L'homme et la machine
”Mais qui fait ça ?!
On aurait quand même pu nous prévenir!
Après tout ce qu'on a fait pour eux !
Et puis, on aurait été moins capricieux, on aurait laissé les portes s'ouvrir, les crochets d'attelage se seraient emboîtés comme dans du beurre.
Si on avait su!”
Si les objets, petits ou gros ,avaient une âme, c'est exactement ce qu'ils auraient pu se dire ce jour de novembre 1956
Devant, la locomotive est une flèche d'orange brûlé, l'incarnation de l'énergie brute, l'éclat d'un soleil sur la grisaille du ballast. Sa caisse, robuste parallélépipède, annonce sa mission : celle du travail. Elle est taillée pour la traction, pour mordre le rail et déplacer les montagnes de matériaux qui rebâtissent le monde.
Les deux bandes d'or jaune barrent le corps de la bête, signalant sa présence implacable. Au centre, sa cabine domine la scène. C'est là qu'un homme, maître des chevaux à vapeur, dirige cette force tranquille, veillant sur des voies amenées à disparaître.

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