25 - 19 h 22

2 minutes de lecture

2 - 19 h 22

   La soirée se passe à merveille. C’est surprenant. Nous en sommes à notre troisième cocktail et ma tête commence à tourner, surement du au manque de sommeil. Les conversations s’enchaînent, se promenant entre Game of Thrones et How I Met Your Mother ou encore des pizzas et la Star Academy. Je ne peux m’empêcher de lui parler de Sylvain, mon défunt voisin, fan de cette émission des années 2000.

Je ne semble pas le repousser et il ne peut détourner le regard de ma généreuse poitrine, mise en valeur par mon sublime décolleté. Il ne remarque ni mes cernes de dinosaure ni les bourrelets que je dissimule sous une épaisse couche de tissu.

   Nous terminons notre quatrième Mojitoet Sex on the Beach. Gilles me propose de l’accompagner boire un dernier verre chez lui, à quelques rues d’ici. C’est la première fois que cela m’arrive en sept ans, depuis ma rencontre avec mon ex. J’accepte. Je suis rasée, bien lavée, et je sens bon, de partout.

Sur le chemin, je sens le stress me tourmenter. Mes mains deviennent moites et une goutte de sueur dégouline sur mon visage. Par chance, il fait nuit et il ne perçoit rien.

   Son appartement est un tout petit peu plus grand que le mien, mais dispose d’une chambre et d’une salle de bain, dans laquelle je cours pour « me rafraichir ». C’est toujours ce que disent les actrices dans les films. Elles demandent à se rafraichir.

En arrivant dans la salle de bain, je ne sais pas tout à fait quoi y faire. Mon haleine ne me semble pas affreuse, malgré les quatre Mojitos avalés. Mon maquillage est encore potable et mon chignon risque d’être arraché d’une minute à l’autre par les mains viriles de Gilles.

Je suis prête. Suis-je vraiment prête ? Je n’ai pas couché avec un homme depuis Mathias, mon ex, et je ne sais presque plus comment m’y prendre. J’espère qu’il prendra les choses en main. Avec un peu de chance, je n’aurais plus qu’à me laisser faire.

   Je dois sortir de cette salle de bain. Je n’ai aucune idée de combien de minutes je viens de passer à l’intérieur, mais bien trop à mon goût.

   — Gilles ? dis-je en sortant de la pièce. J’espère que tu as préparé le dessert !

   À m’entendre, je ressemble à une cochonne qui n’a pas vu le loup depuis bien trop longtemps et qui est prête à faire des folies.

   — Gilles ?

   Personne dans le salon. Peut-être qu'il se trouve dans la chambre. La porte est fermée de moitié, ce que je trouve excitant. Je l’imagine nu, allongé sur le lit, attendant que je le rejoigne. À mon arrivée, il se lèverait, fermerait la porte derrière moi puis tout en me serrant les hanches à l’aide de ses doigts velus, il éteindrait la lumière avant de me jeter sur le lit pour me déshabiller.

   — Gilles ?

   Je pousse la porte et le retrouve allongé sur son lit, endormi. Ses ronflements m’indiquent qu’il n’est pas près de se réveiller.

Merde.

J’ouvre mon téléphone, commande un Uber qui me coûte quarante-deux euros, rejoins mon appartement et me réfugie sous ma couette, l’esprit agacé et le vagin frustré.

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