Chapitre 55 - Sous les vignes de Honshū
Kazuma s'occupait de Kai. Saki lui avait laissé sa place et discutait avec Ema, à l'avant de notre groupe. Je m'était mis en retrait pour observer. Nous arrivions enfin au parking où nous nous étions garer et nous sindèrent en groupe après un bref salut pour se retrouver à la résidence. Ema c'était proposé de conduire étant donner qu'elle n'avait pratiquement rien bu. Kai était avec elle a l'avant. Kazuma et moi a l'arrière. Je me sentait quelque peu grogi avec ce que j'avais mangé et bu que je piquais du nez. Arrivés à la résidence, c'est en passant doucement sa main dans mes cheveux que Kazuma me réveilla. Un sourire errait sur mes lèvres, encore à moitié dans mes songes.
- Mh .... Merci Kazu-chan murmurais-je avant de m’extirper de la voiture, a ses côtés. Cette journée bien que très agréable m'avait complètement vidé sans compter qu'avec ce que j'avais mangé je ne comptais pas dîner ce soir. Je me dirigeais d'un pas lent jusqu'à ma chambre prendre une douche. Une fois dans ma salle de bain, je fis couler l'eau qui ne tardais pas à monter assez vite en température. Je laissait l'eau couler sur mon corps pendant une bonne bonne vingtaine de minutes voir même un peu plus, pour me vider la tête. Une fois changer en pyjama, je ne pu faire quelque pas avant de tomber comme une masse sur mon lit pour m'y rendormir.
Je ne pensais pas être autant fatiguée au beau milieu de l'après-midi. Mais ce repos fut bénéfique et j''eux de l'énergie jusqu'au jour de notre départ pour Niigata. La veille, j’avais revu une dernière fois l’itinéraire, vérifiant chaque étape du trajet. Je n’eus qu’à annoncer à tout le monde que nous partions le lendemain, et que tout avait été transmis concernant les plannings et les tâches à effectuer. Pour le reste, maman serait là en cas de besoin. Finalement, nous avions opté pour le train : même si la voiture offrait une certaine liberté, le trajet était trop long — plus de quatre heures —, et le Shinkansen nous y amènerait en seulement deux heures et quart. Nous avions prévu d'y aller suffisamment tôt pour ne pas avoir de problème en cas de pannes ou retard. Une fois installés dans le train, je sortis un livre et vis Kazuma en faire autant. Nous n'avions pas les mêmes libertés qu'en voiture où le dialogue aurait été possible. Je me voyais mal discuter des affaires de notre famille avec autant de personnes autour de nous, et des sujets plus futiles étaient inadaptés. Pour autant, ces deux heures me parurent bien courtes. Nous arrivions à la gare lorsque je terminais un chapitre très instructif sur l'histoire du pays. J'eus tout le loisir de poursuivre ma lecture lorsque Kazuma me demanda de l'attendre à la sortie de la gare, en gardant nos bagages. Après deux chapitres supplémentaires, il revint avec une voiture qu'il avait louée. Je n'avais pas pensé à cet élément.
Après avoir mis les valises dans le coffre, je m'installais a ses côtés place passager. Nous avions une trentaine de minutes à faire depuis la gare pour arriver à notre hôtel. Notre rendez-vous avec les familles qui possédait les terres agricoles qui nous intéressait n'était prévu qu'en début d'après-midi. J'avais garder mon guide ouvert a la page des vignobles de la région pour ne pas en perdre le fil.
- Notre hôtel est juste à côté de la mer ça va être agréable. Tu savais qu'elle joue un rôle clé dans le climat de Niigata. Apparement, elle adoucit les températures, limite les gelées hivernales et apporte une humidité bénéfique aux cultures. L'air marin doit jouer beaucoup sur leur vignes dis-je plein d'enthousiasme.
J'étais tout excité à l'idée de ce voyage. Bien évidemment ce voyage restait professionnel mais j'espérais quand même pouvoir visiter un peu les environs.
- C'est intéressant, répondit-il. On demandera au propriétaire le véritable impacte de l'air marin sur les vignes. S'il y a une grande différence, il va falloir le prendre en compte pour le vignoble d'Osaka.
- Oui.
Ne pouvant pas lire en voiture de risque d'être malade, j'avais mis un marque-page pour reprendre ma lecture à plus tard. Nous arrivions enfin à l'hôtel. C'était une grande bâtisse, en mélange entre une vieille auberge japonaise et des maisons plus modernes. Il n'y avait pas beaucoup de monde sur le parking, ce qui nous facilitait alors la tâche pour nous garer. Une fois cela fait, nous sortions de la voiture, attrapions nos valises, puis nous nous dirigions vers l’entrée de l’hôtel. Nous pouvions entendre la mer non loin de là. Le bruit des vagues et l'odeur du sel m'apaisais.
