26 - 19 h 28

2 minutes de lecture

Jeudi 6 octobre

1 - 19 h 28

   La semaine a été longue et épuisante, mais le week-end se présente enfin. Comme chaque veille de journée de repos, je reste au chaud, sous ma couette, à grignoter des chips et une tablette de chocolat devant le film de ma vie : Muriel’s Wedding. Pour ceux qui ne le connaissent pas, regardez-le ! Célibataire, fan d’un groupe des années 70 et ayant pour meilleure amie une beauté divine qui ne cesse de rencontrer le succès, peu importe ses actes. Muriel n'est pas juste un personnage dans un film à succès, elle est ma sœur jumelle fictive.

La bouche pleine de chips aux crevettes, je ne peux m’empêcher de repenser à mon second rencard avec Gilles, en tout début de semaine. Pour se faire pardonner, il m’a invitée à diner dans le 11e arrondissement. Tous les éléments d’une charmante soirée étaient réunis. Un restaurant romantique, des bougies en centre de table, un délicieux repas et une addition payée par ses soins. Pourtant, depuis l’épisode des ronflements, je ne le trouve plus aussi attirant. J’ai fini par refuser la proposition du « dernier verre ».

   Après ces pensées pour Gilles me viennent celles du rendez-vous avec Lou Dutint. C’est demain après-midi. Mes mains deviennent moites rien qu’à y songer.

J’ai besoin d’en discuter, d’échanger. J’attrape mon téléphone que j’ai du mal à retrouver sous la couette, puis envoie un message à Eddie.

    — J’ai peur.

   Elle prend quelques minutes pour daigner me répondre, malgré le « Vu » apparu sous le message. J'ai toujours exprimé beaucoup d'amertume à l'encontre de ces personnes qui lisent votre texto, mais qui vous répondent des heures plus tard.

   — Mais non, mi querida. Tout va bien se passer. Je n’ai rien trouvé sur lui au boulot, mais je suis persuadée qu’il va être super.

   Eddie travaille dans une boîte de communication pour les entreprises ou cabinets spécialisés dans les rencontres amoureuses. C’est par son travail qu’elle a eu les coordonnées de M. Durémont.

   — Qu’est-ce que tu as préparée ?

   Merde. J’ai oublié de faire ce qu’il m’a demandé : écrire tout ce que j’estime nécessaire pour rencontrer l’amour. Le travail a été si difficile cette semaine que j'ai ce sentiment de ne pas avoir eu une seconde à moi.

   — Ça m’est sorti de la tête.

   — KRIS ! Ce n’est pas possible. Bon, au boulot, dépêche-toi ! Je te laisse, Isham est rentré. Xoxo

   J’ai pourtant pensé toute la semaine à ce fichu exercice. Je me lève, ouvre la fenêtre puis allume une cigarette. Le besoin de concentration implique par conséquent une clope. J’attrape mon cahier de notes rangé dans mon sac à main puis m’installe de nouveau sous la couette. De quoi pourrais-je avoir besoin ?

   — Réfléchis, idiote, me dis-je.

   Du bruit provenant de l’appartement voisin m’est insupportable et m’empêche de réfléchir. Un nouveau locataire est arrivé en début de semaine.

Je reprends ma réflexion.

   — De jolies fesses rebondies et une poitrine qui se tient d’elle-même, pour commencer.

   Je note sur mon carnet mes premiers souhaits. Une gracieuse silhouette, un bel appartement, un deuxième chat, un peu d’argent et une nouvelle couleur de cheveux. C’est un bon début.

Je range le cahier sans conviction et me dirige vers la cuisine pour me laver les dents, refermer la fenêtre avant de me glisser de nouveau dans les profondeurs de mon lit. Demain, c’est grasse matinée.

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