98 - 9 h 03
2 - 9 h 03
BIP. BIP. BIP. BIP.
Je suis réveillée par l’horrible bruit du réveil de Fabio et par la lumière qui enveloppe la pièce. Lorsque j’ouvre les yeux, ce n’est pas Fabio que je découvre, mais Bouboule qui ronronne à la folie. Fabio déboule en courant dans la chambre et se précipite sur son téléphone.
— Merde ! Je suis désolé, j’ai oublié de l’éteindre !
— Pourquoi t’as mis un réveil si tôt ? je demande d’un air grincheux, furieuse d’être réveillée avec tant de brutalité.
Il est sur le point de découvrir l’un de mes premiers défauts inévitables : je ne suis pas du matin et encore moins du matin sansABBA.
— Je dois aller à la banque, je m’en suis souvenu pendant la nuit et tu dormais, je n’ai pas voulu te réveiller.
— Trop tard.
— Oh, ma chérie, je suis désolé. Tu veux que je te fasse couler un café ?
Il m’a appelée « ma chérie ». Je me sens tout de suite de meilleure forme.
— Alexa, je dis, fais-moi couler un café.
— D’accord.
— NON ! s’écrie Fabio. Je m’en suis fait couler un dans la tasse que tu as placée hier soir…
Super. À cet instant même, du café se répand partout à travers ma cuisine.
— Je vais nettoyer, promis. Bon, avant que je parte et pendant que tu es réveillée, j’ai deux choses à te proposer pour aujourd’hui.
Pas de patinoire, ni d’autres activités sportives, je le supplie.
— La première, c’est de m’accompagner à mon cours d’escalade cet après-midi.
— Tant que tu me promets de ne pas me faire escalader la tour Eiffel.
— Promis.
Son sourire me donne une envie brutale de l’embrasser, mais la grincheuse, rancunière que je suis, n’oublie pas le réveil.
— Et des amis veulent sortir manger quelque part ce soir, j’aimerais que tu m’accompagnes.
— Hein ? Rencontrer tes amis ? Déjà ?
Il a un mouvement de recul, étonné par ma réponse.
— Je pensais que ça te ferait plaisir, mais si tu ne veux pas, tant pis.
— Non ! J’en ai envie, c’est juste que…
Son regard s’intensifie et s’alourdit.
— Tu ne penses pas que l’on va trop vite ? On se connait depuis trois jours.
Je ne pense aucun mot qui sort de ma bouche. Si je le pouvais, je rencontrerais sa famille, ses amis et ses enfants dès demain. On pourrait se marier, s’il le souhaitait, mais j’essaye de faire preuve de raison.
— Je ne trouve pas.
Sa voix est posée, assumée et sérieuse.
— Alors moi non plus, ça marche pour ce soir. J’irais faire un peu de shopping pendant ton rendez-vous à la banque.
Son visage change d’aspect et devient plus rayonnant. Fabio a cette faculté, ou ce défaut, d’être lu tel un livre ouvert.
— Parfait, ils vont t’adorer. On se retrouve à 14 h pour l’escalade ? Je te textl’adresse ce midi.
— Marché conclu.
Il m’embrasse puis quitte la pièce.
— Et n’oublie pas de nettoyer la cuisine ! je crie depuis le lit.
Quelques instants plus tard, la porte d’entrée claque violemment et comme je le redoutais, Fabio est déjà parti. Je me lève et me dirige vers la cuisine, épuisée d’avance par l’idée de nettoyer la cafetière et le plan de travail. Belle surprise, Fabio plaisantait.
— Super drôle, je râle.
Un café fumant m’attend dans une tasse que j’attrape et m’empresse d’avaler.
Pour aller faire du shopping, je propose à Eddie de m’accompagner. Elle adore dépenser ses sous et ceux d’Isham et il me paraît logique de l’inviter.
Moi :
Coucou, je pars faire du shopping aux Halles.
Tu me rejoins ?
J’ai le temps de boire un deuxième café avant de recevoir sa réponse.
Eddie :
Salut. Non désolée, je suis occupée aujourd’hui.
Bises.
Je n’insiste pas et quitte la conversation. Je file sous la douche, enfile une tenue confortable et me jette dans le premier métro.

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