Extrait n°5 du corpus

13 minutes de lecture

Extrait du Précis « Observation des peuples de la surface »
Faculté d’ethnologie appliquée, Université souterraine d’Amarinthe
édition destinée aux étudiants de première année
commentée par le professeur Taevi, Maître d'ethnologie comparée

An 487 de l’Âge de la Méthode, Temps des Comparaisons

  « [...]

1. Principes généraux d'observation des surfaciens

1.1. Cadre et finalité de l’observation

Le présent précis vient en complément des enseignements d’ethnologie comparée dispensés au premier semestre.

Son objectif est de fournir aux étudiants appelés à participer à des missions de terrain dans les tunnels supérieurs un rappel des principales caractéristiques morphologiques des espèces intelligentes de la surface.

Les aspects culturels, sociaux et religieux de ces peuples font l’objet des enseignements spécialisés que vous avez déjà suivis.

1.2. Précautions méthodologiques

Les descriptions suivantes doivent être considérées comme des indications générales et non comme des règles absolues. Comme l’ont rappelé vos professeurs, à juste titre, les peuples de surface présentent une variabilité biologique sensiblement plus importante que la plupart de nos espèces cavernicoles.

Les étudiants en licence de langues surfaciennes ne devraient pas rencontrer trop de difficultés à communiquer ; pour les autres, un usage correct du Continental est recommandé. Ceux qui parmi vous auraient délaissé leur apprentissage des langues étrangères devront être accompagnés par un camarade moins paresseux. À part quelques savants curieux de notre monde, les peuples de surface ne parlent pas le lumène.

1.3. Traits morphologiques communs des surfaciens

Comme nous, ils sont vertébrés, à sang chaud, et présentent une symétrie corporelle.

Cette symétrie est certes moins exacte que la nôtre, mais leur organisation verticale, que vous connaissez sous le nom de plan sagittal, devrait rapidement vous mettre à l’aise. Ils possèdent un avant et un arrière, une droite et une gauche, une face dorsale et une face ventrale.

Leur tête abrite le cerveau et les principaux organes sensoriels :

> deux yeux,

> deux oreilles (rondes, ovales, pointues ou parfois réduites à un simple orifice),

> deux narines situées sous un nez cartilagineux et au-dessus d'une bouche peu ou prou similaire à la nôtre, ou directement sur la partie supérieure d'un bec (extrémité cornée et plus ou moins saillante composée de deux mandibules articulées l'une sur l'autre, servant de bouche).

Leur corps comprend généralement deux membres supérieurs (bras ou ailes) et deux membres inférieurs (jambes ou pattes), reliés à un tronc contenant les organes vitaux et les viscères.

Vous pouvez raisonnablement supposer que leurs organes et appendices remplissent des fonctions comparables aux nôtres.

1.4. Exception : le cas des Sylvans

Tout ceci bien sûr ne concerne pas les Sylvans, comme vous pourrez le constater à la lecture de leur description.

2. Notice descriptive des principales espèces intelligentes de la surface

2.1. Les Rochelins

Les Rochelins sont des surfaciens adaptés aux environnements montagneux. Leur population dépasse les dix millions, ce qui en fait le peuple le plus nombreux du Continent.

Comme nous, ils sont bipèdes. Ils appartiennent toutefois à la classe des mammifères.

Leur taille moyenne oscille entre 1,40 et 1,60 mètre, inférieure à celle des Hóms, mais leur morphologie est sensiblement plus compacte. Leur ossature dense ainsi que leur musculature épaisse leur confèrent une force physique proportionnellement optimale pour leur stature réduite.

Les Rochelins présentent également une grande diversité de corpulences, phénomène que certains chercheurs attribuent à leur alimentation riche et très diversifiée depuis des millénaires.

La couleur de leurs iris diffère d'un individu à l'autre (bleu, vert, ambre, marron), mais, le plus souvent, elle reste dans les nuances claires. Leur conjonctive est blanche, leurs oreilles rondes. Leur tête est généralement très poilue, aspect qui surprend souvent nos observateurs peu habitués à une pilosité aussi abondante. Chez les rochelins (mâles) comme chez les rochelines (femelles), on constate le plus souvent une longue chevelure, nattée avec soin, ainsi qu’une pilosité faciale fournie : barbes, moustaches, favoris, boucs... tous ces termes vous deviendront plus familiers une fois que vous aurez rencontré quelques spécimens.

