Chapitre 4 - II

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Le doute s’installe de plus en plus parmi les humains. Mais une voix douce fait son chemin parmi les autres :

– Que se passe-t-il donc enfin ?

– Princesse Lana, restez dans le palanquin, explique le soldat le plus proche. C’est dangereux.

– Développez, je vous prie, demande-t-elle, curieuse.

– Une veltrali est à juste quelques pas de nous, continu-t-il, les yeux rivés sur la créature.

– Une veltrali ! s'écrie-t-elle en ouvrant le rideaux devant elle.

La panthère ailée ouvre grand les yeux en réponse à ce geste brusque en reculant d’un pas. Un second râle se fait entendre. La tension est à son comble.

Une humaine, adulte, sort la tête de la boîte en bois. Ses longs cheveux blonds clairs adoptent les couleurs chaudes des torches.

– Où est-elle ? interroge–t-elle excitée. Je n'en ai jamais vue auparavant !

– Madame ! ose un soldat à l’armure lourde. Ne faites pas de gestes brusques et ne vous en approchez pas.

– Oui, oui, passez-moi votre torche vous, dit-elle gentiment au soldat à côté d’elle, tout en la lui prenant.

Elle s’approche lentement, ignorant les consignes, la flamme légèrement en avant. Et elle aperçoit un tissu clair sur le dos de la créature. « Mais… ! » pense-t-elle. Elle observe alors l’animal. Ses yeux scrutent les soldats un à un. Pas de l’animosité, de la méfiance. Et ses membres tremblent, de la tension. Oui. Mais aussi de la fatigue. Un air sérieux se dessine alors sur le visage de la jeune femme à la peau claire.

– Reculez. Tous. Ordonne-t-elle d’un ton sec, mais la voix toujours aussi légère.

– Mais Princesse La… commence un soldat.

Lana se tourne vers lui, le visage fermé, le sourire enfoui sous un air grave. Le soldat commence alors à reculer. Les autres en font de même, le pas hésitant.

– On devrait attendre le retour du général Madame, lance un autre soldat.

– Reculez encore, répond simplement la princesse en leur tournant le dos.

Ils s'exécutent, sans un mot. Lana recule alors à son tour et en profite pour rendre la torche qui va l’encombrer. Car elle pense déjà comprendre ce qui se passe.

Le regard de la panthère se pose de plus en plus sur Lana. La méfiance encore présente, elle vérifie tout de même les angles. Elle lève une patte pour s’avancer. Regarde la princesse, puis à droite, à gauche et pose son membre au sol. Elle fait suivre le reste de son corps lentement, prête à reculer au moindre mouvement suspect. La tête près du sol, son souffle humide soulève les particules de terres les plus légères.

La jeune femme contenant au mieux son excitation face à une telle situation, s’abaisse, espérant faire naître un brin de confiance. Juste assez pour ne pas faire durer la situation.

– Mada… commence encore un autre soldat.

La panthère réagit aussitôt en préparant ses membres arrières à la propulser vers sa fuite.

– Chut ! le coupe la princesse. Pas un mot, pas un bruit, pas un geste, ordonne-t-elle en chuchotant.

Seules les feuilles au contact du vent et les flammes dansantes sont alors audibles chez les humains. Pendant ce silence reposant, Lana tente de faire comprendre à la créature que tout va bien. Elle lui sourit, et s’agenouille même à terre. Un des hommes s’apprête à réagir en ouvrant la bouche. Mais avant même que le moindre son ne sorte, un autre place sa main sur cette dernière. À ce moment, le savant observe les oreilles de l’animal pivoter, l’une puis l’autre, à la recherche du moindre bruit suspect.

À la surprise de tous, la veltrali se redresse alors. La tension se dissout légèrement. Elle s’avance doucement, avec prudence. Elle est assez lente pour que le savant puisse observer le mouvement de ses muscles. Et plus elle s’approche, plus les humains retiennent leur souffle.

Ils s’étonnent enfin de voir qu’elle porte quelque chose sur son dos. Ils voudraient débattre, parler. Mais tous restent silencieux. La princesse ne change rien à son sourire et ne bouge pas. Un lien invisible se forme lentement entre elle et la créature.

Une fois l’animal sur le chemin et entièrement éclairé par les torches, la jeune femme se penche en avant pour poser les mains au sol. La panthère suit ce mouvement de la tête, regarde les pattes dépourvues de poils de l’humaine puis regarde à nouveau son visage. Elle ne comprend pas ce qu’il faut faire et les humains en métal non plus. Mais celle en face d’elle a l’air de savoir ce qu’elle fait. C’est faux, elle est totalement dans l’expérimentation, ne faîtes pas ça chez vous ! Alors, pendant un court instant la veltrali va accepter de se faire guider par les gestes de cette humaine.

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