Chapitre 52 - Reprendre attache

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  • Qu'est-ce qui t'a pris ?

Sa voix était bien plus dure que ce à quoi je m'attendais. Je le regardais. Il avait ses sourcils froncés, son regard sévère et la mâchoire serrée.

    • Kazu-chan...
    • Rose. Tu es capable de tout supporter, pourquoi tu voudrais mourir ? T'as pensé à nous ? T'as pensé à notre famille ?

Pourquoi me parlait-il de mort ? Pourquoi avec cet air glacial ?

    • De quoi...tu parles ?
    • Retirer tes chaussures et aller nager en pleine marée montane t'appelles ça comment !?
  • Je .... je sais que que j'aurais dû faire attention mais je pensais pas du tout à mourir. Je voulais simplement me changer les idées en me baladant un peu au bord de mer.

Qu'est-ce qui lui laissait penser que je voulais mourrir. C'était au contraire tout l'inverse, j'avait plus qu'envie d'avancer et de nous faire grandir. Alors pourquoi me regardait-il comme cela ?

  • Te changer les idées en allant nager tout habillée, sans maillot de bain, mais en prenant le temps de retirer tes chaussures, alors que la marée monte ?

Son ton, plein de reproche, exposa des faits dont la véracité mordante se ressentait dans l'habitacle, et il laissait apparaître toute l’ambiguïté de mes actions.

  • Je...je n'ai pas fais attention à la montée et ...

Je retins mes larmes, en fait, je n'avais pas envie de pleurer. Mais grâce à lui j'avais éviter la mort et je le comprenais pleinement. Pleine de reconnaissance, je voulus m'incliner devant lui, mais la proximité de nos corps me fit poser mon front contre sa clavicule.

  • Merci Kazu-chan...j'ai été bête. Merci d'avoir été là.

J'avais un nombre incalculable de fois joué avec la faucheuse et j'en était pleinement conscience pourtant a ce moment précis, je venais tout juste de me rendre compte de ma bêtise. J’enlaçai son torse de mes bras et me serrai contre lui. Je n'allais pleurer, c'est vrai, c'était idiot de pleurer pour ça. Je venais juste de me rendre compte de l'énorme bêtise que je venais de commettre et de pourquoi il c'était emporter comme cela.

  • Je te demande pardon ... pardon de t'avoir inquiété ...

Le contact de ses vêtements, trempés, comme les miens, offrait à mes doigts le plaisir de jouer avec la matière. Un t-shirt en cotton, un manteau en laine, un jean, une chaîne en argent à son cou, le grain de sa peau -- je remarquais qu'il avait le dos des mains rèches -- ses cheveux doux malgré l'eau qui en perlait. Puis ma respiration, la sensation agréable et vitale de sentir mes poumons se remplir, ma cage thoracique se mouvoir en rythme, sous ma chemise de soie, je vivais et je trouvais ça beau. Enfin, l'atmosphère : j'avais froid mais beaucoup moins qu'à mon arrivé dans la voiture, le chauffage, le manteau et Kazuma étaient un cocon confortable, le ciel gris se nappait d'un bleu sombre à l'arrivée de la nuit, quelques étoiles passaient faiblement la frontière des nuages, le bruit de l'eau, des vagues de l'océan qui s'écrasaient contre les rochers, et dont l'écume rejoignait le ciel dans un grand fracas, libre et séparé du reste des flots, avant que la gravité ne les rejoignent à nouveau... je vivais et j'aimais ça.

  • Rentrons, s'il te plaît.


Je disais vouloir rentrer mais le fait d'avoir retrouvé ce plaisir de partager un moment avec lui ne me quittais plus. Je voulais rester encore un petit peu comme cela, contre lui a retrouver la sensation que pouvais me procurer sa peau contre la mienne, redécouvrir la façon qu'il avait d'effleurer ma peau quand il me prenais contre lui. Sentir la force avec laquelle il me serrait tout contre lui. Sentir son regard ambrée de bienveillance sur moi. Je voulais pouvoir le toucher, effleurer sa peau pour découvrir les petit imperfections qu'il cachait. Jouer avec ses court cheveux brun épais et que j'avais passer du temps a coiffer par le passé. Toute c'est petites choses qui me faisait dire que j'étais bel et bien vivante et que je ressentais les même chose que lui. Je retrouvais après tout ce temps attendu, l'homme que j'aimais. J'étais heureuse.

  • Tu m'a tellement manqué ...

Il gromella quelque chose d'incompréhensible et je compris qu'il était inutile de continuer mes essais pour rendre cette situation romantique. Je me détachais doucement de lui, pour me redresser et m’installer correctement sur le siège passager et enclencher ma ceinture de sécurité. Un geste mécanique, presque automatique : la ceinture qui claque, le cliquetis de la boucle qui s’enclenche. Je laissais ma tête reposé contre l'appui tête, fermais alors les yeux, je senti mon corps se décontracter s'enfoncer dans le cuir des siège, mon corps lâchais prise. J'étais tellement soulagée qu'une fatigue vin envahir tout mon corps, qui me fit dormir durant tout le reste du trajet. Arrivée à la résidence, Kazuma posa une main douce sur mon épaule pour me réveiller. J'avais entièrement séchée, mais l'état de mes cheveux trahissait l'océan. J'allais prendre une douche avant d'aller me coucher, mais une fois au lit, je n'avais pas envie de dormir.

