TEXTE 2
MISE EN ABYME
Ah, le mec regarde ma copie l'air satisfait… soit j'suis mauvais à ce point-là, soit c'est pas trop mal… Ha, il relance la vidéo… la même… non mais il rigole, cet enfoiré… Et cette fois, il faut parler… des émotions… j'vais te la donner mon émotion, tu vas voir, tiens : j'ai FAIM, cet enfoiré de chauffeur n'a pas voulu s'arrêter pour faire une course ou passer au MacDo faute de mieux… et y'a pas de buffet, juste de la flotte….
TEXTE 2
Alors clairement, elle cherche à nous mettre en garde… le sujet est suffisamment grave pour qu'elle s'en indigne…. Au point d'en être désespérée. Elle veut nous faire comprendre un paradoxe entre ce qui est et ce que cela devrait être pour que l'objectif soit atteint… à l'écouter, on s'est tous fait enfler !
De fait, elle est horrifiée du constat qu'elle est obligée de faire… parce qu'il s'agit de la stricte vérité…. Et elle appuie son propos avec un cynisme à toute épreuve… qui, d'après l'intensité de sa voix, n'est que pure vérité.
La lecture du livre se fait avec la joie et la bienveillance liées au propos, c'est doux, c'est pour enfants… on sent qu'elle veut faire plaisir en lisant son histoire… naïvement… en respectant scrupuleusement les émotions données par ledit livre.
Elle oscille entre le cynisme du texte et le sous-texte glauque… on la sent passer de la lecture candide au mépris lié à son propos de départ… pour basculer dans l'horreur du sous-texte…
Ligne après ligne, son indignation est de plus en plus marquée… son visage est le reflet de ce qu'elle lit… un livre d'horreur destiné aux enfants, comme elle le disait !
Chaque remarque sous le sous-texte lui fait perdre son sens de l'humour pour revenir à une froideur factuelle… et chaque reprise de lecture la fait retomber dans le candide… elle doit être bipolaire, c'est la seule explication…
Lorsque les propos s'y portent, à savoir la lecture de l'histoire, elle reprend le ton enfantin… comme si le carnage annoncé était destiné à des gosses de six ans… c'est monstrueux quand on y réfléchit… ce qui se passe n'est pas dans sa tête, c'est dans la tête de ceux qui viennent de comprendre le sous-texte de ce qu'ils lisent tous les soirs à leurs mômes…
Au plus le sous-texte est grave, au plus elle s'en indigne, impliquant même les institutions supposées intervenir dans les cas évoqués… en fait, c'est contre la société qu'elle s'indigne… donc… contre notre propre inculture et contre le fait que nous soyons tous des moutons…
Les énumérations factuelles sont froides, elle ne rigole plus, ce n'est même plus cynique, c'est un constat… que tout le monde peut faire mais que personne ne fait, c'est l'indifférence générale qu'elle souligne !
Alors que le texte lu devient glauque, elle se moque dudit texte… on sent que jamais elle ne lirait cela à ses propres enfants pour le coup… et sa froideur est une accusation contre ceux qui le font, ni plus ni moins !
Comme elle continue, entre la lecture et des commentaires acerbes, son constat devient clinique, impliquant que ce genre de lecture…. Corrompt l'esprit des plus jeunes et au lieu de leur apprendre quelque chose, ce genre de texte terrorise les enfants… ce qui explique bien des choses du coup.
Un brin d'espoir clôture l'histoire, soulignant l'intelligence de l'un des protagonistes… et le désarroi des autres… sans parler de l'inquiétude vive de certains…
Et comme annoncé, cela se terminera en boucherie… car comme elle le dit, si le plan A ne marche pas, on applique le plan B, à savoir… son métier. Un constat dur, réaliste… et cruel.

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