Chapitre 51 - Houle

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Sur mon chemin je passais justement devant sa chambre et m'y arrêtais. J'y frappais alors deux coup distinct.

  • Maman c'est moi. Tu est là ?

Elle ouvrit la porte.

  • Tu as besoin de quelque chose ?
  • Oui, je voulais te demander conseil sur des missions de terrain que j'aimerais mené.
  • Dis-moi tout. J'essaierai de t'aider.

Elle sortit de la porte de sa chambre et en ferma la porte.

  • Merci. En fait j'aimerais aller plus souvent sur le terrain je dis pas que je vais délaisser l'administratif mais je me suis rendu compte que pour mener au mieux nos missions d'intérieur il fallait que j'aille de plus en plus à l'extérieur. J'ai passé un accord avec la famille Umemiya, duquel j'ai obtenu un accord pour avoir une parcelle de vigne, et ça m'a montré à quel point je manquais d'expérience sur le terrain mais c'est aussi ce genre de rencontre que j'aime faire donc j'aimerais en faire plus souvent. Donc je me demandais comment procéder sans mettre à mal le clan quand je suis pas là.
  • J'aimerais te répondre, mais je n'ai pas été oyabun. Ce que je peux te dire par contre, c'est que ton père était constamment en déplacement. On ne le voyait jamais à la résidence au début. Quand il rentrait, il travaillait jusqu'à tard en soirée. Puis, il s'est couché de plus en plus tôt et a arrêté les nuits blanches. En réalité, il travaillait tard pour conclure des partenariat et ce genre de chose, dlnc une fois qu'ils etaient actés : plus besoin de se tracasser. Mais, si tu veux en savoir plus sur la gestion, tu devrais le lui demander directement.

Mon sourire était crispé. Oui, je devais demander à papa.

  • merci maman. Tu sais où je peux le trouver ?

Elle réfléchit un instant avant de me répondre.

    • A cette heure là, il devrais être dans la chambre de ton grand-père, il m'a dit qu'il voulait commencer à faire le tri et qu'il arriverait en retard pour le dîner.
    • Je vois, merci maman. Je vais faire un détour alors, préviens les autres que je vais être en retard aussi.
    • Je tournais au détour d'un couloir, laissant seule ma mère se rendre seule, a la salle de restauration. Il faisait le tri ... Je me demandais pourquoi ça lui prenait d'un coup. Rare était les fois où je l'avais vu retourner dans cette chambre. Avec le temps j'avais appris à éviter de lui parler de grand-père. Les fois où j'avais essayé d'évoquer le sujet avec lui, je m'était arrêté a un mur. Il restait évasif ou alors il s'énervait et préférais ne pas répondre. Et comment faire le tri quand on n'est plus en mesure de voir ? Cette histoire me semblais étrange. Je poussais la porte de la chambre de grand-père, elle était tout au fond d'un couloir, une véritable chambre fantôme qu'on évitait d'approcher, plus par efficacité que par superstition.
  • Papa ?

Je le trouvais assis sur le lit drapé. Des moutons de poussières jonchaient le sol.

  • Rose, tu es là ?
  • Je te cherchais. Je...qu'est-ce que tu fais là ?

C'était plus fort que moi. J'étais un peu énervée de le savoir ici alors que je n'avais jamais pu en parler. La chambre de grand père était sobre et de taille moyenne. Un secrétaire dans un coin, habillé par une chaise en bois et en paille, un lit simple, un fauteuil, une table qui présentait un katana et une photo de grand mère. C'était tout.

  • Je suis venu une dernière fois dans cette chambre avant son réaménagement. Je ne vois rien, mais ma mémoire n'est pas aveugle, elle.
  • P-Pourquoi ... maintenant ? Ça m'étonne ...
  • Le clan ne cesse de s'agrandir Rose, il faut bien libérer de l'espace pour nos nouveaux arrivants.

Je ne répondis rien. Toute protestation était vaine puisqu'au fond : il avait raison.

  • Il-y-a-t il une chose dont tu voudrais me parler ?
  • Oui ... En fait j'aimerais aller plus souvent sur le terrain afin d'élargir ma vision des choses et de nous faire grandir en capacité mais .... Je ne sais pas comment m'organiser sans mettre a mal le clan si jamais je partais longtemps.
  • Partir longtemps ? C'est à dire ?
  • il y a un accord passé avec des vignerons, et j'aimerais m'imprégner de l'ambiance...
  • Est-ce pertinent vis à vis de ton travail ?
  • Comment ça ?
  • En tant qu'oyabun, quel est l'intérêt à "s'imprégner" comme tu dis ? Tu vends du vin, un point c'est tout.
  • Oui, je sais. Je comprends bien ça. Mais c'était aussi par rapport aux autres missions.
  • L'administratif t'empêche de partir en mission. Donc change ton organisation.
  • Mais comment ?
  • Ton système actuel c'est de tout recevoir sur papier, donc ton bureau est encombré systématiquement. Tu me rappelles ton grand-père...lui aussi détestait l'informatique.
  • Comment ça ?
  • Tu imprimés ce qui est important. Tu signes les accords et partenariats sur papier. Le reste est précieusement stocké dans une clef USB toujours sur toi.

