Le Loup Noir Chapitre I
Année 954 Siège d’Anselin de Flamant
Bataille de Douaire
Nord de Gallia
“ C’est un endroit comme un autre pour mourir. ”
Tandis que devant Borias le monde sombrait dans une brume rougeâtre, le mercenaire entreprit de monter une colline, progressant à quatre pattes dans des endroits escarpés, l’épée à la main, il n'avait pas encore atteint le surplomb que quarante hommes recouverts d’acier, hurlant, et jurant comme des loups, apparurent à l'extrémité la plus éloignée du piton.
A la vue de leur proie, leurs hurlements montèrent de plusieurs tons, et ils accoururent au pied du rocher en décochant flèche sur flèche. Une fois de plus, le tonnerre de la guerre fondit sur Borias, les feux brillaient de tout leur éclat, et l'odeur de sang et de sueur moite imprégnait ses narines. Son épée en main, le mercenaire bondit, trancha, brisa, sa lame se changea en une masse rouge et indistincte. Sans jeter un coup d’œil en arrière, il franchit le tas de cadavres qui s’était formé à ses pieds et se jeta au milieu des soldats restants. Il les frappa comme l’orage, ses cris de guerre sonnèrent comme le tonnerre, son sabre fut la foudre qui donna la mort chaque fois qu’elle touchait un homme.
Quand enfin le soleil se terra à l’horizon, la clameur du combat cessa, seul Borias se tenait debout, le regard vide, les pieds empoissés dans les viscères de ses ennemis. Son corps se balança alors d’avant en arrière, comme si il fut possédé, et puis un cor sonna la retraite de l’ennemi. Il comprit que ce n’était pas fini, la guerre ne prend jamais fin. Borias était une arme. Il se donnait entièrement à la lutte contre ceux qu’il était né pour affronter, et au plus profond de son coeur le loup noir pensa à cet instant qu’il était né pour affronter le monde entier.

Annotations
Versions