Chapitre 2 : Deux mondes qui ne se voient pas

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Aurelius n’était pas une université.

C’était un écosystème.

Chaque élève y trouvait naturellement sa place, comme si l’institution elle-même distribuait les rôles avant même que les étudiants aient le temps de les choisir.

Il y avait les héritiers.

Les stratèges.

Les mondains.

Les silencieux.

Les ambitieux.

Et ceux qui n’étaient rien de tout ça.

Les groupes se formaient vite. Trop vite pour être honnêtes.

On se retrouvait par intérêt, par utilité, par visibilité.

Les amitiés étaient rarement gratuites.

Au sommet de cette petite pyramide sociale… il y avait Lexou.

Elle ne cherchait pas à dominer.

Elle dominait naturellement.

Son nom était connu avant même qu’elle n’entre dans une pièce.

Sa famille finançait des ailes entières de l’université.

Des chaires portaient leur patronyme.

Elle était brillante, ce qui rendait sa position encore plus incontestable.

Riche et intelligente.

Belle et irréprochable.

Populaire sans être tapageuse.

Elle était le centre d’un cercle permanent d’admirateurs.

Certains la désiraient.

D’autres voulaient l’impressionner.

D’autres encore espéraient simplement être vus à côté d’elle.

Mais son avenir était déjà écrit.

Ou du moins, on faisait tout pour le croire.

À ses côtés se trouvait celui que tout le monde appelait son futur mari.

Le deuxième plus riche de l’université.

Charismatique, sûr de lui, élégant.

Un prince parfaitement calibré pour une princesse parfaitement calibrée.

Il l’aimait.

D’un amour réel, sincère, presque naïf pour quelqu’un de son rang.

Elle… le tolérait.

Avec gentillesse.

Avec respect.

Avec cette distance polie qu’on accorde aux choses qu’on ne peut pas refuser.

Elle savait ce qu’on attendait d’elle.

Elle savait ce que ça représentait.

Alors elle jouait son rôle.

Elle souriait au bon moment.

Elle acceptait sa présence.

Elle faisait bonne figure.

Et elle gardait pour elle ce qu’elle ne ressentait pas.

À l’autre bout de cet univers parfaitement huilé…

Il y avait Targa.

Il ne faisait partie d’aucun groupe.

Personne ne l’avait invité.

Personne ne l’avait repoussé non plus.

Il était simplement là.

Toujours seul.

Toujours à part.

Et ça ne le dérangeait pas.

Il n’avait ni réseau, ni nom, ni héritage.

Ses vêtements étaient propres mais simples.

Ses affaires étaient fonctionnelles, pas élégantes.

Il venait de loin. Pas géographiquement. Socialement.

Il était le plus pauvre de l’université.

Et probablement l’un des plus intelligents.

Mais il était nouveau.

Première année.

Aucun passé ici.

Aucune réputation à Aurelius.

Il n’était ni admiré, ni jalousé, ni craint.

Il était invisible.

Et ça lui allait très bien.

Il observait.

Les groupes.

Les dynamiques.

Les sourires qui n’en étaient pas.

Les alliances qui se formaient sans se dire.

Il voyait très bien comment ce monde fonctionnait.

Et il savait qu’il n’en faisait pas partie.

Pour l’instant.

Lexou évoluait au centre de tout.

Targa existait à la périphérie.

Ils respiraient le même air.

Marchaient sur les mêmes sols.

Travaillaient dans les mêmes bâtiments.

Mais ils n’étaient pas dans la même histoire.

Pas encore.

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