Chapitre 1 : Le tueur

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Vingt-deux ans plus tard, capitale de Francessia.

Je n’avais jamais aimé qu’on se tienne trop près de moi. Toujours plus avec les années et mon retour de Janomie. Je n’acceptais plus le regard des gens, mais j’avais encore la bêtise de sortir à visage découvert. Je n’avais pourtant plus besoin de ce maudit visage. De ce visage qu’un seul être pouvait contempler. Un seul.

— Il est pire qu’une charogne, croyez-moi. Un ami proche de lui m’a assuré qu’il avait volé et recopié une bonne moitié de son œuvre. Il ne dessine pas. Il laisse ses apprentis s’en charger. Il vole leur travail aussi. Non, vraiment, Séverin Morias n’a rien d’un artiste. C’est un voleur invétéré et un prédateur.

L’homme s’approcha de moi comme si ce qu’il avait à dire était un secret qu’il fallait dire le plus bas possible pour être le plus convaincant. Son parfum délicat et la couleur topaze de ses yeux auraient pu me convaincre de le trouver attirant, mais le son de sa voix ne fit qu’irriter mes oreilles. Je n’aimais pas sa façon de me regarder ou même de rouler ses « r ». Que racontait-il sur Séverin ? Que savait-il de lui ? L’avait-il une seule fois vu peindre ? Bien sûr que non, sinon, il en serait tombé tout de suite en admiration. Son venin n’aurait fait que l’empoisonner et le rendre fou de passion pour le Maître. Comme moi, il aurait succombé.

— Il est une personne mauvaise. On dit qu’il fait des choses avec ses apprentis. Certains n’ont même pas l’âge légale. Il les pervertit et en fait ses distractions. Il a de sombres pratiques.

Plus de doutes, les rumeurs viennent de cet homme.

Deux autres « gentilshommes » s’avancèrent vers nous, de grands sourires aux lèvres. Cela cache toujours la pire vermine.

— Que racontez-vous à ce charmant, mon ami ? demanda l’un d’eux.

— Je ne fais que le mettre en garde sur ce Morias. Il semblait très en prise devant cette peinture détournée.

Ils se tournèrent comme un seul homme vers la peinture exposée dans le hall de l’hôtel, près d’un bar, tous une boisson alcoolisée dans leur main, tous avec un regard de pure convoitise. Ils auraient voulu être le Maître.

— Oh ! Oui, ce Morias n’est qu’un copieur, doublé d’une ordure. Savez-vous combien de jeunes apprentis il a utilisés ? Il le fait encore, impunément. Les pauvres se font retourner la tête.

— C’est un être perfide et profiteur, il leur fait faire des choses horribles. J’ai vu ce Morias lever la main sur le dernier de ses apprentis et le forcer à des choses. Je n’ai rien pu faire. Le garçon était convaincu que ça ne me regardait pas. Ils se sont enfermés dans une pièce. Je n’ose imaginer ce qu’il s’est passé. J’en ai la nausée.

Moi aussi. De t’entendre profaner de telles inepties sur l’âme d’un homme plus que bon, plus que prodigieux. Toutes ses histoires nauséabondes qui circulaient…

Vous en êtes les investigateurs.

Trois autres hommes se ramenèrent. Allaient-ils faire une ronde autour de moi pour me convaincre ?

Chacun portait à sa veste un badge.

Une vive chaleur monta en moi, et je me sentis prêt à hurler. C’était eux ! Tous ces commérages. Tous ces problèmes. Toutes ses tentatives de casser le Grand Séverin Morias !

Enfin, je leur mettais la main dessus. Enfin, j’allais leur faire fermer leur caqué merdeux.

Ils ne savaient rien de Séverin.

Ils n’ont jamais rien vu de mon Séverin.

Et je ne les laisserai plus le calomnier et inspirer dans l’esprit des gens de la méfiance à son encontre.

Le Maître devait continuer à briller. Et je le ferais étinceler.

Ces minables pensaient le détruire ? Ils venaient de se vendre.

Je partais sans rien dire, écoutant un autre type parler mal de Séverin à une jeune femme. Ses yeux brillaient d’outrance.

Ne le crois pas !

Je serrai les poings, autant par révulsion que par énervement.

Je ne laisserai personne lui manquer de respect de la sorte.

Je saurai vous retrouver, et vous faire passer l’envie de propager de telles horreurs. L’heure est au règlement de compte. Ils ne savent pas à qui ils se sont frottés. Ils ne savent rien de moi, de mon affection profonde pour le Maître.

Ils ne se doutent pas de ce qui m’anime.

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Ce texte a été écritil y a un peu plus d'un an. Je cherche a lui rendre une image plus littéraire.

^^

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