La texture de leur peau est souvent décrite comme particulièrement lisse, parfois comparable à celle d’une pierre polie. Chaque individu a une couleur de peau homogène ; toutefois, selon les sujets, les teintes observées varient considérablement, du gris pâle au brun sombre, en passant par des nuances ocre ou bleuâtres. Ne soyez pas surpris par ce nuancier. Ils ne sont pas malades, juste formidablement divers.

Ils sont connus pour leur pudeur. Ils s'habillent des pieds jusqu'au cou avec des étoffes de couleurs neutres voire avec des pièces d'armure forgée. Vous ne verrez probablement jamais davantage que leurs mains et leur tête (à supposer qu'ils ne portent pas de gants ou de casque intégral).

Certains Rochelins naissent héliophtalmes ou mages. On en trouve trace dans les archives commerciales rochelines depuis plusieurs Âges.

Note marginale du professeur Taevi : Les marchands-archivistes Rochelins sont d'une précision sublime lorsqu'il s'agit de consigner les particularités génétiques susceptibles d'affecter le déroulement des pourparlers et la validité de leurs contrats.

2.2. Les Hóms

2.2.1. Caractéristiques générales

Les Hóms sont moins nombreux que les Rochelins, environ quatre millions d’individus. Leur reproduction demeure cependant difficile à suivre avec précision, en raison de la durée très courte de leur gestation, qui n’excède pas neuf mois.

Ils constituent néanmoins l’espèce la plus largement répandue à la surface du Continent.

La morphologie générale de ces mammifères bipèdes se caractérise par une stature droite, deux bras et deux jambes, une pilosité capillaire abondante et des oreilles ovales.

La taille adulte varie généralement entre 1,60 et 1,90 mètre (bien que certains spécimens puissent être plus petits ou plus grands), ce qui est légèrement supérieur à la nôtre.

La peau des Hóms présente une grande diversité de bruns, allant du sombre au très clair.

Le dimorphisme sexuel est aisément observable entre les sujets femelles, appelés hómines, et les sujets mâles, appelés hóms. La pilosité corporelle et la musculature des hómines sont moins importantes. Leurs hanches sont plus larges pour faciliter l'enfantement, connu pour être très douloureux : le volume crânien des nouveaux-nés est en effet substantiel. À noter que les cas de mort en couche sont plus fréquents chez cette espèce que chez les autres. Enfin, le torse des hómines est doté de deux mamelles produisant du lait destiné à nourrir leurs petits, à l’instar de certaines espèces cavernicoles mammifères, telles que les Altaupes, bien que ces dernières possèdent huit mamelles.

Note marginale du professeur Taevi : Vous avez bien lu. Leurs petits, au pluriel. Bien que la récurrence soit faible, les hómines peuvent porter plusieurs fœtus à la fois ! Deux petits issus du même enfantement sont appelés des jumeaux, trois des triplés, quatre des quadruplés, et ainsi de suite (le record documenté est toutefois de cinq, donc vous arrêterez votre décompte à quintuplés). Pourquoi des jumeaux et non des doublés ? Nous l'ignorons.

Les Rochelins et les Tarquins femelles possèdent également deux protubérances lactantes sur le torse, mais celles-ci sont généralement de dimensions plus modestes que celles des hómines.

Il convient enfin de signaler que certains Hóms naissent héliophtalmes ou mages. Bien que ces individus soient peu communs, presque autant que les Hóms blonds ou roux (une pilosité variant du jaune clair au cuivre), leur présence est attestée dans la plupart des populations.

2.2.2. Caractéristiques des individus sédentaires du sud-ouest

Les Hóms sédentaires des fiefs du sud-ouest du Continent ont une diversité physique beaucoup plus marquée que leurs cousins nordiques. Ils peuvent être :

> grands ou petits,

> minces ou corpulents,

> de peau claire ou foncée,

> d'iris de couleurs diverses (quoique la conjonctive soit toujours blanche), telles que le marron, le noir, parfois le bleu et très rarement le vert,

> cheveux lisses ou texturés et de couleurs variées (noir, brun fondé, brun clair, très exceptionnellement blond ou roux).

Cette diversité est probablement due aux nombreux mélanges de populations dans les régions agricoles.