Je tournais dans mon lit, me levais pour me recoucher ensuite, me relevais une fois de plus pour tenté de me fatigué mais rien n'y fit. Je restait assise dans mon lit a regarder par ma fenêtre. J'avais encore du mal à réaliser ce qu'il m'était arrivé aujourd'hui. Un frissons d'inconfort me parcouru le corps en repensant au poid écrasant de l'eau présente dans mes poumons qui écrasait ma cage thoracique et de mon corps qui s'allourdissait sans que je puisse remonter. La lune était d'un bel éclat. Les draps propre mr réchauffait et je décidais de prendre un livre jusqu'à ce que le sommeil vienne me trouver.

Je m’installais sous mes draps, en sentant le sommeil m'envelopper, tirant sur ma grosse couette pour m'y enroulé et profiter de cette chaleur, douce et enveloppante qui réconfortait mon corps qui se relâchait peu à peu.

J’avais passé une nuit d’une telle douceur sans interruption, que ce n’est qu’en voyant la lumière filtrer doucement à travers les rideaux de ma chambre que j’ai enfin ouvert les yeux… à 10 heures passées. Je me redressais afin de m'étirer de tout mon long, baillant encore sous le coup du réveille. Je sortis ensuite de mon lit pour me passer de d'eau sur le visage pour bien me réveiller. J'observais un instant mon visage rosie par le froid de l'eau, dans la glace de ma salle de bain. J'étais bel et bien là, vivante. Et puis… ça me frappa.

Mes jambes se dérobèrent presque sous moi, comme si mon propre corps accusait le poids de ce que mon esprit n’avait pas voulu affronter jusque-là. Je m’agrippai au rebord du lavabo, incapable de bouger, incapable même de retenir le tremblement brutal qui me traversa. Mes yeux se brouillèrent et une première larme glissa sur ma joue, puis une autre, jusqu’à ce que je perde complètement le compte. Je réalisai pleinement la violence de ce que j’avais traversé.

Les souvenirs revenaient trop vite, trop fort. Sa voix. Ce qu’il avait signifié. Le choc dans son regard quand il m’avait trouvée. L’exaspération inquiète. Sa colère qu’il m'avait fait bien comprendre. Je repensai à ce moment au bord de la mer, à mes pieds dans l’eau, à cette envie absurde de me changer les idées… et à lui qui avait vu clair dans ce que je n’avais pas voulu admettre.

Je me rappelai aussi sa chaleur, la sécurité brutale que j’avais ressentie en m’accrochant à lui. J’aurais voulu fondre en larmes à ce moment-là, me laisser aller contre sa poitrine, me laisser retenir par lui comme je l’avais toujours fait avant… mais je ne m’en étais pas permis le droit. Je m’étais contentée de sa présence, de sa chaleur, après c'est 6 mois d'absence.


Je vivais, oui...mais J'avais imaginé mes retrouvailles avec Kazuma autrement qu'en l'inquiétante à cause d'une bêtises d'inattention... Non. Non je refusais de me mettre dans cet état...il me rappelait trop la moi adolescente... je me redressais avec peine, essuyais mes larmes et souris.

En sortant de ma salle de bain, je gagnais immédiatement mon bureau et me forçais à penser à autre chose.Je décidais de rattraper mon retard de la matinée au pas de course. Une fois assise à mon bureau, je répertoriais les dernières activités de la famille sur une carte interactive, une idée ingénieuse de Renjiro qui avait récupéré des documents officiels avec l'aide de Kai. Une chose me frappa, après plusieurs minutes : un trouble dans notre zone. Alors. Je décidais de me rendre moi-même sur place pour du repérage. C'était un quartier en périphérie de la ville, à quelques arrêts de métro d'une université.

Je mis une trentaine de minutes pour m’y rendre. Il était 11h et la rue commençais déjà a être bondé par les employés sortant de leur bureau et étudiants de leur facs. Annonçant le début des pose respectives de chacun. Les odeurs qui volait, venais me chatouiller les narines, qui rappelais mon oublie de petit déjeuner. Les gens affluaient en terrasse ou dans les parc alentours, chacun leur repas, cafés. Le soleil flottait haut dans le ciel, mélanger a la foule cela rendait l'atmosphère moite. J'évitais habilement, les passant me fofilant entre eux.

Les bâtiments qui jonchais le bas du centre, de vieux HLM des année 60, laissait voir leur petit défaut malgré les rénovations. Les boutiques au alentours, se mélangeaient. Les veilles non reprise avaient laisser leur place aux nouvelles. Certains habitué se réunisaient parlant un peu trop fort avec les patrons. Tout semblait banal et cette simplicité me rendais nostalgique. La moi d'avant, profitais d'un moment simple sans se soucier de rien. Alors que maintenant c'était l'inverse. Je pensais, trop.

