3 - 9 h 19

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3 - 9 h 19

 Frigorifiée, j’arrive enfin devant Pôle Emploi. Ce froid, il proviendrait de Russie d’après Délhiat. Voilà une raison de plus de ne pas aimer les Russes.

ABBA, qui résonne toujours dans le creux de mes oreilles, m’oblige à chantonner. J’allume une cigarette, mais seulement après m’être assurée qu’une boîte de chewing-gum traîne au fond du sac. L’haleine de tabac froid, c’est un tue-l’amour absolu et sait-on jamais, peut-être que mon âme sœur se trouve entre ces murs. En parlant d’âme sœur, j’en profite pour jeter un œil à mon téléphone. Surprise : trois nouvelles notifications Tinder ; un message de ma mère ; et un vocal d’Eddie, ma meilleure amie en vacances aux Maldives. 

Je me précipite sur Tinder. Voilà bientôt trois semaines que je suis inscrite et je ne peux pas dire que le succès est au rendez-vous. Seulement trois pauvres matchs, dont deux faux profils et un vieil homme de soixante-quinze ans que j’ai swippé à droite, pour rire. J’ai au moins le mérite de plaire aux vioques. 

Sur mes trois nouvelles notifications Tinder, deux me sont envoyées de la part de l’application elle-même. Elle tente par tous les moyens de me convaincre de souscrire à l’offre payante. La troisième, c’est un match avec Patrick, quarante-quatre ans, fan de voyage et de jet-ski. Père de deux enfants, Patrick est à la recherche de sa future princesse, celle avec qui il souhaite partager les bons comme les mauvais moments. Charmant, légèrement grisonnant, Patrick semble en très bonne forme physique. Convaincue par l’idée qu’il nous faut parfois donner un coup de pied au destin, je lui envoie un message, accompagné de mon GIF préféré. 

Kristelle : 

Bonjour Patrick, comment vas-tu ? 

GIF d’une marmotte qui fait coucou. 

Le temps qu’il me réponde, j’écrase ma cigarette sous ma chaussure. C’est mal, je sais. Mais j’ai regardé autour de moi et n’y ai vu aucune poubelle. Je n’allais tout de même pas la glisser dans ma poche. C’est à Hidalgo qu’il faut s’en prendre. Pas à moi. 

Les grilles du Pôle Emploi s’ouvrent enfin. J’attrape un chewing-gum et m’engouffre dans la chaleur du bâtiment. 

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