Note marginale du professeur Taevi : Les Hóms sédentaires ont une diversité morphologique si importante que les étudiants novices ont parfois l’impression d’observer plusieurs espèces distinctes. Cette confusion disparaît généralement après quelques semaines de terrain dans les tunnels supérieurs, lorsqu’ils constatent que les Hóms eux-mêmes se montrent parfaitement capables de distinguer leurs semblables sans l’aide d’un traité d’anatomie comparée.

Les Hóms du sud-ouest sont moins pudiques que les Rochelins ; ils ne prendraient pas offense que vous voyiez leurs bras ou leurs jambes nus, par exemple. Ils sont tout de même, le plus souvent, vêtus intégralement, à l'exception de leurs mains et de leur visage. Ils portent des vêtements amples, adaptés au climat doux à chaud des fiefs agricoles. La tête est le support de couvre-chefs divers, tels que des foulards ou des chapeaux, parfois de paille (tige de végétaux céréaliers), pour se protéger du soleil.

Leur peau est suffisamment résistante pour permettre de vivre confortablement à la surface, mais elle peut subir, surtout chez les spécimens à la peau claire, des brûlures causées par les rayons du soleil. Cela implique une exposition prolongée qui serait fatale pour n'importe quel Sombrelis.

2.2.3. Caractéristiques des individus nordiques

Les Hóms nomades du Nord (Nivuuq et Kajik) ont une constitution robuste adaptée au climat septentrional. Ils sont plus petits que leurs cousins sédentaires.

Leur apparence physique est plus homogène que celle des Rochelins ou des Hóms des fiefs agricoles : un visage large aux pommettes hautes, des yeux noirs (conjonctive blanche) en amande, protégés par un pli épicanthique, et un nez court.

Leur couleur de peau et leur pilosité capillaire sont aussi relativement homogènes :

> Bien qu'ils vivent depuis des millénaires sur des terres peu exposées à l'ensoleillement (ce qui devrait suggérer une couleur de peau plus claire), les Hóms nomades ont une peau d'un brun cuivré. Les naturalistes ne s’accordent pas sur l’origine de ce phénomène. Certains, notamment nos collègues de l'université de la colonie d'Elisya, l’attribuent à leur alimentation extrêmement riche en graisses de phoque et de baleine (cf. vos cours de zoologie de la surface) ; d’autres pensent qu’il s’agit d’un héritage millénaire.

> Leurs cheveux sont noirs ou brun foncé, et lisses.

Il existe peu de voies sombrelises sous les steppes. Les nomades entrent donc rarement en contact avec notre peuple, mais, si vous avez la chance d'en rencontrer, ne soyez pas trop déstabilisés par votre première impression. On pourrait s'y méprendre, mais ils ne sont pas poilus comme des bêtes ! Les poils qu'ils vêtissent sont en réalité des vêtements conçus avec de la fourrure d'animaux. Ils portent, par dessous, des vêtements en laine.

Un tel accoutrement serait suffoquant pour n'importe lequel d'entre nous, mais saviez-vous que les températures de leurs territoires surfaciens ne dépassent pas les 10 degrés en été ? Quant aux températures hivernales, elles sont constamment négatives.

2.3. Les Tarquins

Les Tarquins constituent une espèce mammifère en déclin.

Ils se distinguent aisément par leur grande taille (entre 1,90 et 2,15 mètres en moyenne) et leur musculature particulièrement développée.

Ces caractéristiques physiques, associées à leur endurance et à leur faibles besoins en temps de sommeil, expliquent probablement pourquoi certaines civilisations de surface les ont utilisés comme combattants au cours des derniers siècles.

Leur nez est court et légèrement retroussé. Leurs yeux présentent une similarité avec les nôtres : l'iris et la conjonctive sont d'une même couleur. Ils ne sont toutefois pas blancs, mais noirs. Leur regard pénétrant est probablement la première chose que vous remarquerez, une fois passé votre choc à la vue de leur masse corporelle titanesque.

Ils présentent un autre trait commun avec nous : leurs oreilles sont pointues à l’extrémité supérieure. Les nôtres sont plus petites, mais la ressemblance est significative.

Leur mâchoire inférieure est plus avancée que celle des Hóms et des Rochelins. Deux canines particulièrement développées émergent de cette mâchoire et dépassent la lèvre supérieure chez l’adulte. Leur dentition leur permet de se nourrir d'une grande variété d'aliments, et même de viande crue.

