TEXTE 3
MISE EN ABYME
Tiens, la voilà ma copie… content, le monsieur ? J'peux sortir me faire un steak chez Charal maintenant ? Oh putain, on dirait que non… il relance encore cette même vidéo… et cette fois, il faut parler du nonos à l'écran qui s'agite comme un pantin à qui on a coupé les fils… que du mouvement… putain, le con… j'espère qu'il me laissera aller me faire une fondue après ça… allez, vas-y, clique sur play, plus vite c'est fait, plus vite je me casse !
TEXTE 3
Elle commence en pointant son interlocuteur du doigt, elle met en garde et accuse, le bras tendu, l'index qui désigne, qui fusille ! Ses bras accompagnent ses propos, le désarroi est un haussement des bras, la conclusion fait claquer ses mains sur ses cuisses.
Lorsqu'elle fait une comparaison, elle joue la balance de ses mains, comme si l'un devait correspondre à l'autre… sauf que la balance penche… en défaveur de ce qui est pesé ! Et son constat s'accompagne du mouvement destiné à essuyer une larme, l'index sous l'œil… soulignant la tristesse du propos à venir.
Lorsque son propos bascule dans l'horreur, ses mains cachent ses yeux puis repoussent ce qui est dit loin d'elle…
Il est à noter qu'elle tourne en rond, elle va de gauche à droite, comme si le sujet abordé était d'un côté et son triste constat de l'autre… et plus le constat est grave, plus elle part de ce côté-là ; plus elle revient au propos, plus elle bascule de l'autre côté… un jeu de miroir encore une fois entre le texte et le sous-texte.
Avant de commencer sa lecture, elle se vide l'esprit, repoussant une mèche de cheveux rebelle comme une pensée malsaine… Lorsqu'elle lit le titre, c'est d'une manière sérieuse, qui est directement suivie d'un mouvement de tête dubitatif annonçant le pire.
Ses mouvements sont d'une fluidité à toute épreuve… on sent que son propos est sincère au point de maîtriser sa gestuelle sans avoir à y penser, c'est naturel chez elle de prendre la pose… qui correspond soit à son indignation, soit au candide de l'histoire lue.
Lorsqu'elle lit le début de l'histoire, son corps se penche vers la droite, de haut en bas, comme un marteau qui viendrait taper sur un clou… tu veux de la connerie, en voilà, tiens, prends l'intro dans les dents… avec le sourire en coin du tueur en série prêt à vous massacrer si vous ne l'écoutez pas…
Le cynisme qui suit est un sourire… celui de la personne qui sait qu'on la prend pour un con avec un texte… soit épuré pour les enfants, soit sordide et qui n'est pas pour les enfants même une fois épuré.
À la lecture du texte, son visage change… première phrase : haussement de sourcil ; deuxième phrase : sa bouche semble dire, outre le texte, oulalala… mais c'est quoi ce texte… son visage transpire la gêne de lire cette histoire.
La remarque cinglante est appuyée d'un pas de salutation… dénonçant l'absurdité du début de l'histoire narrée. Le constat s'appuie de la main qui passe du doigt suivant la ligne à une main tendue : voilà la vérité, elle est ici…. Dans mon sarcasme. On retrouve la balance entre la vérité du vide et le livre…
Pour reprendre ses esprits, elle se remet une mèche de cheveux en place. Lorsqu'elle reprend sa lecture, elle appuie le ridicule en désignant la taille évoquée de l'un des protagonistes… ce qui lui fait plier les genoux, la mettant aussi bas que le texte qu'elle lit. Et lorsqu'elle établit la réalité du fait évoqué, elle monte la main le plus haut possible, désignant son propos comme concernant "tout le monde" et non plus seulement la personne à qui elle s'adresse. Elle va jusqu’à souffler entre ses lèvres pour souligner l'absurdité de la chose.
Elle reprend sa lecture, les yeux froncés sur le texte… Comme la lecture est candide, elle souligne le ridicule d'un mouvement de la main, grand… large, occupant l'espace, comme le vide du sujet… Voilà ce que vous lisez à vos gosses, un arc-en-ciel ! À nouveau, le constat s'appuie du plat de la main tendue, paume en l'air… la vérité est ici, dans ma main, pas dans le livre !
Ses doigts montrent des guillemets pour appuyer qu'un des protagonistes parle ; et font non du doigt pour appuyer la lecture…. Et tout en lisant de manière candide, elle glousse du ridicule des choix des "héros"… et comme la solution du problème est ridicule, voire plus ignoble que le problème en question, son visage trahit le sarcasme… avant de placer le livre le plus bas possible et s'étendre en arrière en rigolant de dégoût… avant de reprendre un ton froid et ironique pour souligner l'absurde.
Comme elle reprend la lecture candide, sa main libre recommence à accompagner ses propos, des fois que son auditeur soit sourd ou malentendant, on frôle le langage des signes version simplifiée. Un mot, une idée, un geste correspondant.
Et à nouveau, chaque sarcasme la fait revenir à un état de constat clinique cynique de la réalité du sous-texte. Elle se mord la langue d'avoir à étaler la vérité cachée derrière ce livre… c'est pour dire !
Elle reprend la lecture, toujours candide, et s'arrête net à la première phrase pour afficher son dégoût de la réalité cruelle soulevée par le texte… et signifier à son auditeur que… même épuré, c'est hardcore !
Elle continue la lecture, toujours aussi candide de voix que le propos est ridicule… avant de se dresser et plonger la tête dans le livre pour insulter ouvertement la personne parlant à ce moment de l'histoire… elle l'accuse et s'adresse à elle… un choix débile ne mérite pas qu'on s'indigne des conséquences !
Comme elle se moque de ce protagoniste, elle mime la gestuelle plausible de ce dernier, appuyant ainsi le ridicule de la chose.
Le récit arrive à sa conclusion… et non plus qu'elle le lise, elle mime l'action, certes rapide, mais tout aussi compréhensible que le texte appris par cœur… de toute manière, dans ce genre d'histoire, tout finit toujours bien, pas trop dur à retenir… et cette fois, son constat va pour le héros de l'histoire, soulignant l'intelligence dudit héros d'un mouvement de doigt suggérant l'idée géniale.
Elle reprend la lecture, à nouveau de manière candide. Comme l'histoire est terminée, elle se débarrasse du livre pour pouvoir illustrer au mieux son dernier propos…
Mimant l'un des protagonistes, elle compte et s'indigne, cette fois en claquant ses mains sur ses cuisses pour marquer le désarroi, puis les mains sur les hanches pour le constat… la réalité… et le fait que le récit n'a servi à rien puisque le problème de base n'est pas réglé.
Simulant un échange entre deux protagonistes, pour jouer l'un, elle mime un homme sans manière se frottant le nez, simulant d'ouvrir un coin de rideau pour s'assurer de ses dires et répétant le geste de désarroi face à la situation.
Son constat final est sans appel, dos à son auditeur.

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