54 - 16 h 16
6 - 16 h 16
J’ai le nez qui gratte. J’ouvre les yeux doucement et la lumière qui embrase la pièce m’aveugle. Sur ma poitrine, Sucette est allongée et semble m’observer avec attention. Après quelques gratouilles, elle se met à ronronner puis disparaît dans les profondeurs de l’appartement. Je finis par me redresser et je pars à la recherche d’une cigarette. J’allume la première que j’attrape dans le fond de mon sac à main. La fumée envahit la pièce et je me dépêche d’ouvrir une fenêtre. Je déteste toujours autant cette affreuse odeur de tabac froid.
Je tourne en rond et fais les cent pas dans le salon. Je réfléchis à cette curieuse journée qui s'écoule, à Eddie, à cette lettre de Lou Dutint et à ce sablier.
— Le sablier ! je m’exclame.
Je l'avais oublié. Je tourne la tête et l'aperçois, toujours au même endroit. Il scintille toujours, voire plus encore. Quelques grains de sable d’or recouvrent déjà le fond de la partie inférieure. La carte est posée à côté, là où je l'ai laissé. Je la récupère, la retourne et y découvre deux phrases. Je lis.
« 1. Plus je scintille, plus l’amour se rapproche.
2. Plus je m’écoule, plus la chance vacille. »
J’ai l’impression d'avoir besoin d'un bac +5 pour déchiffrer cette dernière phrase. Plus je m'écoule, plus la chance vacille. Logique, je pense. Je décide de ne pas y prêter plus d’intérêt et repose la carte sur le dessus de la cheminée décorative sur laquelle elle se trouvait.
Mon téléphone sonne, un nouveau message Tinder est arrivé.
Charles :
Salut Kristelle, je suis dispo d’ici une heure pour te rejoindre au Massenet.
T’es dispo ?
Moi :
Je t’y retrouve dans une heure.
Bises

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