La couleur de leur peau n'est pas homogène : une teinte principale (souvent ocre ou noire) sur laquelle apparaissent des variations chromatiques appelées pantonites (le plus souvent d'un brun foncé ou tirant sur le rouge). Ces pantonites forment des motifs parfois très surprenants autour des yeux, sur le torse et sur les membres. Ces motifs constituent un critère esthétique particulièrement apprécié par les individus étudiés.

Leur relative insensibilité à la lumière du soleil a probablement influencé leurs habitudes vestimentaires. Ils sont fréquemment vus les jambes et les épaules nues.

Aucun héliophtalme ni mage n’a jamais été observé parmi ce peuple.

Les étudiants doivent impérativement retenir que les Tarquins présentent une singularité cognitive : ils sont incapables de mentir ou de détecter les mensonges. Ainsi, si vous leur annoncez que vos oreilles sont rondes (hypothèse délibérément saugrenue), ils vous croiront et pourront même remettre en question leur propre définition de ce qui est rond.

Note marginale du professeur Taevi : Veuillez ne pas tirer avantage de cette particularité cognitive lors de vos échanges, ce serait une faute académique passible d'une notation nulle.

2.4. Les Sylvans

Les Sylvans sont des êtres primordiaux dont la morphologie diffère radicalement de celle des espèces vertébrées.

Ils ne sont ni mammifères, ni même vertébrés ; ils constituent leur propre classe biologique. Ils sont agenrés et leur reproduction est asexuée.

Leur apparence varie davantage que toutes les autres espèces dites intelligentes. Certains individus prennent la forme de structures végétales mobiles de petite taille, tandis que d’autres ressemblent à de grandes formations ligneuses capables de se déplacer lentement.

Leur corps est composé de tissus végétaux irrigués par une sève interne. Ces tissus présentent des similitudes avec certaines flores cavernicoles des zones riches en bioélectricité, bien que leur structure soit beaucoup plus complexe. Au lieu d'un cerveau centralisé dans une boîte crânienne, les derniers travaux de notre département de phytobiologie surfacienne suggèrent l'existence de milliers de veines bioélectriques adossées à leurs réseaux de sève, où les informations circuleraient de la même manière que dans le cerveau d'un vertébré. Cette hypothèse continue d’alimenter les recherches de notre département des sciences bioélectriques.

Les Sylvans sont capables de s’ancrer temporairement dans le sol ou de fusionner avec des végétaux pendant de longues périodes. Les mécanismes exacts de cette interaction symbiotique restent mal compris par nos chercheurs.

Ils sont capables de communication verbale, grâce à des cavités internes et des tissus mous destinés à la création de sons. Plusieurs témoignages suggèrent toutefois qu’ils privilégient d’autres formes d’échange, possiblement liées aux vibrations de leurs ramages ou à des phénomènes encore mal identifiés.

Note marginale du professeur Taevi : Plusieurs collègues rochelins contestent encore ce point, bien que leurs propres expéditions forestières aient rarement dépassé les premières racines des Clairières sylvanes.

Ils ne portent aucun vêtement, mais ils ont été vus ornés d'oiseaux et d'insectes aux couleurs chamarrées, ce dont ils semblaient tirer un certain orgueil.

Comme tous les êtres primordiaux, ils ne comptent aucun héliophtalme ou mage connu.

Les étudiants sont invités à éviter de toucher les individus Sylvans sans leur consentement explicite. Plusieurs incidents regrettables ont été documentés à l'occasion des premières expéditions académiques sous les forêts peuplées par les Sylvans.

Note marginale du professeur Taevi : Les Sylvans étant par ailleurs hautement susceptibles par nature, il est recommandé d'éviter toute forme de boutade en leur présence. Certaines expressions surfaciennes (par exemple « Salut vieille branche », cf. vos cours de langue continentale appliquée aux interactions surfaciennes) semblent provoquer chez les Sylvans une réaction que certains témoins ont décrit comme une volée de bois vert.

2.5. Les Avaris

Les Avaris sont de grandes créatures volantes vivant dans les régions les plus reculées des monts des Griveldes.

Ils sont ovipares (ils pondent un unique œuf, tous les dix à quinze ans) et leur reproduction est sexuée.

