Et maintenant ?

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Alors, suis-je une catastrophe complète ?

Pour sûr. Mais peut-être pas que.

Certains informateurs anonymes me font remarquer que peut-être je n’ai simplement jamais eu le mode d’emploi. Ou pas le même. Celui qui consiste à penser qu’il vaut mieux éviter d’interpréter que se tromper — car parfois, l’erreur, et je le sais d’expérience, coûte cher.

Un simple petit mot laissé, et déjà le collège est en émoi, jusqu’en salle des profs en passant par la CPE. Mais qui est donc l’insolent qui a osé déclarer sa flamme à un camarade façon XVIIIe ? Qui perturbe ainsi Cupidon en se bornant à le prendre à l’envers de manière aussi éhontée ?

Par chance, les chroniqueurs possèdent ce talent qui leur permet de noyer le poisson dans des histoires juste assez vraies pour être crédibles, mais assez fausses pour mettre en déroute n’importe quel détective privé.

Je n’y avais jamais réfléchi avant.

Puis je me souviens : un soupçon de menaces, un brin d’intimidation, quelques plaquages façon Boys’ love — mais pas romantiques — dans les vestiaires… Est-ce que cela influence la déconnexion du mode « green light », pour le remplacer par le mode « simple courtoisie ordinaire » ?

Comme quand j’ai revu Florent. Collège. Danger. Esquive. Fuite. Ne pas se faire d’idées. Foutage de gueule en perspective.
Et peut-être même pétage de gueule.

Alors est-ce que je manque tout ? Ou ai-je simplement renforcé, ou reconfiguré, le pare-feu ?
Peut-être un peu des deux.

Je suis tête en l’air. Et je réponds souvent à côté de la plaque. Mon environnement reste difficile à lire.

On nous dit souvent que les signaux sont clairs. Que ça se voit quand quelqu’un vous drague. Moi, je les trouve compliqués.

J’ai de la peine, tout de même, pour les braves qui ont essayé. Je pense les avoir désemparés sans même le vouloir. Parfois, je me dis qu’ils ont dû penser que j’étais complètement con ou, pire, que je me moquais d’eux… ou de leur maladresse pourtant charmante.

Je peux presque entendre leur voix intérieure : « mais dis-le si tu n’es pas intéressé ». Ce n’est pas que je ne l’aurais pas été — et j’en suis navré —, mais tandis que vous envoyez des SMS sociaux, je déchiffre à peine le Morse.

Fort heureusement, internet existe, et les applis de rencontre aussi. Et même si je n’ai pas toujours été élégant non plus, là-bas au moins c’est plus clair. On y trouve de tout, des recherches classiques à celles, disons… plus pimentées. Me suis-je gêné ? Bien sûr que non.

Une autre idée me vient d'un coup. S'il m'arrive de trouver certaines personnes attirantes dans la rue, et même sans les démarcher, juste un regard lancé furtivement en passant, je réalise que l'inverse n'existe pas dans mon esprit.

Il m'est impossible d'envisager que je puisse plaire comme ça, dans un élan spontané et inattendu. En dehors des applis.

Car je vous rassure, je ne souffre ni de sous-estime, ni de surestime de moi.

Le problème demeure cependant. Je ne comprends toujours pas, et je ne comprendrai jamais. Je renonce. Il est des choses qui, dans le fond, ne méritent pas d’explication.

Erreur de mode d’emploi ? Mise à jour corrompue ? Version bêta instable ? Anti-Virus blindé ?

Je reste avec mes bizarreries, toujours un peu perché, là sans être là, déplacé — même pendant la bagatelle —, d’Avaricum à Bourges ou dans un autre monde, à l’autre bout de l’univers, dans mes insomnies ou mes songes… déconnecté à tout jamais.

40 ans révolus, 25 ans de conneries et de déboires, mais… 15 ans pour toujours.

Aujourd’hui, ça n’a plus aucune importance. Le Wi-Fi, le Bluetooth, la CB, le télégraphe et même le câble Ethernet sont désormais hors ligne. La box a rendu l’âme.

Le 3310 à jamais éteint.

Et je ne compte pas le rallumer.

Alors autant s’en amuser.

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