là… cette angoisse !

Elle descend les escaliers dans le noir. Les bras tendus, Eliana cherche du bout des doigts les meubles qu’elle connaît si bien. « Pourquoi fait-il si sombre ? » se demande-t-elle. Ben peut-être parce que tu n’as pas allumé la lumière ? Pardon. Reprenons.

En arrivant à mi parcours entre l’escalier et la porte d’entrée, la jeune femme passe sa main sur la commode au dos du canapé. Soudain, un bruit sourd éclate. Pourtant bref, il résonne dans ses oreilles. Comme si la scène se reproduisait encore et encore. Mais ce sont en fait les battements de son cœur en panique qu’elle entend. Le presse papier qui se trouvait près du bord est tombé au contact de sa main. Ne pouvant pas supporter une telle montée de stress, Eliana s'accroupit pour tenter de se calmer.

La personne de l’autre côté de la porte en décide autrement en toquant à nouveau. Mais alors que l’angoisse mène la danse dans le corps et la tête de la jeune femme, une voix familière s’écrie alors :

« Eliana ! Tu es là ? Tu ne vas pas me dire que tu dors déjà. Tu ne vas tout de même pas laisser ta meilleure amie dans le froid ?»

Surprise, mais rassurée, la jeune femme recroquevillée se relève. Les jambes encore tremblantes d’émotions, elle marche tant bien que mal jusqu’à la porte. Elle l’ouvre et… dans un souffle de soulagement, elle s’effondre juste devant son invitée.

« Eliana !  s’écrie la visiteuse prise au dépourvu. »

Une fois la porte fermée, la lumière allumée et Eliana installée sur le canapé, la tension retombe enfin. Les retrouvailles peuvent dorénavant commencer.

« Eliana, j’ai deux questions. Premièrement : qu’est-ce qui se passe donc ici ? Et deuxièmement : tu attendais quoi pour allumer les lumières ? demande sa sœur de cœur.

- Si tu savais… commence Eliana en essayant de retrouver un peu d’énergie.

- Ben dis moi. Comme ça je saurais, répond-elle.

- Tu te rappelles du type qui a massacré toutes les poules de madame Bertin et qui a tué son voisin à la hache ? débute la jeune femme.

- Ah ! s’exclame-t-elle. Le fou parano qui pensait que sa femme le trompait avec le voisin, alors qu’ils s’échangeaient à peine un bonjour ?

- Oui celui-là même. Et ben… On ne sait pas comment mais… il est sorti de prison et il est de retour au village, souffle Eliana

- Tu rigoles j'espère ? C’est pas lui qui a dit a tous ceux qui avaient témoigné contre lui que… commence l’amie.

- Il allait tous nous tuer, trucider, torturer ? reprend-elle. En résumé, se venger ? Si, si, c’est bien lui. Et je l’ai appris quand… mardi ? Quelque chose comme ça, explique-t-elle.

- Non, je ne veux plus rien savoir, je t’emmène avec moi. On sera un peu serrée… réfléchit la jeune femme. Mais au moins tu seras en vie.

- Nola, tu sais bien que je suis allergique à la foule, les immeubles, le bruit des voitures et leur gaz polluant… réplique-t-elle tout en voulant sincèrement et désespérément se laisser tenter. »

Nola fait semblant de ne pas entendre en allant préparer des infusions. Elle qui se faisait une joie de rendre visite à sa meilleure amie, elle se retrouve à se faire un sang d’encre pour elle. Le visage fermé, la tristesse née de sa déception humidifie ses yeux d’un bleu océan.

Après un moment où les deux essaient de traiter leurs émotions négatives pour mieux les cacher. La jeune amie essuie ses larmes en prenant soin de bien tourner le dos au canapé. Elle revient s'asseoir, une tasse d’infusion dans chaque main.

Annotations

Vous aimez lire Lusiuna ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0