28 - Une lutte sur deux fronts
Lorsque le Chant toucha à sa fin, les dernières notes s’élevèrent vers le ciel nuageux et s’estompèrent dans les nuées.
Un silence les garda tous là un instant : immobiles, le cœur apaisé. Quelques nomades, émus, se frottèrent les yeux. Même les plus virulents semblaient avoir trouvé une forme de quiétude dans ce rappel de ce qui les unissait.
Face à face, encore essoufflées, Sakari et Ankora se tenaient par les mains. L’éleveuse se pencha ensuite pour poser son nez et sa lèvre supérieure contre la joue ridée de la chamane, inspirant doucement. Ankora ferma les yeux et laissa échapper un rire. Lorsqu’elles écartèrent leurs visages, leurs regards se retrouvèrent, empreints d’une complicité renforcée par le Chant qu’elles venaient de partager.
Aidée par son apprenti, Ankora s’éloigna retrouver son tabouret.
Sakari attendit qu'elle fût assise avant de reprendre la parole. Sa voix, encore rauque du Chant, ramena doucement l’assemblée à la réalité :
« Mes chers amis… nous devons aller à l’essentiel. Nous nous inquiéterons de l’hiver plus tard. Aujourd’hui, que décidons-nous ? »
Un délégué d’une tribu de l’Ouest, vêtu d’une tunique brodée de motifs pointus, se leva. Ses gestes frémissaient encore de l’émotion que le Chant lui avait suscitée.
« Si cette maladie continue de se propager, l'implantation actuelle des enclos représente une menace pour l’ensemble du campement. Nous devons éloigner davantage les bêtes malades. »
Dans son dos, un hóm plus âgé se mit debout et vint se placer à ses côtés.
« Mon fils a raison. Il faut espacer les enclos sains, tripler la fréquence des inspections et limiter les contacts entre les éleveurs et les autres membres des tribus. Je ne souhaite pas offenser nos éleveurs, mais si la maladie peut se transmettre aux Nivuuq… il vaudrait mieux déplacer quelques huttes et leur monter un bivouac temporaire, au bas de la colline. »
Ses paroles tombèrent comme un couperet. La sérénité inspirée par le Chant se dissipa d’un coup. Les nomades chuchotèrent entre eux. Certains opinaient du chef. Des expressions scandalisées venaient de durcir de nombreux visages. D’autres échangeaient des regards d’inquiétude.
L’artisan de l’Est, qui s'était déjà emporté plus tôt contre Sakari, éclata, brûlant comme un tison.
« Tu n’es pas sérieux ! » lança-t-il en se redressant brusquement. « Tripler les inspections ? Les éleveurs travaillent déjà jusqu’à l’épuisement ! Certains tiennent à peine debout ! »
Un grognement sourd retentit dans le torse d’Itaq, et Anka aperçut, dans sa vision périphérique, le hochement de tête approbateur de Nuqa.
« Et maintenant, tu suggères de les isoler ? » reprit l’artisan, la main plaquée contre son torse dans un geste outré. « Un Nivuuq privé des siens n’est plus un Nivuuq ! »
Des huées montèrent, mêlées aux protestations. Dans le cercle comme dans la foule, les voix se divisèrent. Certains soutenaient la proposition, d’autres la rejetaient avec véhémence, tant elle heurtait de front leur vie communautaire.
Les échanges menaçaient à nouveau de basculer en disputes ouvertes. Sakari se prit la tête dans les mains, lasse.
Ankora leva une main tremblante. Malgré sa fragilité, l’autorité subtile de ce geste parvint à percer le tumulte. Petit à petit, les délégués s’apaisèrent. Un silence attentif s’installa.
« Une solution existe peut-être », déclara Ankora, sa voix lente et mesurée tranchant avec le chahut précédent. « Mais elle n’est pas ici. »
Tous les regards se tournèrent vers elle.
