13
Davide ouvrit les yeux. La chambre de Pierre était encore plongée dans le noir.
Il repensa immédiatement à leur échange, à ce que lui avait répondu à Pierre, presque sans réfléchir, sur ce même oreiller. Une vague de froid monta en lui ; il serra l’oreiller dans sa main. Puis la vague devint chaude ; il écarta la couette.
Ses yeux étaient restés grands ouverts.
Allongé sur le matelas, Davide détailla Pierre qui dormait encore. Son souffle était régulier, calme. Davide sentit sa propre respiration se ralentir, se synchroniser avec celle de Pierre ; son corps aussi se décontracta. Il sourit malgré lui.
Davide bascula sur le dos. Il sentait encore la chaleur du corps de Pierre qui l’irradiait.
L’image précise d’un bar où il avait ses habitudes lui traversa l’esprit ; c’était la première fois qu’il y repensait depuis Pierre. Il réalisa qu’il n’avait pas ressenti le manque des autres hommes, des autres corps qu’il explorait si souvent auparavant.
Davide gardait les yeux ouverts. Un élan le poussait à prendre Pierre dans ses bras, à le toucher, à l’embrasser. Il ne bougea pas. Sans doute, c’était ça être un couple.
Alors, fugacement, il pensa à sa mère.
Le réveil de Pierre sonna.

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