Partie 1

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Par un soir d’été, une jeune fille flânait au hasard des rues. Elle sifflotait gaiement et serpentait entre les immeubles pour se frayer un passage. Elle arriva bientôt devant une petite église semblant abandonnée.

La cathédrale construite quelques rues plus loin l’avait rendue déserte. Les rayons du soleil vinrent illuminer la vieille cloche qui ne sonnait plus depuis bien longtemps.

Prise de l’envie subite d’observer la ville d’en haut, la jeune fille pénétra dans l’église. Elle gravit les quelques volées de marches du clocher avant d’arriver tout en haut, à côté de l’énorme cloche. Elle s’appuya contre le muret de pierre et embrassa la vue du regard.

La ville entière resplendissait au soleil. Une véritable merveille.

Elle resta là durant de longues minutes, les yeux fermés pour mieux savourer les rayons. Puis il fut temps de partir. Alors qu’elle se dirigeait vers les escaliers, elle trébucha soudainement.

En se relevant, elle découvrit qu’elle s’était prise les pieds dans une vieille corde rattachée à la cloche. Elle devait autrefois servir à la faire sonner de plus bas.

Alors qu’elle s’apprêtait à se relever, son regard tomba sur le bas du muret. L’une des pierres semblait bizarre. Comme détachable du mur.

En rampant, la jeune fille se rapprocha. Intriguée, elle se saisit précautionneusement de la pierre et la retira du mur. Elle la déposa à deux pas.

En face d’elle s’ouvrait un petit trou noir ou nulle lumière ne semblait pénétrer. En mettant la main à l’intérieur, elle ne sentit que le vide avant de buter contre le fond du mur.

Déçue de n’avoir rien trouvé, elle retira sa main. Alors qu’elle s’apprêtait à remettre la pierre à sa place, elle aperçut quelque chose. Elle en était sûre, quelque chose avait bougé dans le trou. Elle recula de quelques pas en essayant de faire le moindre bruit. S’il y avait vraiment quelque chose, autant ne pas l’effrayer.

Un autre mouvement attira son attention. La jeune fille se figea et retint son souffle. Enfin, avec une lenteur causée par la peur, une petite créature s’avança à la lumière.

Elle était minuscule. Elle aurait pu tenir aisément dans la paume d’une main. La première chose qu’elle remarqua en dehors de sa taille fut qu’elle lui ressemblait beaucoup. On aurait dit une humaine de la taille d’un crayon.

Elle avait ce qu’il semblait être de longs cheveux roses et de grands yeux noirs. Elle paraissait vêtue d’une petite robe en tissu blanc dont la coupe rappellait les ailes d'un cygne. Mais ce qui frappa le plus la jeune fille, ce fut ce qui se trouvait dans le dos de cette petite créature. Des ailes. De ravissantes petites ailes d'ange.

Voyant qu’elle restait immobile, la créature s’éloigna de son trou et fit quelques pas vers elle. Sous ses yeux stupéfaits, elle s’envola et vint voleter autour d’elle. Elle se déplaçait si vite que ses yeux ne parvenaient pas à la suivre.

Lors qu’enfin elle se posa sur le muret, la jeune fille poussa un soupir de soulagement. Ses battements d’ailes incessants aussi prêt de ses oreilles la rendait nerveuse. Le visage de la petite créature se tordit en ce qui pouvait ressembler à une moue gracieuse.

  • Que tu es belle, observa la jeune fille en la détaillant du regard. Qu’es tu ?

La créature leva ses grands yeux noirs dans sa direction avant de se mettre à babiller. Mais elle parlait dans son langage, qui était incompréhensible pour la jeune fille. Voyant que cette dernière ne comprenait pas, elle se mit à regarder autour d’elle en voletant de ci de là.

Elle revint quelques secondes après bredouille.

Alors elle se mit à faire un manège étonnant. Ses petits bras battaient dans tous les sens tandis qu’elle se mettait à s’élever de quelques centimètres. Après plusieurs secondes, elle tourna la tête. Mais la jeune fille ne la comprenait toujours pas.

Que voulait dire ces grands gestes qui semblaient n’être sans queue ni tête ?

Alors la petite créature reprit son manège avec plus de lenteur. Elle désigna ses ailes et son corps avant de se mettre à voler au dessus du muret.

  • Tu es, tu es... Tout d’un coup la lumière se fit dans l’esprit de la jeune fille. Tu es une fée ! s’exclama-t-elle en faisant un immense sourire.

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