La morphologie de ces vertébrés évoque celle de grands prédateurs aériens décrits dans les précis de zoologie surfacienne. L’espèce qui s’en rapproche le plus d’un point de vue morphologique est celle des éperviers noirs (cf. vos cours de zoologie de la surface), quoique leur boîte crânienne soit plus volumineuse ; nos récentes études confirment que c'est dû à la taille développée de leur cerveau.

Leur corps est couvert d’innombrables structures légères attachées à la peau. Chacune de ces structures est composée d’un tube central rigide, à partir duquel se déploient de fines ramifications latérales disposées de part et d’autre selon une organisation remarquablement régulière.

Les observateurs surfaciens désignent ces structures sous le nom de plumes. Chez les individus adultes, elles sont noires et bordées d’un liseré doré. Les juvéniles présentent quant à eux un plumage tacheté de gris.

Ces plumes sont plus longues et résistantes au niveau des ailes ; elles sont indispensables au vol car elles assurent la portance aérodynamique. Leurs ailes diffèrent donc beaucoup des espèces volantes souterraines, dont les ailes sont quant à elles constituées d’un patagium (membrane de peau souple traversée par un fin réseau de muscles, qui relie les doigts au corps).

Les ailes des Avaris, d'envergure importante (entre 3 et 3,50 mètres chez l'adulte), constituent leurs membres antérieurs. Dressés sur leurs membres postérieurs rehaussés par de puissants ergots (pointe recourbée située à l’extrémité du tarse), les individus adultes dépassent aisément la taille d’un enfant sombrelis d’une cinquantaine d’années.

Bien qu'ils ne l'utilisent pas à des fins matérielles ou savantes, leur intelligence paraît très élevée. Leur mode de communication repose cependant principalement sur des phénomènes télépathiques encore mal compris.

À ce jour, seules deux rencontres entre cette espèce et la nôtre ont été documentées. Vous seriez extrêmement chanceux d'en rencontrer un spécimen ! Les rapports de terrain les concernant sont rares. Ces êtres sont difficiles à localiser et plus encore à étudier suffisamment longtemps pour permettre des conclusions scientifiques satisfaisantes.

Les rapports suggèrent qu’ils possèdent une sensibilité aux phénomènes bioélectriques du Continent.

Ils n’ont jamais été observés vêtus. Leur plumage semble leur suffire.

Note marginale du professeur Taevi : Les Rochelins affirment depuis longtemps entretenir avec les Avaris des relations anciennes et régulières. Il appert toutefois de l'analyse comparée de leurs allégations que les descriptions qu’ils en donnent changent sensiblement d’un observateur à l’autre, et parfois d’une taverne à la suivante. Je préconise de considérer ces témoignages avec la prudence scientifique qui s’impose lorsqu’une source paraît plus familière des récits de voyage que de l’observation méthodique.

3. Conseils pratiques à l'usage des étudiants

Les étudiants sont invités à se souvenir qu’un principe fondamental de l’ethnologie demeure valable dans toutes les situations : un individu ne représente jamais à lui seul l’ensemble de son peuple.

Les généralisations excessives constituent la principale cause d’erreurs dans les études de surface. Il est déjà suffisamment complexe de filtrer les appréciations personnelles des surfaciens que nous mandatons pour les études de terrain, ces derniers ayant parfois la fâcheuse tendance à confondre analyse scientifique et récit de taverne. Évitez donc à tout prix d’ajouter ce biais supplémentaire.

Les Sombrelis eux-mêmes ne sont pas toujours exempts de généralisations hâtives lorsqu’ils observent les peuples de surface pour la première fois.

Note marginale du professeur Taevi : Rappelez-vous : la science, rien que la science !

Les étudiants souhaitant approfondir ces questions sont invités à consulter les travaux du professeur Taevi, dont les analyses demeurent, malgré certaines réserves méthodologiques exprimées par nos collègues rochelins, parmi les plus rigoureuses disponibles à ce jour. Sont notamment disponibles dans son bureau des planches anatomiques à l'échelle 1/1 qui vous permettront de vous familiariser de façon encore plus directe avec leur morphologie.

Note marginale du professeur Taevi : N'oubliez pas d'enfiler votre filtre nasal avant d'entrer dans les tunnels supérieurs ! Ou vous n'en reviendrez pas indemnes. »

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