Chapitre 36
Adrian glisse sous ma peau, m’agrippe la taille et m’attire contre lui. Nous sommes désormais collés l’un à l’autre. Son souffle effleure mon visage, son odeur s’insinue en moi, familière, troublante. Nos jambes emmêlées se cherchent, se provoquent, se repoussent un instant avant de se retrouver, incapables de rester éloignées
La douche froide a dissipé le brouillard de mes pensées, mais n’a rien éteint. Au contraire, le désir est là, plus vif, plus brûlant, impossible à ignorer.
Il m’allonge sur le dos et se redresse au-dessus de moi. Son regard me fascine à chaque fois. Celui qui me voit vraiment, me comprend, m’accepte.
Les mots n’ont jamais été mon fort. Encore moins maintenant, alors que ma respiration hachée, les battements désordonnés de mon cœur et l’impatience qui traverse mon regard, parlent pour moi.
Il se penche et capture mes lèvres.
Un baiser si tendre, qu’il détonne avec l’ardeur contenue dans son regard.
Je proteste quand il s’arrache à moi, mais lorsqu’il se glisse dans mon cou, toute résistance s’effondre, et je l’implore, silencieusement, de ne jamais s’arrêter.
Ses baisers sont délicats et pourtant appuyés, lents mais dévoués, comme pour graver sa présence dans ma peau.
Je ne sais plus à quel moment mon haut a disparu, et je ne veux pas le savoir. Pas quand il me regarde ainsi. Pas quand son silence devient une confession, qui fait naître, au creux de mon ventre, quelque chose de vivant, de brûlant, d’irréversible.
Sa bouche se referme sur mon sein avec une douceur troublante, un contraste flagrant avec la faim possessive de sa main sur l’autre. Les yeux clos, je me laisse aller, savoure chaque caresse, chaque passage de langue, chaque fausse morsure qui fait vibrer mon corps.
Il n’existe plus aucun autre endroit où je voudrais être à cet instant.
Lorsqu’il descend plus bas, couvrant chaque parcelle de baisers, lorsque sa langue trace une ligne lente, humide, brûlante le long de ma taille, je crois perdre la tête. Mon corps est sur le point de céder avant même que je ne le décide.
Mais quand ses doigts frôlent mon tanga, ma lucidité refait surface.
Je l’arrête.
Il lève aussitôt les yeux vers moi.
— Chaque chose en son temps, susurré-je en guise de réponse, un sourire lent aux lèvres, avant de me redresser.
S’il est surpris, il n’en laisse rien paraître.
Son regard ne me lâche pas, tandis que je me mets à quatre pattes et avance paresseusement vers lui, consciente de l'effet produit par chaque mouvement.
Ma main remonte le long de son jean, défait sa ceinture, puis le débarrasse lentement de son pantalon. Son t-shirt suit le même chemin et rejoint les vêtements éparpillés sur le sol.
Je relève la tête et me retrouve face à son boxer. Les lèvres pincées, je lève les yeux vers lui. Son regard s’est assombri, chargé d’une attente palpable.
Je me lève, empoigne ses cheveux, ramène sa tête contre moi, écrase ma bouche contre la sienne. Dans l’élan, mes pieds s’emmêlent dans les draps et nous perdons l’équilibre, retombant maladroitement sur le lit.
Un rire nous échappe, allégeant la tension dans l’air. La pression retombe, remplacée par quelque chose de plus simple, de plus tendre, de plus… nous.
Ma main effleure les contours de son visage. J’aimerais que le temps s’arrête ici. Que nous restions suspendus dans ce cocon, à l’abri du danger, à l’écart du reste du monde. Je n’ai plus envie d’affronter l’extérieur. Plus maintenant.
Je veux que ce soit lui, Adrian. Que ce soit lui, mon monde.
Je descends jusqu’à sa taille et le libère enfin. Son souffle se fait plus court, son corps tendu sous mes mains.
Il est là devant moi, dressé, fier, et une part de moi, profondément, instinctivement féminine s'éveille, à l’idée que j’en suis la raison.
Mes lèvres se posent avec précaution, ma langue s’enroule autour de lui, et centimètre par centimètre, je l'engloutis jusqu'à la racine.
— Catelyn…, murmure Adrian, la voix rauque.
Mes yeux sont embués de larmes lorsque je les relève sur lui. Ce que je lis dans les siens, m’encourage à ne pas arrêter.
Je suis à genoux devant lui, et pourtant, c’est lui qui me vénère.
Je me redresse vivement, lui arrachant un sifflement. Puis de nouveau, avec la même lenteur délibérée, glisse sur son membre. Je répète le geste plusieurs fois, puis mes mains prennent le relais.
Adrian se redresse sur ses coudes, les pupilles dilatées, le souffle court. Mes doigts l’encerclent et font des mouvements plus rythmés, de va et vient.
— Oh putain… jure-t-il en retombant sur le lit.
Ma bouche et ma langue se joignent à la danse, prenant chaque gémissement, chaque râle, chaque mot d'encouragement, comme la récompense d'un travail bien accompli.
Mes mouvements s'accélèrent, et je sens qu’il ne tiendra plus longtemps.
— Catelyn, je vais…
Il tente de reculer, mais ma main sur son bassin le maintien en place. Nos regards s’accrochent. Silencieusement, je lui donne mon accord. Il se tend brusquement, et dans un grognement sourd, se déverse dans ma gorge. J'accompagne ses soubresauts de gestes lents, jusqu'à ce qu’il ne se vide complètement, puis me redresse.
— Tu es délicieux, déclaré-je lorsqu’il ouvre enfin les yeux, et les pose sur moi.
— C'est toi qui es délicieuse, dit-il en prenant mes lèvres.
Il me tire brusquement au bord du lit, repousse mon tanga de côté, puis insère un doigt en moi, suivi d’un second.
— Oh oui… soufflé-je.
Il écrase de nouveau sa bouche sur la mienne, étouffant mes gémissements, tandis que ses doigts règnent en maître à l’intérieur de mes cuisses. En moins de temps qu’il faut pour le dire, je jouis bruyamment contre ses lèvres.
Je reprends à peine mes esprits que le besoin revient, pressant, comme si mon corps refusait de passer à côté d’un plaisir encore plus dévastateur.
— Je te veux, Adrian. Je ne veux plus attendre… Je n’en peux plus d’attendre.
Il me ramène délicatement au centre du lit et s’allonge au-dessus de moi. Nos corps nus s'épousent à la perfection. Chaque mouvement entre nous est naturel, instinctif. Avec un ravissement à peine contenu, je remarque que son désir est toujours aussi intense. Il se penche, me vole un baiser, puis me fixe calmement.
— Tu sais qu’à tout moment, tu peux m’arrêter, et je le ferai sans poser de questions.
Je hoche la tête.
— Prends-moi, Adrian.
Il se place à l’orée de mon sexe. Instinctivement, mon corps se tend.
— Je n’ai plus de secrets, Catelyn, dit-il doucement. Tu me connais. Tu sais tout de moi… Je suis à ta .
Mon cœur manque un battement.
— C’est moi qui ai le contrôle, murmuré-je.
Il glisse lentement, avec une retenue presque douloureuse.
— Oui, Catelyn, répond Adrian. Tu as le contrôle.
Il pose son front contre le mien. Nos regards s’accrochent, nos souffles se mêlent.
— C’est moi qui ai le contrôle, répété-je, encore et encore, jusqu'à ce qu’il me pénètre complètement, jusqu’à la garde.
— Ne t’arrête pas.

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