Kazuma s'avança vers le réceptionniste à l'accueil de l'hotel. Il n'avait pas prit un motel miteux. Le hall était somptueux et sobrement décoré. Il était classique et magnifique comme on peut l'imaginer d'un grand hôtel de luxe. Je ne lui avais posé aucune question sur le prix du séjour, mais à en juger par son emplacement et son aspect précieux, le clan avait du débourser une certaines somme.
- Nous avons ne réservation au nom de Hoshi.
- Bien sûr je regarde ça tout de suite... Oh je suis désolé, il a du se produire une erreur dans l'enregistrement des chambres...
- Quelle genre d'erreur ?
Je me rapprochais du comptoir, intriguée. En temps normal, ce genre d'établissement ne se trompait pas.
- Vous et votre femme êtes enregistrés dans deux chambres séparés. Je vais arranger ça tout de suite.
Kazuma posa sa main sur le comptoir.
- Laissez, il n'y a pas d'erreur. Ma femme et moi sommes ici pour affaire.
"Sa femme" pensais-je en entendant ses mots. Je restais silencieuse, mais un léger sourire m’échappa. Kazuma n’avait pas corrigé le réceptionniste, et cette petite omission me rendit étrangement heureuse. Je n’avais même pas imaginé qu’on puisse nous prendre pour un couple marié, mais l’idée ne me déplaisait pas. Adolescente, j’avais souvent rêvé d’un tel scénario, sans jamais oser y croire vraiment. Je repris mon sérieux après tout il avait raison nous étions la pour les affaires.
- Oh et bien s'il n'y pas d'erreur, voici vos clef de chambre, vous serez dans la chambre 413 pour vous madame et pour vous monsieur la 412 au 4 ème étage répondit-il soulagé en nous tendant nos clé magnétiques, en ajoutant quelque détails, nous parlant du petit déjeuner servis entre 6h30 et 10h30, déjeuner de 11h et 13h et le dîner de 19h et 22h.
Il précisa aussi que l'accès au jacuzzi s'effectuait avec la carte clef de nos chambres. Une fois dans l'ascenseur, je regardais Kazuma, un fin sourire aux lèvres.
- Kazuma ? Dis-moi une chose...nous sommes bien ici pour rencontrer des vignerons, rassure-moi...
Il penchait son visage tout près du mien, un sourire pleins de malice au lèvres, ce qui me surpris et reculait d'un pas me retrouvant dos au miroir de l'ascenseur, le visage pratiquement collé au sien. - Ont est effectivement bien là pour rencontrer les vignerons de cette ville. Est-ce le fait que je vienne avec ma femme qui est un problème ?
- Et, l'hotel luxueux, le paysage et le jacuzzi font aussi partis des affaires ?
- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles...
Il embrassa mon front et feint l'innocence en faisant mine de siffloter. Avant même que je puisse dire quoi que ce soit, nous étions déjà arrivés au 4ᵉ étage. Ma seule réponse fut mon visage rosit, preuve évidente qu’il se payait clairement ma tête avec ses sous-entendu. Il sortit de l’ascenseur sans m'attendre, et nous nous dirigeâmes tous les deux vers nos chambres respectives. La mienne était décorée dans un style anglais très chic. J'avais l'impression d'être plongée dans une enquête de Sherlock Holmes ou Hercule Poirot. Le canapé capitonné en cuir vert faisait écho à la tête de lit. Sur une eptite table basse en bois sculpté se trouvait un magnifique service à thé et le tapis de la salle de bain était en forme de moustache. Je déposait ma valise dans un coin et ouvris la baie vitrée qui donnait sur un petit balcon avec des grilles ayant un style anglais du 18eme. En face de moi, une vue magnifiques sur la mer et ses alentours. La chambre de Kazuma avait ce même petit balcon qui se tenait juste à côté du mien.
- Wow ! Le paysage magnifique ! Kazuma viens voir comme la vue est superbe ! M’exclamais-je en criant un peu trop fort.
Je ne m'attendais pas à des balcons mitoyen, Kazuma avait du choisir cette option exprès pour nous permettre de nous retrouver. Par chance, la troisième chambre attenante au balcon était inhabitée. Je détournais mes yeux de ce vaste paysage, attendant que Kazuma vienne me rejoindre. Mais il ne sortit pas de sa chambre. Que faisait-il ? Je quittai la baie vitrée pour rentrer dans ma chambre, la refermai derrière moi, puis allais frapper à la porte de sa chambre.
- Kazuma ?
