Chapitre 45

2 minutes de lecture

Je me déshabille en hâte et rejoins Adrian sous la douche, abandonnant mes vêtements éparpillés sur le sol. La chaleur et la vapeur enveloppent aussitôt ma peau. Mes paumes se posent de part et d’autre de ses épaules. Sa peau est ferme, chaude sous mes doigts. Mes mains glissent lentement le long de son dos, suivant les lignes tendues de ses muscles jusqu’à sa taille, que j’enserre. Je me presse contre lui, laissant seulement l’eau ruisseler entre nos corps. Ma main descend, frôle ses abdos et s’arrête plus bas. Un grognement étouffé par le fracas de l’eau me parvient. Mes doigts le caressent dans de lents mouvements de va-et-vient. Un sourire étire mes lèvres lorsque je le sens durcir sous ma paume, et remplir ma main. Soudain, le jet se coupe et je me retrouve plaquée contre le mur froid de la douche. Instinctivement, j’enroule mes jambes autour de lui. Il pose une main ferme sur ma hanche, l’autre contre le carrelage près de ma tête. Son corps contre le mien, son sexe pressé contre ma cuisse, ses lèvres dévorent les miennes.

— Je t’ai vue partir avec Kyle, murmure-t-il entre deux baisers.

Sa voix est basse. Sa respiration hachée. Sa main glisse entre nous, s’attarde sur mon clitoris, m’arrache un frisson qui remonte le long de ma colonne.

— Oui, soufflé-je.

— Ton..

— Si tu mentionnes encore une fois mon cœur, Miller, je t’arrache le tien, coupé-je.

Un rire grave lui échappe. La vibration roule contre ma peau.

— Toujours si douce.

Je passe une main sur sa nuque et l’attire plus près.

— Arrête de jouer et prends-moi. J’en peux plus d’attendre.

Son sourire s’élargit.

— À vos ordres, cheffe.

***

Ma tête repose contre son torse. Sa poitrine se soulève dans un mouvement régulier qui me berce. La chambre est plongée dans l’obscurité. Un calme apaisant nous enveloppe comme un cocon.

— Lorsque mon cœur était en train de lâcher, j’ai fait un rêve.

Adrian resserre son étreinte autour de ma hanche.

— Ou était-ce une hallucination ? Peu importe, lâchai-je nerveusement.

Je me revois dans cette blouse bleue, dans ce lit d’hôpital.

— Pendant un bref moment, j’ai été… heureuse. C’est indescriptible comme sensation. Il n’existe pas d’équivalent. Quelque chose que je n’ai jamais désiré, auquel je n’avais même jamais songé… C’était là, dans mes bras, et ce que j’ai ressenti à ce moment-là vaut toutes les batailles.

Je déglutis difficilement.

— L’instant d’après, tout avait disparu. Il s’était volatilisé. Ce bonheur m’avait été arraché. La douleur, le désarroi… cette sensation qu’on t’enlève une chose précieuse, c’est pire que tout. J’ai perdu quelque chose que je n’ai jamais eu, et la douleur est si immense que je la ressens encore.

Adrian se redresse en sentant mon corps trembler. Je tente de lui échapper, mais il me retient. Il prend mon visage dans ses mains, pose doucement son front contre le mien. Ses doigts tremblent légèrement.

— C’est Dieu qui me punit, soufflé-je. Il m’a montré ce que je ne connaîtrai jamais dans la vraie vie.

Ma voix se brise.

— Je suis maudite.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Kyu ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0