« Par-delà les cascades qui bordent les steppes de l’Ouest », poursuivit-elle, « nos ancêtres troquaient parfois des écailles de Quma’roq contre des plantes médicinales avec les nomades des rives du Fleuve Bleu. Leurs chamans pratiquent la magie. La tribu-sœur frontalière de l'Ouest a vu son troupeau résister longuement à la maladie. Peut-être que quelque chose là-bas, des plantes inconnues ou l’influence des Paumes¹⁰, a renforcé ces bêtes. Nous devons aller à la rencontre de nos voisins et leur demander leur aide, qu’elle vienne de leur savoir ou de leur magie. »
Une chape de murmures confus s’abattit sur la foule. L’idée d’une expédition au-delà de leurs territoires, sur des terres certes nordiques mais pas moins étrangères, semblait trop audacieuse. S’en remettre à des mages leur inspirait en outre une crainte instinctive. Les Nivuuq enfantaient parfois des Siqinijiq, mais la magie ne coulait pas dans leurs veines. Ils n’avaient jamais donné naissance à des Paumes, ou, s’ils l’avaient fait un jour, il n’en restait aucune trace dans le Chant.
Itaq serra brièvement le bras d’Anka, protecteur et incertain.
« Des Paumes… » murmura-t-il, se remémorant les récits à leur sujet.
La posture d’Anka se raidit. Elle n’avait jamais rencontré de mage, mais elle connaissait le fardeau de la différence. Elle se demanda si, comme les Siqinijiq, ces Paumes offraient leur vie aux leurs et si leurs dons leur valaient le respect ou la crainte de leur communauté.
Un délégué au regard sévère, issu d’une tribu de l’Est, exprima ses doutes.
« Ces terres sont Kajik, pas Nivuuq. Nous ne connaissons pas les nomades qui y vivent. Et nous ne parlons pas la même langue ! Je ne doute pas qu’ils connaissent bien les plantes médicinales de leurs territoires… mais que ferons-nous s’ils refusent de nous aider ? Ou s’ils retournent leur magie contre nous ?
— Alors il faudra rebrousser chemin », répondit Ankora, « et trouver par nous-mêmes ce qui a protégé ces rennes. Nous n’avons guère d’autre choix. »
L’assemblée s’enfonça dans un silence méditatif. Chacun mesurait les risques et les possibilités. Petit à petit, l'idée s'imposa dans les esprits comme une évidence douloureuse.
Nanooq se redressa d’un mouvement fluide, son manteau en fourrure d’ours polaire captant immédiatement l’attention. Il avança d’un pas. Ses bras s’ouvrirent pour accompagner sa voix.
« C’est une bonne idée. Nos voisins Kajik comptent des Paumes parmi eux, mais ils élèvent les rennes comme nous. Si c’est bien un cœur nomade qui bat dans leurs torses… ils accepteront de nous aider. »
Une lueur différente apparut dans les yeux des Nivuuq. Quelque chose de bien plus puissant que la peur, le chagrin ou la colère.
Nanooq perçut ce changement. Ramenant ses bras le long de son corps, il prit un air plus grave. L’ombre de ses sourcils froncés lui barra les yeux ; le blanc de son œil aveugle devint gris.
« Mais que chacun comprenne bien : si nous décidons de faire ce voyage, il sera long et périlleux. Il faudra contourner les cascades meurtrières gonflées par l’été et traverser des terres peuplées de Quma’roq. Rien ne garantit que ceux qui partiront reviendront avec des réponses… ni même qu’ils reviendront tout court. »
Les délégués et les autres nomades restaient cois, rendus muets par la perspective d’un tel périple. Les Nivuuq étaient un peuple audacieux, ce que leurs longues migrations et leur vie dans les terres hostiles du Nord confirmaient sans peine. Une telle entreprise était toutefois hautement risquée, flattant davantage la témérité que le simple courage.
Anka vit la réaction de Qovir. Il fixait un point invisible, absorbé par ses pensées. Il calculait les risques de cette mission. Des réflexions similaires emplissaient son propre esprit, qu’elle traitait toutefois d’une façon plus froide et pragmatique.
Sortant un instant de sa réflexion, Qovir observa la foule et croisa le regard d’Anka. Il détourna presque aussitôt les yeux.