Il disais vrai, les seule outils que j'avais réussi a utiliser pour faciliter notre organisation était le drive pour nos stockage de nos archives et la création d'un agenda numérique partagé pour faciliter nos déplacements en cas de pépin. A vouloir tout copierw j'avais privilégié les méthodes d'organisation qu'utilisait grand-père, pensant que c'était le plus efficace, alors qu'en fait je ne faisait que m'empêtré dans des montagnes de document qui n'en finissait pas.

  • Ça te libérera beaucoup de temps pour les missions. Le restes, tu le consacres à ce que tu veux.
  • M-merci papa...
  • Je vais y aller, le dîner a déjà commencer, a toute a l'heure.

Je quittais ensuite la pièce, en me attant. Je devais bien l'avouer, il m'avais enlever une belle épine du pied. Je savais ce qu'il me restait à faire pour la suite. En arrivant vers la salle de réfectoire, je repensais a ce qu'il avait dit sur grand-père, ce qui me fit esquissé un sourire avant d'entrer dans la salle. Je me trouvais bête de ne pas y avoir pensé plus tôt. M'attendant à trouver plusieurs personne, je fus surprise du manque d'affluence dans la salle. Renjiro et Mahiru partageait un dessert, maman discutait avec Saki, et toute le réfectoire n'était peuplé que de ces quatre personnes. Moi qui avait l'habitude de nos grands dîners familiaux, me trouvais fort déconvenue à la vue de ce spectacle ou dans notre pièce de 600 M2. A cette heure bien qu'en retard j'avais espéré trouver plus de monde pour pouvoir faire la conversation. Je passais donc le repas "seule" en omettant le fait que les 4 personnes présentes dans cette salle étaient déjà bien occupées. Je m'étais dépêcher de manger pour aussitôt ressortir de la salle afin de changer d'ambiance qui m'avait plombé. Je n'avais pas sommeil et flanais dans les couloirs, dans la lune. Je repensais à Kazuma et à sa réponse que j'avais attendu depuis plus d'un mois.

Sa réponse, ou plutôt : son absence de réponse. Mais le silence est une forme de parole et je croyais bien avoir compris ses sentiments à ce sujet. Alors, j'attendais. Aussi durement que cela puisse paraître, je lui laissais le temps qu'il me demandait. C'était tout ce dont il avait besoin. Et en attendant son retour, je commençais à mettre en place des conseils de papa, ce qui me permis de me laisser de la place pour aller sur le terrain, le plus possible. J'avais fait en sorte que la plupart de nos rapports et ordre de mission soit digital pour permettre un meilleur communication, avec un langage codé, en plus d'une connections hyper sécurisé si jamais nous venions a nous faire pirater.

C'était ma manière a moi d'avancer tout comme lui. Mon père avait raison. Ça me simplifiant bien la tâche. Je soupirais, me trouvant bien bête de ne pas l'avoir appliquer plus tôt. J'étais libre de me former, mais regrettait l'absence d'Hajime qui ... Non ! Cet homme ne pouvait pas me manquer. Pour chasser son souvenir, je quittais mon bureau et prit la voiture sans destination définie.

J'avais besoins de m'aérer la tête, je parcouru quelque kilomètres pour atterrir a Maizuru, une ville en bord de mer. Je n'y était pas a aller souvent et dans les souvenir que j'avais, l'air marin me faisait le plus grand bien et me faisait oublier tout mes soucis. Je me garrais sur un parking non loin de la plage pour ensuite me diriger vers celle-ci. Mes chaussures a la main, je marchais au bord de l'eau tout en regardant les gens qui se trouvais autour de moi. Il y'avais encore quelque personne qui profitais d'un bain de mer ou qui c'était endormis sur leur serviette. J'ai toujours aimé le mer, enfin : l'océan. L'iode m'étais agréable, les vents frais parfois mordant jusqu'à l'os, étonnament familier, en rebutaient certains, mais pas moi. Les gros nuages se fondait avec les vagues qui remuaient à l'horizon. J'avais avancer un peu plus profondément dans l'eau, après avoir remontrer un peu mon pantalon, je devais avoir de l'eau jusqu'au genoux. L'eau froide me permettais de me flageller et de me remettre les idée en place mais aussi de profiter de cette ambiance qui m'apaisais.

