Billet retour
Bon… je ne sais si c’est la Ginger machin qui donne des ailes, mais, un peu avant d’arriver là où Valentin et ses collègues étaient postés, le doute m’habita soudainement.
Ça reste un flic. Et en service. Ce serait quand même un peu déplacé de me pointer avec un billet retour doux-amer, non ?
Et puis merde. Au point où j’en suis.
Puis là, au moins, le signal était clair. D’ailleurs, j’y pense… cette fois, je ne suis pas passé à côté ? Est-ce à cause de la forme ? De la méthode utilisée ? Ce bout de papier, qui laisse le temps de comprendre plutôt que de se tromper ?
J’y réfléchirai plus tard.
Allez, on y va.
Je m’avançai, l’air faussement outré. Puis, arrivé à leur hauteur, je me plantai devant Valentin.
— Valentin ? Il me semble que ce papier ne m’était pas destiné. Vous avez dû faire erreur. Je vous prie de bien vouloir le remettre à son propriétaire légitime.
Comment ai-je fabriqué un mensonge aussi grossier, mais crédible ? J’en suis encore étonné moi-même.
Valentin me regarda, surpris. Presque déçu.
J’ajoutai alors — car je suis bien placé pour savoir que les signes sont difficiles à lire :
— Les coordonnées du destinataire sont, ce me semble, au dos de la note d’origine. Soyez attentif la prochaine fois.
Je vous souhaite une bonne soirée.
Allez, allez, allez… on se casse vite de là. On trouve un endroit tranquille, on éclate de rire et on rentre.
En remontant les rues, je pensais :
Bonne soirée, Valentin. Essayez de ne pas avoir de crampe à faire le planton.
Bisous !

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