Chapitre 6: La Grande fuite

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-Ludwig ! Ludwig ! LUDWIG !

Je me réveille en sursaut et dévisage Frieda, puis je remarque la présence d'un inconnu. Frieda reprend:

-Dieu merci tu t'es réveillé ! Ce gentil monsieur s'appelle Maurice Bauer, il a emmené Hans et Adelheid chez lui, mais toi tu dormais comme une souche ! Imagine il y aurait eu un incendie !

-Heu... Désolé... Et merci monsieur Bauer, enfin j'imagine ?

Le fermier commence à parler d'une manière étonnamment calme, contrastant avec sa stature:

-Tu peux m'appeller Maurice ! Venez vous reposer à l'intérieur, j'ai quelques questions sur ce qu'il vous est arrivé... C'est que c'est pas courrant de voir des enfants ainsi perdus. Et puis... Cette Adelheid... Elle est dans un sale état. Si vous avez fugués, vous devriez vite me dire où sont vos parents.

Je regarde Adelheid. Son visage semble me dire qu'aucune justification n'a été encore donnée. J'espère que Hans ne dira rien allant à l'encontre de mes dires:

-On faisait du scoutisme en fait.

-Du scoutisme ?

-Oui, on est de Rivemédillac, du pays de Solérac, on devait aller jusqu'au pays de Valmarin, plus au Nord, si vous connaissez. Mais on s'est perdu...

-La vache, vous venez de loin ! Le pays de Solérac, c'est au Sud-Ouest de l'Empire, ça ! Vous avez pas d'accent pourtant ?

-Il n'y a plus vraiment d'accent, vous savez.

-Oui, enfin j'en sais rien, j'y suis jamais allé. Bref, restez pas sur le foin tout crasseux, venez chez moi.

Alors qu'il avance à quelques pas devant nous, Frieda me murmure:

-Pas mal l'improvisation, je sais pas où t'es allé pêcher ça !

-Rivemédillac a été élu plus beau village de l'Empire l'année dernière, donc je m'en suis rappelé, et le pays de Valmarin, c'est l'un des seuls endroits où tu peux te baigner dans l'Empire sans qu'il n'y ait de restrictions...

-Je vois... Bon, on va devoir glisser ça à Hans pour éviter qu'il gaffe.

 Tandis que nous traversons la cour que nous avons infiltré hier, passant devant le pigeonnier et la niche du chien rabougris qui a disparu, nous rentrons enfin chez Maurice. L'intérieur est assez vétuste, rien d'étonnant en le comparant à l'extérieur. Néanmoins, il y règne une chaleur agréable, et lorsque Maurice nous propose de prendre le petit-déjeuner avec lui, nous ne nous faisons pas prier. Au menu, des croissants, avec du bacon et des oeufs. Le plat parfait pour reprendre des forces !

 Je me permets de lui demander:

-Dites, Maurice, vous savez où est notre ami, Hans ?

-Lorsqu'il est entré, il y avait ma femme, Suzette, elle doit être en train de lui passer des vêtements... Vous devriez faire de même, vous repousseriez un essaim de mouches scatophiles...

-Ha... Tant que ça... Je suis pas sûr que je voulais avoir l'info, mais merci...

Ma réponse le fit éclater de rire, et mon sourire n'en fut que plus crispé. Sa présence a au moins le mérite de nous extirper des horreurs de la veille...

 Quelques minutes s'écoulent. Nous retrouvons Hans accompagné de Suzette. Il porte alors de nouveaux habits trop grands pour lui et dépenaillés à certains endroits. Nous le saluons, puis Suzette nous montre, à Frieda et à moi leur salle de bain, ainsi que de nouveaux vêtements plus commodes que les notres. Ainsi, nous passons une matinée plutôt tranquille, quand nous retrouvons Hans. Il doit être alors 10 heures. Adelheid est allongée dans un lit installé à proximité et Maurice tente grâce à son sort de la soigner. Je n'ai pas très bien saisis son sort mais rien que de savoir qu'il en utilise un me crispe et me donne envie de me battre. Aucun compromis avec les mages... Cependant, Hans ne semble pas avoir ce genre de soucis car il continue de blaguer avec Maurice comme si tout allait bien.

 Lorsque la cloche à l'entrée de la ferme sonne, annonçant le courrier du jour, je me porte volontaire. Maurice en est bien heureux, et moi de même... Je peux ainsi éviter de le voir faire usage de son sort... Même s'il aide Adelheid je ne peux m'y résoudre. Il s'occupe d'elle depuis maintenant trente bonnes minutes, et bien que ce soit ma soeur, prendre l'air me fera le plus grand bien. Je n'aime pas la voir ainsi... Il me donne cinquante centimes pour payer le jeune homme, un porteur de presse du nom d'Henri Crételier.

