56 - 20 h 04

3 minutes de lecture

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 L’appartement est petit, mais a le mérite de n’être qu’à quelques minutes à pieds du bar. On y trouve une chambre dont la taille ne permet d’y installer qu’un lit, une cuisine ouverte sur un salon étroit et une salle de bain dans laquelle il est possible d’y faire plusieurs choses en même temps : brossage des dents, pipi et douche.

 — Installe-toi, me dit Charles. Du vin, ça te va ?

  — Du vin ? Je pensais que tu ne buvais pas d’alcool…

  Il sourit.

 — Ce n’est pas parce que je n’en bois pas que mes invités ne peuvent pas.

 Ce mec n’est pas parfait, car personne n’est parfait, mais il me plait bien.

  — Alors du vin, ça sera très bien, merci !

 La décoration de l’appartement est masculine et digne d’un sportif. Quelques posters de footballeurs, des photos de lui et de son équipe de handball et des médailles probablement gagnées dans l’un de ses tournois.

 — Donc, si j’ai bien compris, tu joues au handball ?

  — Oui.

 — En pro ?

 Il termine de me servir du vin et vient s’assoir à mes côtés sur un canapé de chez Ikea.

 — En pro ? Non, je n’ai pas le niveau. Je faisais du foot à l’origine, mais je ne sais pas, le hand, c’est différent. Ça m’a attiré de suite.

  — J’y connais rien…

 Il sourit.

  — T’inquiète, c’est pas un souci. Je mets un peu de musique et je prépare à manger ?

 Il m’embrasse sur la joue, allume son enceinte connectée et se dirige vers la cuisine. J’en profite pour jeter un œil au reste de l’appartement : sa chambre qui contrairement au salon n’est pas autant décorée. La décoration y est très épurée. Un lit pour deux personnes, des draps noirs et une table de nuit sur laquelle est posée une lampe de chevet et un bandeau pour les yeux d’un rouge pétard. Rien de plus.

 Une agréable odeur m’attire dans la cuisine. Tandis qu’il poursuit sa préparation, nous continuons de discuter d’un sujet à l’autre comme si nous nous connaissions depuis toujours. Je ne vois qu’un petit bémol : il n’est pas du tout fan d’ABBA. Je suis comme abattue quand j’entends ses critiques à l’égard de mon groupe iconique.

 — Je suis sûr que je peux te faire changer d’avis !

 — J’en doute, il répond d’un rire moqueur.

 Pourtant, il n’a qu’à regarder leur concert de 1980 pour les aimer autant que moi, ou bien lire les articles qui font part de l’avis des scientifiques sur les dix chansons qui rendent le plus heureux. Dancing Queen est deuxième. C’est un fait avéré.

 — C’est prêt !

 Il dresse rapidement deux assiettes, deux verres et des couverts sur la table basse. Au menu : un tartare de saumon aux fines herbes, quelques asperges grillées et une purée de patate douce. C’est bon. Très bon. Le repas continue de se dérouler à merveille comme le reste de la soirée. J’avale ma dernière fourchette, quand soudain…

 — Je n’ai pas préparé de dessert, il dit, mais j’ai pensé que…

 Assis par terre, il se lève et vient s’installer à côté de moi sur le canapé. Son visage s’approche du mien. Il m’embrasse. Ses lèvres se déposent délicatement sur les miennes et je sens sa langue essayer d’entrer en contact avec la mienne. Je me laisse volontiers faire. Cette chaleur qui n’a cessé de nous tourner autour depuis notre rencontre nous anime enfin.

 — Viens…

 Il me tire par la main, m’entraîne jusqu’à sa chambre et plonge la pièce dans une lumière rouge intime et intrigante.

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