Je frappais une deuxième fois, puis une troisième fois, un peu plus fort. Je retournais dans ma chambre, attrapais le combiné téléphonique et tentais de l'appeler, autant avec le téléphone de l’hôtel que mon portable. Devant ses réponses inexistantes, je pris place sur le canapé et réfléchis. Pourquoi ne répondait-il pas ? Faisait-il une sieste ? Ou bien était-il sorti ? Je regardais l’heure sur mon téléphone qui a affichais 12h20 nous avions rendez-vous à 14h30 avec les viticulteurs. Nous avions encore le temps, mais s’il était sorti, il aurait pu m’envoyer un message.
Je poussais un soupir. Sortir à l'approche d'un rendez-vous n'était pas sérieux de sa part. Je ne le reconnaissais pas dans cet acte. On toqua à ma porte. J'ouvris. Kazuma se trouvait devant moi, les cheveux mouillés, sa mine inquiète posa sur moi des yeux soudain interrogateur. - Rose...tout va bien ?
- Kazuma mais tu … t’es … t’étais en train de te doucher ? Ah … je me sens bête comme tu répondais pas, je pensais que t’étais aller faire un tour.
- Ah...je comprends.
Il y eut une minute de silence, lourde, pesante, bien plus longue qu'une minute. Kazuma, toujours dans l'embrasure de la porte, releva la tête.
- Je déteste l'odeur des transports.
- Je savais pas ...
Mon regard glissa sur ses épaules, puis sur les fines gouttelettes qui roulaient le long de son cou avant de s’infiltrer sous le col de sa chemise. L’étoffe, légèrement transparente là où l’eau l’avait alourdie, épousait les contours de ses clavicules. Une odeur de shampoing frais. J'entrouvrie la porte en plus grand pour y passer ma main et attraper son poignet.
- Viens, tu vas attraper froid, si tu restes comme ça, dis-je en le tirant a l'intérieur pour l'assoir sur mon lit. Je tirai une serviette du tiroir de la salle de bain, puis je m’assis derrière lui sur le lit pour lui passer doucement dans les cheveux. Kazuma ne scilla pas et se laissa faire. Il s'était vite préparé en pensant que quelque chose m'arrivait, je me voyais mal ne pas lui rendre la pareil.
- Je m'en voudrais si mon mari prenais froid par ma faute, dis-je avec un sourire tout en continuant de frotter délicatement ses cheveux encore humides. Puis, je m'amusais à ébouriffer ses cheveux dans tous les sens, il avait l'air de se réveiller d'une nuit de sommeil.
- E-eh !
Je ne pus m’empêcher d’éclater de rire en voyant sa réaction. - Oh, regarde-toi…, dis-je entre deux rires, amusée par son air complètement décoiffé. Sans lui laisser le temps de protester davantage, je continuai à ébouriffer ses cheveux dans tous les sens, mes doigts s’y perdant avec entrain.
- Rose ! Je ne vais pas être présentable pour notre rendez-vous ...
Il posa ses mains sur mes avants-bras, sans essayer de me dissuader d'arrêter mes mouvements. Je laissai échapper un petit rire.
- Ont a encore le temps ... Et puis ce petit côté débrailler te rend irrésistible. J'aime quand tu ne te prends pas trop sérieux dis-je en continuant de le caresser du bout des doigts.
- C'est en pensant avoir le temps qu'on arrive en retard, Rose. Je n'ai pas envie que ma femme sois en retard.
Je retirais lentement mes mains de ses cheveux, laissant mes doigts glisser une dernière fois dans ses mèches comme pour prolonger encore un peu ce moment. Je le regardais avec un sourire amusé.
- Que mon mari est sérieux, d’accord, tu a gagné, j’arrête.
Kazuma se leva et repartit dans sa chambre. Je profitais de ce laps de temps pour me changer et opter pour quelque chose de plus sérieux et en même temps adapté aux vignes. Ensuite, j'allais attendre Kazuma devant sa porte. Je ne l’attendis que très peu de temps. À peine quelques instants plus tard, nous quittâmes l'hôtel pour nous diriger vers le parking afin de prendre notre voiture. Une fois installés nous prîmes la route sans tarder, sur les hauteurs de la ville, là où se trouvais les vignes en question. En une quinzaine de minutes à peine, les rues animées cédèrent la place à des routes plus calmes, légèrement en pente. Les bâtiments disparaissait petit à petit, remplacés par des collines verdoyantes, des maison traditionnelle et de beau paysage. Assez proches pour rester accessibles, mais suffisamment en hauteur pour offrir une bonne exposition a celle-ci et qui donnais l'impression d'être isolée.
- C’est vraiment magnifique… Je crois que je comprends pourquoi certaines personnes choisissent de quitter la ville pour s’installer à la campagne.

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