 En m'approchant de l'entrée de la ferme, je vois le fameux Henri, il doit avoir à peu près mon âge... Mais surtout, je remarque le brassard autour de son bras droit. Est-ce que je lui dit que je suis un Molin, moi aussi ? Nous aiderait t'il ? Comment peut-il exercer en dehors de la zone d'exclusion ?Alors que je réfléchis, je le salue sans y penser, saisis le journal et lui tends les cinquantes centimes qu'il m'arracche de la main, sans un mot. Merde, il s'en va, j'ai trop réfléchi, je ne lui ai rien dit...

 Une fois de retour dans les bâtiments d'habitation, je tends le journal à Maurice. Ce dernier décide alors de s'accorder une pause bien mérité. Il ruisselle de sueur après avoir passé tant de temps à tenter de soigner Adelheid. Au moins, elle semble paisible... C'est l'essentiel pour le moment. Nous nous asseyons tous autour de la table, attendant que Maurice lisent les nouvelles. Suzette, elle, coud de nouveaux chemisiers.

 Mes yeux dérivent vers le dos du journal, alors que Maurice l'ouvre. Je n'arrive pas à tout lire mais je parviens à en saisir l'essentiel : "Les fuyards de Vogelberg", "La vermine de la Nation, ces rongeurs du dedans de Molins, ont dévoré les ressources de l'Empire en attaquant de nombreux convois de nourritures qui avaient pour but d'aider les indigents. Ces vermines dilapident et gâchent nos mânes malgré la pénurie, profite du système impérial afin de mener une douce vie. L'Empire a donc décidé hier, le 18 octobre 3778 de détruire ce village de nuisibles. Cependant, une dizaine d'individus ont réussis à s'échapper. Prenez garde citoyens ! Ils sont dangereux et peuvent s'être débarasser de leur brassard. Si vous croisez un individu suspect, neutralisez le et conduisez le aux Pacificateurs les plus proches."

 Mon sang se glace instantanément. Je tourne la tête vers Frieda et Hans, ils sont paisibles. Du moins, le plus paisible que les derniers événements ne leurs permettent. Ils n'ont rien vu... Il faut que je les sauve, il faut que je sauve mes soeurs. Si Maurice voit l'article, il comprendra immédiatement, et on ne sait pas comment il réagira. Soudain, j'ai une idée:

-Dites, le porteur de presse, c'est un Molin, vous le saviez ?

-Ho que oui, il est bien gentil ce jeune homme ! Mais vous savez, c'est plutôt normal qu'un Molin s'occupe de ce genre de tâches, c'est bien trop ingrat pour des mages.

-...Oui, bien sûr de vrais abrutis ces Molins...

Je ne peux m'empêcher de serrer les dents, Maurice reprend:

-D'ailleurs, quel est votre sort ?

-Et bien... Un léger renforcement physique, rien de bien fou. Pareil pour mes soeurs et Hans.

-Curieux d'avoir tous le même sort, mais bon soit...

Cette discussion a eu le mérite de montrer qu'il faut absolument qu'on se tire d'ici. Je croise le regard de Frieda, qui me fixe d'un air accusateur. Ses yeux me lancent des éclairs. Je pense qu'elle doit me prendre pour un idiot finit... Après je la comprends, poser ce genre de questions alors qu'on est en quelque sorte en cavale... Faut que je fasse quelque chose:

-Hans, Frieda, faut que je vous montre un truc de fou ! Pour s'orienter j'ai appris une petite technique avec ASTRA, notre étoile, vous voulez voir ?

Ils me regardent de travers... Je souffle, puis reprend:

-Soyez sympa s'il vous plaît... J'aimerais vraiment, que vous veniez voir.

Leurs yeux se mettent à briller de compréhension. Ils acquiescent avec empressement, et font preuve d'une fausse énergie pour dissimuler la pression qui vient de s'installer. Une fois à l'extérieur je leur explique donc ce que j'ai vu et les conclusions que j'en ai tiré le plus rapidement possible.

-J'ai un plan, j'ai vu où le porteur de presse, ce Henri est allé. Si on se dépêche, en courrant on peut le rattraper. Le seul problème, c'est Adelheid...

Frieda me coupe et continue la réflexion:

-Ouais, difficile de raconter à Maurice que notre soeur inconsciente qui a besoin de soin urgent part avec nous... Pour n'importe quelles raisons, il n'accepterait pas ou se douterait de quelque chose.

-Tout à fait ! C'est pour ça que-

Hans me coupe à son tour:

-L'un de nous fera diversion, un autre prendra Adelheid et une fois fait avec un signal, on se casse en courrant !

-Ok parfait ! Par contre arrêtez de me couper, c'est insupportable. Le porteur de presse est parti vers l'amont de la rivière, c'est le chemin qu'on suivait hier.

