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2 minutes de lecture

7 - 17 h 48

   J’inspire, j’expire.

   Je fume.

   J’inspire, j’expire.

   Je refume.

   Je suis assise dans un magnifique canapé en cuir situé au milieu d’un salon six fois plus grand que mon appartement du 6e. La fumée de ma Vogue s’engouffre dans mes poumons qui rencontrent déjà des difficultés à respirer tant tout ce qui m’entoure est irréel. Chacune de mes demandes s’est réalisée. C’est à peine croyable. Ce nouveau lieu de vie est bien mieux que celui espéré. Deux salons, une vaste salle à manger, une cuisine composée de deux frigos, d’une cave à vin et d’une gazinière à six feux, trois chambres équipées de dressing et salles de bains privatives ainsi qu’un large bureau sur lequel j’ai eu la chance de découvrir les documents de mes achats récents : deux propriétés dans le sud de la France.

    J’allume une quatrième cigarette d’affilée. Je me hâte d’écrire à Eddy pour tout lui raconter avant de m’arrêter aussitôt. Comment pourrait-elle me croire ? Comment moi, puis-je croire à tout ça ? Je me pince pour la centième fois afin de m’assurer que ce n’est pas un rêve.

    — Aïe ! je crie.

   Plus je me pince, plus j’essaye d’y mettre de la force et de la volonté et plus j’ai mal.

Je tourne la tête et aperçois Bouboule qui se toilette à mes côtés. À cet instant, je n’ai besoin que d’une chose : ABBA. Cela fait des heures que je n’ai pas entendu Agneta, Frida, Benny et Björn me chanter quelque chose.

   — Alexa ? je dis. Mets ABBA sur Spotify.

   — D’accord.

   Dans un coin du salon, dissimulée dans l’ombre, une petite boule bleue lumineuse émet les premières notes de Money, Money, Money. La mélodie m’entraîne aussitôt. J’attrape une cinquième cigarette dans le fond de mon sac, me lève et me déhanche au rythme de la musique. La pièce flotte dans un nuage de fumée que je me hâte d’évacuer par les larges fenêtres qui donnent sur une cour intérieure. Quelque chose attire soudain mon regard. Posé sur le dessus d’une cheminée condamnée, un mystérieux sablier scintille de mille feux. Un sable d’or lumineux s’écoule lentement dans la partie inférieure. Une carte est positionnée à côté, je lis.

« Kristelle,

n’oubliez pas que vous disposez de huit jours pour trouver l’amour,

afin de conserver tout ce dont vous rêvez.

Découvrez-vous, amusez-vous, aimez-vous.

Lou Dutint, Paradise Office »

     Je relis la carte à quatre reprises avant de rallumer une cigarette. Une étrange angoisse m’envahit soudainement.

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