Je m'enfonçais dans une petite rue. Le bruit des voitures y était moindre et les piétons également. L’endroit était agreste : de vieux lampadaires, de vieux pavé où mes chevilles ont failli se tordre je ne sait combien de fois. Une odeur de viennoiseries fraîche s’échappait d’une boulangerie, qui fit crié mon ventre famine plus fort que je ne l'aurais cru. Résigner je fit un détour pour me prendre un café, un pain au chocolat et un croissant au beurre pour apaiser ma faim, en marchant. Mon corps Se réchauffais a cet encas. Mon cœur restait en alerte, non par la foule qui s'appauvrissaient mais à l’idée que quelque chose clochait.

J’arrivais enfin sur place.

Je me baladais dans le quartier, à la recherche d'une planque. Mais les rues étaient trop grandes, les endroits trop huppés, trop petit, pas assez fréquentés... Puis, je restais devant une petite enseigne. Un bâtiment très moderne entre deux traditionnels. Par les fenêtres, je distinguais une petite salle cosy et un escalier. Un écrirai indiquait d'ailleurs "salle climatisé à l'étage". Je souriais en appelant Renjiro pour lui demander de me rejoindre. J'hésitais à faire de même avec Kazuma. Je décidais tout de même de lui envoyer un message. Un simple message, rien de plus. À lui de venir ou non, je ne voulais pas me prendre la tête de le ménager ou non.

Alors que j'allais appuyer sur "envoyer" j'envisageais aussi un appel. Bien plus sonore donc il était plus susceptible de l'entendre. Non. J'appuyais et rangeais mon téléphone. Après plusieurs minutes à attendre, Renjiro et Kazuma arrivèrent en même temps. Ils étaient venu en voiture et il quittait la résidence quand il reçu mon message et se joigniez à Renjiro. Nous entrâmes. Je m'asseyais aussitôt au comptoir en offrant un beau sourire au tenancier.

  • Bonjour.
  • Bonjour Mlle.
  • Je vois que vous avez déjà les codes.

Il me regarda sans comprendre. Sa réponse polie était devenue une source de question.

  • Je peux aller faire un tour en haut ? Ça ne vous ennuie pas ?

Je me levais et, sans attendre sa réponse, je montais à l'étage. Parfait. La même superficie que le rez-de-chaussée. Petit, discret, le lieu idéal pour échanger de la marchandise. En redescendant, je vis Kazuma et Renjiro postés devant l'escalier. Il empêchait le tenancier de monter.

  • C'est vous le patron ? Demandais-je
  • O-oui...
  • Vous ne devez pas avoir grand monde...une nouvelle enseigne dans une petite rue peu habitée...ça ne doit pas être évident.
  • E-Eh bien je...fais au mieux...haha...

Son rire était nerveux, il avait bien compris qui nous étions.

  • Alors je vous propose un marché. Discutons-en autour d'un verre. Une bière, pour moi.

Le cinquantenaire tout tremblant, nous invita alors a nous asseoir autour d'une table. Il me servis comme demandé ma bière et se servis un double wisky certainement pour faire passer son stress de ce retrouver dans cette situation. Il proposa quelque chose a Kazuma et Renjiro qui refusèrent poliment. L'homme avala sa salive après s'être pris une gorgé dans son verre pour se donner un peu de force.

  • Bien, je pense que nous pouvons commencer a discuter dis-je en buvant une première gorgée de mon verre avant de continuer. Je vais être brève, j'aimerais pouvoir me servir de votre établissement pour mes affaires.
  • Vous servir de mon établissement ? Mais je ... Vous me prenez un peu de court.
  • Allons, allons, je pense que notre proposition devrais vous intéresser. Voyez-vous votre commerce serait idéal pour une partie de notre business dans lequel nous faisons affaire. Discret, sans trop de vis-à-vis. Vous y aurez tout a y a gagnerez également. Votre établissement se fera un "nom" et il y'a fort a parié que la clientèle ne tardera pas a rappliquer.
  • Mais...c'est que...enfin je veux dire...
  • Vous permettez ? Demanda Kazuma en passant derrière le comptoir pour boire de l'alcool à même la bouteille. Pendant ce temps, Renjiro retira sa veste et devoila ses bras tatoués. Il le fixait droit dans les yeux.
  • Je...j-je ...enfin...je dois y réfléchir bien entendu...

Dans un grand fracas, Kazuma venait de laisser tomber sa bouteille.

  • Pardonnez ma maladresse. C'est un accident malencontreux, bien entendu.

Le tenancier se faisait tout petit.

  • Nous vous laissons y réfléchir dans ce cas. Oh ! Il se pourrait que vous receviez plus de clients que d'habitude cette semaine...bien entendu.

A ces mots, je me levais et quittais le bar suivi par Kazuma et Renjiro qui enfilait sa veste. Nous avons rejoint le parking, le hasard avait voulu que nous nous garions au même endroit.

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