Nanooq scrutait de son œil noir chacun des visages autour de lui. Les délégués n’émirent aucune objection cette fois.
« Bien sûr, pour une telle aventure… il faudra des volontaires », déclara enfin Nanooq.
Ses derniers mots se dissipèrent dans le silence. Les nomades hésitaient.
Roqa contemplait le braséro avec une fixité méditative. Il avait le regard rivé sur le chatoiement des braises, à la recherche d’un murmure des ancêtres. Les lueurs dansantes se reflétaient sur le noir de ses iris.
Soudain, son expression changea. Il se leva, ses lanières de tissu bleu ondulant autour de lui et, d’un geste ample de la main, il s’adressa à l’assemblée.
« Les délégués proposeront des noms. Des Nivuuq issus de tous les collectifs, parmi les plus aptes pour une telle expédition. Concernant les éleveurs, il faut que nous fassions preuve de précaution : seuls ceux restés à l’écart des animaux malades au cours des derniers cycles pourront être sélectionnés. Et bien entendu, la décision finale appartiendra à ceux qui seront appelés. »
Nanooq confirma :
« Nous ne forcerons personne. »
L’auditoire se détendit.
La Porte-voix des baies tumultueuses de l’Est échangea quelques mots en hâte avec les délégués de sa tribu, puis se mit debout.
« Il faudrait une vingtaine de voyageurs, au minimum. Ils devront rejoindre les terres Kajik à pied. Cela va allonger la durée du voyage, mais il est trop risqué de partir à dos de rennes. »
Elle s’interrompit un instant, songeuse et inquiète.
« Ils seront livrés à eux-mêmes pendant de longs cycles... »
Roqa posa ses poings sur ses hanches, bombant le torse.
« C’est un mal nécessaire. Si nous n’agissons pas, il n’y aura bientôt plus de rennes ni de tribus à protéger. Ceux qui resteront devront lutter pour la survie des rennes et la nôtre, jusqu’au retour de nos courageux voyageurs. »
Ses bandes de tissus prirent une teinte violacée dans la lueur du braséro. Il baissa le menton, concluant d’un ton solennel :
« Telle sera notre épreuve. Une lutte sur deux fronts. »
Restée muette depuis le début du conseil, Latika, la déléguée Siqinijiq, lâcha soudain :
« D’indécrottables optimistes, voilà ce que vous êtes ! »
Elle se leva avec la souplesse d’un prédateur, sa longue chevelure noire de jais dévalant ses épaules.
Ses Yeux-Soleil se rivèrent sur Roqa :
« Si cette expédition échoue, combien de temps pourrons-nous tenir ici ? Les réserves sont limitées et les proies finiront par fuir si nous chassons trop. »
Puis elle se tourna vers Nanooq, avec une expression d’une froideur sublime :
« Tu es bien naïf, Inuviq de la tribu-hôte, si tu penses que nous tiendrons jusqu’à l’hiver en nous contentant des ressources des steppes. »
Nanooq joignit ses mains dans son dos, sortant le torse.
« J'en suis bien conscient, Latika.
— Il faudra abattre des rennes sains, peut-être deux, voire trois fois plus souvent que d’habitude. Des abattages hors cycle, Inuviq ! Et quand viendra l’hiver, nous n’aurons plus que des rennes malades pour nous tenir compagnie jusqu’à la mort.
— Nous ne le ferons que si nous y sommes contraints... » répondit Nanooq. « Nous devons avoir foi en cette expédition et en la capacité des nôtres à convaincre les Kajik. Ils réussiront. »
Un silence s’installa, plus lourd encore que les précédents. La Siqinijiq, toujours debout, porta son regard sur la foule. Ses prunelles dorées étudiaient les visages qui lui faisaient face.
« Si vous êtes tous prêts à faire des sacrifices… » lâcha-t-elle d’un ton glacial, mais dépourvu de rancœur, « … alors soit. Mais ne vous contentez pas d'espérer... l'espoir, ça ne se mange pas ! »
Elle se rassit avec la même grâce féline, résignée.
« Personne n’est plus aveugle qu’un Nivuuq qui refuse de voir... »
Nul n'osa la réprimander pour avoir parlé assise.
