1 .-Une vie bien tranquille.-.
L’air pollué de la ville arrive bien vite à mes narines, me donnant déjà la nausée. Je rentre du petit boulot dont jai été embaucher il y a trois mois. Il est peut-être vingt-deux heures, pourtant les avenues sont toujours autant utilisées qu’a seize heures. Ma respiration se fait plus lourde, et un frisson parcoure mon dos. Le vent froid s’infiltre en moi, j’accélère le pas, dans l’espoir de me réchauffer un peu. Un petit nuage émane de ma bouche, embrumant mes grandes lunettes posées sur le bout de mon nez. Je cherche un peu dans ma poche avant de trouver mon cellulaire, et de l’allumer. La lumière qui émane de mon appareil me réchauffe un peu, et mes doigts pianotent dessus, sachant exactement ce que je fais. Mon doigt glisse sur le numéro de ma colocataire, et je place le téléphone a mon oreille. Une sonnerie. Deux sonneries. Trois…
« Allo ? » sa voix se fait entendre.
« Oui, je suis en route, je rentre, tu es là-bas ? »
« Non, des amis on décider de faire une fête ce soir, je suis avec eux. Mais j’ai laissé la clé de l’appart sous le tapis. » Dit-elle, taquine.
« Tu es au courant que c’est dangereux, ? On se la fait voler, on doit payer le double de l’appart pour en avoir une autre. » Dis-je en roulant les yeux. Bien sûr qu’elle le savait. Elle aimait juste un peu trop profiter de la vie qu’elle a.
« Oui, oui. Avec tout le boulot que tu fais, on l’aurait sur le champ cette nouvelle clé. »
« Mouais, mais prend pas ça pour acquis, je peux le perdre à tout moment ce boulot. »
« Sa te ferais pas de mal vu le temps que tu passes à travailler. Tu sais, je bosse aussi. On peut payer le loyer a nous deux tu sais. Mais non madame n’en fait qu’à sa tête et bosse jours et nuit en me disant que ce n’est pas grave ! » Dit-elle, d’un ton faussement accusateur, même si, au fond, elle avait raison.
« Mmh, mais tu me connais, je n’en fais qu’à ma tête et puis ménage toi, tu sors tout juste d’une longue bataille. » Dis-je, un sourire s’éclaircissant dans le sombre de la ville.
« Tu sais, je ne suis pas handicapée. Enfin plus ! Ce n’est pas parce que je sors d’un cancer que je suis infirme, bien au contraire, maintenant, je suis encore plus forte qu’avant ! Et puis, mon argent ne me sert à rien, je ne sais pas quoi en faire ! Laisse-moi t’aider pour le loyer ou les courses. » J’imaginais son sourire taquin à travers l’écran.
« J’y réfléchirais le mois prochain. Tu en fait déjà bien assez » Dit je en retenant tant bien que mal mon soupir d’exaspération.
« Tu dis ça à chaque fois ! » Geint-elle.
« Oui, mais cette fois, vraiment j’y réfléchi ! » Dis-je précipitamment.
« Mouais. Je te crois moyen. » Dit-elle un peu plus bas.
« Tu rentres à quelle heure, que je ne laisse pas la porte ouverte pour rien. »
« Je ne sais pas…dans deux à trois heures maxi, c’est promis. Mais tu peux fermer la porte. »
« Au risque que je m’endorme et que tu sois coincée devant l’appart ? N’y pense pas. » Elle gloussa à mes mots.
« T’a raison, rien ne qu’a t’entendre t’a l’air crevée. »
« Ouais, je ne sais pas si j’arriverais à trouver mon ami le sommeil déjà alors viens pas m’embêter. Bon, j’arrive à l’appart, a toute. »
« Bisous ! »
« Bises, et tu ne bois pas hein ? » J’entendis un vague ’’oui, oui’’ avant qu’elle ne raccroche. Je m’en fais peut-être un peu trop pour elle, mais je n’y peux pas grand-chose, c’est grâce à elle que ma vie est si belle.

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