Frieda reprend:

-Super ! Pour ce qui est du signal...

Une idée traverse mon esprit après quelques secondes de silence:

-Frieda, tu te rappelles quand Heinrich faisait le hibou pour nous embêter ?

A la mention de son nom, le visage de Frieda s'assombrit, mais elle hoche tout de même doucement la tête. Je reprends:

-Tu vois, on a appris à le faire, faudrait que l'un de nous se charge d'Adelheid, et une fois fait, on prévient les autres en faisant le hibou.

-Ok, du coup c'est Hans qui fait la diversion, non ? Tu ne sais pas faire le hibou non ?

Il hoche la tête. Je continue:

-Bon, maintenant, reste à voir quelle excuse on va trouver pour les distraire. Faut extirper Maurice et Suzette du salon.

Je me décompose:

-Ho et faut faire vite, rattraper ce Henri nous aiderait beaucoup. En tant que Molin, il nous aidera assurément !

Frieda semble s'éclairer:

-On pourrait inventer une histoire de feu ! Hans pourrait se précipiter à l'intérieur et dire qu'il a vu de la fumée au niveau de la grange. Jamais Maurice et Suzette pourraient rester sans rien faire !

-Et leurs garçons de ferme ?

-J'en ai pas vu, donc ça ne sera sans doute pas un problème. T'as vu l'état de la ferme ?

-Ouais, c'est une grande exploitation mais elle est décrépie...

-C'est ça, il y a fort à parier que les affaires tournent pas très bien pour eux et qu'ils ne peuvent pas embaucher à pleins temps. Ou alors ils embauchent des saisonniers, mais on est à la fin de l'automne !

-Bon, c'est décidé, Hans, ramène toi par la porte arrière pour leur faire croire qu'on était tous à la grange. Ils ne se douteront pas qu'on est encore là. Dès que tu entendras le hibou, prétexte que tu vas voir s'il n'y a pas de feu autre part.

Tout se déroule très vite. Hans accourt dans les bâtiments d'habitations, attire Maurice et Suzette à l'extérieur. Frieda et moi entrons à la suite, récupérons nos sacs et brûlons nos vieux vêtements pour éviter que des flaireurs ne puissent les renifler. Une fois toutes ces actions faites, je m'approche doucement d'Adelheid, prend ces jambes, la bascule sur mon dos. Frieda la sangle à moi avec une corde qu'elle a trouvé chez Maurice. Nous n'avons rien oublié, je fais le hibou. Nous sortons vite de la ferme, sur la route, et attendons Hans.

 Il arrive en déboulant à toute vitesse. Il nous dépasse et nous courons à sa suite. Il s'exclame d'une voix essouflé et hachuré par la course:

-T'es sûr. Que. Le gars. Sera encore là. Ludwig.

-Ouf, ouais. Je pense. Enfin j'espère. Me parle pas trop. Argh j'ai Adelheid sur le dos je te rappelle.

 Quelques minutes plus tard, nous apercevons Henri en train de marcher au loin. Quel soulagement ! Seulement, je le vois se retourner à la seconde où il entend nos pas. Dès qu'il nous aperçoit, trois gugusses avec l'un ayant un corps inanimé sur les épaules, fonçant droit vers lui, il fuit à toute allure. Un frisson de panique m'envahit et je crie sans réfléchir:

-Arrête toi ! On est des Molins aussi ! On a besoin d'aide ! S'il te plaît je t'en prie reviens !

Il ralentit, semble réfléchir quelques instants puis se stoppe complètement. Il nous a cru ! Quand nous arrivons à son niveau, il s'écrie:

-Vous m'avez fait une peur bleue ! Je t'ai reconnu toi euh...

-Ludwig.

-Bref, je me suis souvenu t'avoir vu à la ferme. Mais sans brassard j'ai cru que t'étais un mage. Vous voir débouler comme ça, j'ai cru que vous vouliez me passez à tabac...

-C'est déjà arrivé ?

-Penses-tu ! Evidemment ! Bref, on verra les questions plus tard. Vous avez besoin d'aide non ?

-Je sais pas si tu as lu l'info, mais Vogelberg a été rasé, ils veulent trouver et exterminer les survivants...

-Et vous en faites partis bien sûr... C'est pas la porte d'à côté n'empêche. Mais pourquoi tu semblais si calme tout à l'heure et maintenant vous êtes tous paniqués et éssouflés.

-On était chez M. et Mme Bauer, tout paraissait parfait pour reprendre des forces et soigner ma soeur Adelheid, mais le journal que tu lui as donné lui aurait mis la puce à l'oreille. M. Bauer est très gentil mais vu son oppinion des Molins... On devait s'en aller.

-Je comprends, Maurice est à l'image de la majorité de l'Empire... Bref, j'ai compris votre situation, et j'ai le plaisir de pouvoir être votre sauveur.

