Extra numéro 2 : Cupidon malgré moi
Là encore, j’ignore si le karma se joue de moi — peut-être pour railler mes exploits et mon amabilité, disons… fluctuante — mais il se trouve que, à défaut de me porter bonheur, je fasse au moins celui d’autrui.
Car même ceux qui juraient, grands dieux, que je divaguais, que tout cela n’était que billevesées et chimères, me promettant que, si le cœur m’en disait, je ne serais pas déçu…
Eh bien, à la fin — pour les plus rapides, dans les heures qui suivaient ; pour les plus lents, quelques semaines — je recevais, comme un rappel fatidique :
« Il faut que je te dise un truc. »
Chat échaudé craint l’eau froide, dit-on.
Je pris donc l’habitude de consoler les âmes esseulées… puis, lorsque le message venait — accoutumé désormais, et pour le coup, les signes étaient clairs — je répondais ainsi :
« Épargnons-nous une discussion aussi pénible qu’inutile. Comment s’appelle-t-il ? Et dis-moi : tu le connaissais déjà, ou l’as-tu rencontré après ? »
Ce qui me valait invariablement quelque chose du genre :
« Bah euh… oui. J’ai rencontré quelqu’un d’autre. Coup de foudre. Vraiment désolé. Après t’avoir demandé de ne pas aller voir ailleurs… Je suis minable. Je vais finir par croire à ton super-pouvoir. Merci pour tout… bisous. »
À quoi je répondais, avec la constance d’un vieux protocole :
« Mon plaisir. Et tous mes vœux de bonheur. Ne te crois point chargé de changer le monde. »
P.S. : j’avais déjà pris des dispositions pour ailleurs. Le temps joue toujours pour moi.

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