Je riais de la situation. En temps normal, je prenais des douches chaudes ou profitais de notre onsen bouillant. Mais la fraîcheur, et même la glace de l'océan avait un effet similaire. Perdue un instant dans l'immensité de l'horizon, il me fallut du temps avant de comprendre que l'eau montait. Elle atteignait ma taille quand je regardais en arrière, vers la rive, qui me paraissait bien loin.

  • Ah...Zut. commentais-je, peu consciente de la gravité de ma situation, et, en même temps, pour évacuer toute inquiétude.

J'essayais de rester calme mais en voyant l'orage qui n'était qu'à quelque mettre de moi et les vagues commencer a devenir plus grosses, une certaine panique se mit a m'envahir. Je regardais autour de moi et ne voyais aucun récif ou que je pourrais rejoindre en nageant a contre-courant. J'essayais de rejoindre tant bien que mal la berge mais glissa dans une crevasse. Une vague m'engloutit une seconde, j'abandonne la marche pour la nage. Peit-etre serait-elle plus rapide pour me permettre de rejoindre la plage, mais les vagues m'entrainaient vers les vagues, et non vers le sable. Une seconde vague passa par dessus ma tête mais j'emergeais encore. Comment avais-je pu me retrouver dans cette situation ?

Je n'arrivais même plus à remonter a la surface pour prendre de l'air. Les vagues me passait dessus au compte-goutte, que je bus un nombre incalculable de tasse qui commençais a m'étouffer et me faire manquer d'air. On dit que l'eau monte comme un cheval au galop, mais jeux l'impression qu'elle courrait comme tout un attelage. Mes poumons s'enflammaient. Je ne pouvais plus demander d'oxygène. Pourtant, je sentis une force me propulser hors de l'eau. Etait-ce le vent sur mes joues ? N'etais-je pas dans l'eau ? Tout était flou, voilé par des trombes d'eau. Ma tête tournais, j'avais froid. Mes poumons encore gorgé d'eau, me brûlait. L'eau quitta mon environnement. Où étais-je ? Il me semblait qu'on m'avait adossé sur quelque chose de dur et piquant. J'avais froid, si froid. Que se passait-il ? Pourquoi tout était si sombre ? Si noir ? J'avais si froid... Je perçu une silhouette enfin plutôt une ombre devant moi, j'entendais sa voix, enfin comme un écho qui semblais me parler sans que je puisse en comprendre quoi que ce soit.
Je n'arrivais plus a bouger mon corps, comme si le froid m'avais paralysé, je ne sentais plus rien a par les tremblements et quelque spasmes du a mon hypothermie.

Etait-ce de l'hypothermie ? Je tressaillais en rythme, ma cage thoracique se contractait, puis se relâchait, ... et enfin, le poids dans ma poitrine quitta enfin mes poumons. A grande gorgée, je recrachais de l'eau et toussa bruyamment. Ma respiration bruyante, était entrecoupé de ma toux qui m'aidais a faire s'échapper le liquide que j'avais ingérer. Je pris une grande bollé d'air en sentant que toute l'eau présente dans mes poumons s'en était allée. Je me sentais totalement désorienté ne sachant pas où je me trouvais et qui était avec moi, je me mis a regarder brusquement autour de moi. Enfin, des yeux percèrent mon trouble. Des pupilles ambrées, chaleureuse, inquiète... Je ne ous les contempler plus longtemps que mon sauveur me ramena contre lui et me porta jusqu'à la voiture.

  • Ka...Kazu-chan ?

Que faisait-il là ? Cette question, aussi fugace qu’inutile, se dissipa aussitôt, balayée par la réalité en sentant la chaleur bienveillante de son corps envelopper le mien, frigorifié. Son parfum, un mélange de citron et de shiso, me ramena d’un coup à la réalité. Il venais d'allumer le chauffage au maximum dans l'habitacle tout en me gardant contre lui. Il essora au mieux mes cheveux et mes vêtements, et passa sa veste à mes épaules. Toujours blottis contre lui, je me recroquevillai légèrement, dans la veste qu'il avait drappé sur les épaules, malgré ses efforts, le tissu restait collé à ma peau, humide et glacial. J’aurais donné n’importe quoi pour m’en débarrasser. Mes doigts enfouis dans les poches, cherchant à capter chaque parcelle de cette chaleur salvatrice. Peu à peu, mes membres engourdis se réveillèrent, et l’eau qui avait glacé ma peau s’effaça, remplacée par une tiédeur presque enivrante. Mes lèvres, autrefois violacées par le froid, s’adoucirent, et un frisson de soulagement me parcourut, bien différent de ceux qui m’avaient secouée quelques instants plus tôt.

  • Merci d’être venu…

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