124 - 23 h 54

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12 - 23 h 54

Tu parles. J’ai essayé de fermer les yeux, mais rien à faire. Le visage de Fabio ne cesse de tourner autour de moi. Je le vois partout. Je sens encore son odeur dans les draps. Je regarde le réveil. Six minutes. Je pleure. Enfin. C’est presque un soulagement de savoir que tout se termine. Après ça, je vais faire exploser le découvert et partir en voyage quelque part, loin d’ici. Très loin d’ici.

Je me laisse glisser un œil vers l’horloge du réveil. 23 h 55. Cinq minutes. Je referme les yeux et attends patiemment.

La sonnette retentit, encore et encore. Quelqu’un frappe à la porte et ne s’arrête plus. Mais merde, on ne me laissera pas une minute de répit. Je reste allongée tentant d’oublier le boucan. La sonnette continue de sonner. Je me sèche les yeux, le visage. Je me lève.

— J’arrive ! J’arrive ! je crie.

J’ouvre la porte.

— Kristie.

— Fabio ? Qu’est-ce que tu fais là ?

Il a l’air tout aussi affolé que moi. Ses yeux sont rouges, ses pupilles dilatées et ses traits sont tirés.

— Tu as ouvert l’enveloppe ?

— Non, je réponds. Fabio, je dois te laisser, ce n’est pas le moment.

Je referme la porte, mais il m’en empêche avec son pied.

— Je ne peux pas finir cette journée sans te dire ce que j’ai à te dire. C’est trop important.

— Fabio, on se voit demain. Tu m’en parleras demain.

J’essaye de refermer la porte, il m’en empêche encore une fois.

— Je crois que je t’aime.

Non.

Putain.

Merde.

— Quoi ? Tu crois que quoi ?

— Je ne crois pas, j’en suis sûr. Je t’aime.

Ses yeux se remplissent de larmes, tout comme les miens. Ça ne peut pas être vrai. Pas maintenant. Je sens mon cœur s’accélérer, mes mains devenir moites et une violente douleur me traverser l’estomac.

— Quelle heure est-il ?

Je le plante sur le seuil de la porte et je cours dans le salon. Stressée, j’oublie où se situe l’horloge.

— QUELLE HEURE EST-IL ? je hurle.

Fabio entre dans l’appartement et me court après. Il ne comprend pas.

— Alexa, quelle heure est-il ? je demande.

— Il est 23 h 59, bonne nuit.

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