-Dis m'en plus ?

-Bon, je pense que je peux vous en faire part... Je fais parti d'un réseau de résistance plutôt important, en fait il recouvre presque tout l'Empire.

Nos visages ne se sont jamais autant illuminés ces derniers temps qu'avec cette révélation. Il reprend:

-Je suis chargé d'amasser des informations pour le CIOR, ou le CLM, si vous préférez.

-Ils veulent dire quoi ces acronymes.

-Justement, on va aller à Brétigny, c'est pas loin d'ici. Une de nos meilleurs éléments y opère en ce moment. On va la rejoindre et regagnez les environs de Valcroix plus à l'est.

-Valcroix ?! Mais qu'est-ce qu'on va y faire ! C'est paumé !

-Notre résistance se base souvent près de villages isolés comme Valcroix, mais tu auras peut-être l'occasion d'aller à la cellule proche de Belrive, Clairmont, ou Saint-Roch qui sait ?

-Comment vous ne vous faites pas repérez ? Non mais êtes vous fous ?

-Calme toi, j'essaie de vous aidez alors baisse d'un ton.

Je baisse la tête et reste silencieux. Il souffle et reprend:

-Pour répondre à tes inquiétudes, on ne va pas à Valcroix directement, on ira à quelques heures de marches de Valcroix, le CIOR est assez ancien, de nombreux villages clandestins existent... Mais ces putains de sorciers nous empêchent d'avancer plus loin dans la science... On ne peut construire d'usines sans devenir extrêmement visible.

 Nous hochons la tête, puis après quelques échanges d'informations et de formalités expéditives, nous reprenons prestement la route. Le chemin est pénible et long. Adelheid me pèse énormément, et chaque pas me rappelle que ce n'est plus un bébé. Plus du tout ! Après ce qu'il m'a semblé une éternité, nous arrivons enfin à Brétigny. Je me tourne et remarque tout de suite que je suis le seul en nage. Je suis vidé de toute ma substance ! Si on doit encore fuire ou faire une longue route, je sens que mon fantôme fera le trajet à ma place ! Les gens ne semblent pas prêter beaucoup d'attention à Aria. Je demande à Henri:

-Dit, pourquoi les gens n'en ont que faire de voir ma soeur dans cet état ?

-En ville, ça arrive souvent de voir des gens tombés dans les pommes car ils ont trop forcés sur leur sort ou manquent de mânes s'ils sont accrocs, alors c'est leur quotidien.

 Henri, toujours en tête de groupe, file à travers la ville comme s'il la connaissait comme son brassard ! Il s'approche de la devanture d'une boulangerie et s'exclame comme pour se parler à lui-même:

-Voyons, on a marché vite, il doit être 15 heures environ, elle doit être en train de prendre sa pause là.

En entrant, il lance:

-Salut Bérengère, ça va ?

Elle répond en maugréant:

-Encore là pour la voir ? Dépêche toi, elle est dans sa chambre.

En nous voyant sans brassards, elle s'illumine:

-Ho les petits chéris ! Enlevez vos chaussures avant de monter, elle en a de la chance d'avoir des amis aussi mignons ! Je prépare une tisane pour votre amie !

Henri lance de manière acérée:

-Merci ! Toujours aussi charmante !

 Nous enlevons nos chaussures puis montons à l'étage. Henri s'arrête devant une porte en vieux bois vermoulus et cogne trois grands coups. Une voix pleine de vie retentit:

-C'est qui ??

-C'est Henri, j'ai amené de nouveaux petits camarades !

-Je fais vite j'arrive !

 En effet, quelques instants plus tard, la porte s'ouvre et je découvre stupéfait l'une des plus belles filles que j'ai vu. Elle a mon âge, mais est véritablement splendide. Elle a des cheveux bouclés et blonds, de la même couleur qu'ASTRA, des yeux de la couleur d'une mer sans nuages en plein été. Surtout, elle a des tâches de rousseurs lui parsemant le visage et lui donnant un air farouche contrastant avec son caractère. Je tourne la tête pour voir la réaction d'Hans: il n'a pas l'air si engoué que ça... Bon, dommage, je ne lui en parlerai pas ! De toute façon, je ne la connais pas encore, aucune raison de s'emballer, j'ai d'autres chats à fouetter moi... Alors que mes pensées défilent, elle pose les mains sur ses hanches et s'exclame:

-Bah ? Henri ? Tu me présentes pas à tes camarades ?

-Ha oui bien sûr où avais-je la tête ? Alors, j'ai donc l'honneur de vous présenter la seule, l'unique, celle qui a été élue résistante du mois... Elle m'a payé très chère pour dire ça.

-Orh Henri, ils savaient déjà tout ça rien qu'en me voyant, faut abréger.

-Très bien ! Voici Aria Sójka tout le monde !

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