Les discussions se poursuivirent. Ils mirent plusieurs sujets au vote que les délégués tranchèrent à main levée. Une nette majorité se prononça en faveur de la réorganisation des enclos et de l’expédition vers l’Ouest. L’isolement des éleveurs dans un bivouac séparé du campement de la colline, quant à lui, ne l’emporta que de deux voix, sous les clameurs indignées des intéressés. Ils durent toutefois se résigner. Le conseil avait voté.
Quand les éleveurs furent calmés et que les délégués se mirent d’accord sur les modalités d’exécution de chaque décision, Roqa s'avança de nouveau jusqu'au braséro.
« Dès que les bâtisseurs auront monté de nouvelles huttes au bas de la colline, tous les éleveurs devront s’y installer. Que chacun s’y prépare. D’ici-là, ils devront prendre leurs précautions. Les enfants dont les deux parents sont éleveurs et qui n'auraient pas déjà été confiés aux parents nourriciers, seront répartis équitablement entre tous les collectifs familiaux. Quant au voyage pour l’Ouest, nous désignerons bientôt ceux qui pourront se porter volontaires. Ils auront jusqu’aux coups de qilaut du prochain jour-éveil pour se prononcer. Le conseil en a ainsi décidé. »
Ces mots, portés par l’autorité ancestrale du cercle, conclurent les délibérations.
La foule commença à se disperser, les regards encore empreints de la gravité de l’instant.
Nuqa se plaça devant Anka et son père et soupira :
« Ancêtres ! Heureusement que tous les cycles ne sont pas comme celui-là. Je vais aller aider Laki à préparer nos affaires, puisqu’on ne veut plus de notre collectif ici.
— Ça ira, pour Ukpiq et Ula ? » demanda Itaq.
« Il le faudra bien », répondit Nuqa d'un air plus triste. « Ukpiq est grand maintenant, ça devrait aller. Il veillera sur sa petite sœur... Mais ça sera difficile pour Ula... Elle n'aime pas rester avec les parents nourriciers pendant une heure, alors pendant des jours entiers... Misère ! Peut-être des semaines. »
Il passa une main sur sa nuque raide et jeta un regard vers Sakari, toujours en pleine discussion avec un autre délégué.
« Et une expédition en terres Kajik ? Ça aussi, c’est une idée peu banale. Il faut avoir les jambes solides pour un tel voyage. »
Anka acquiesça :
« Ce sera une épreuve difficile.
— Difficile ? Mais non, tout ceci n'est qu'une bagatelle », plaisanta Nuqa à contrecœur. « Rien qui mérite de s’inquiéter. »
Il fit un signe à Anka et Itaq, puis recula d’un pas, déjà hélé par un groupe d’éleveurs un peu plus loin.
« On se verra plus tard... si le conseil le veut bien », lança-t-il en s'éloignant.
Anka tourna son regard vers son père. Ses traits étaient tendus et sa bouche ne formait plus qu'une ligne mince sous la moustache de sa barbe. Les longues délibérations du conseil l’avaient épuisé. Sans un mot, elle posa machinalement une main sur celle de son père, toujours agrippée au creux de son bras.
« Allons-y », dit-elle.
Ils marchèrent vers leur hutte, leurs pas s’enfonçant dans la terre humide, tavelée par le passage des autres nomades. Anka jeta un dernier coup d’œil vers le braséro. Sa mère se tenait là, droite et confiante, discutant avec les autres délégués pour décider des plus aptes à partir. L’expression déterminée sur son visage lui inspira un pressentiment fugace qu’elle ne parvint pas à éclaircir.
Anka ne s’autorisa aucune pensée hasardeuse. Son attention revint sur le chemin devant elle.
Un pas après l’autre, pensa-t-elle en serrant la main de son père dans la sienne.
⥈
(10) Le Lexique de Taevi l’érudit
Première édition, An 6 de l’Âge des Révisions
Extraits de l'entrée « Mages/Paumes » :
« Individus capables de manipuler directement la bioélectricité, sans outil ni catalyseur.
Ils sont identifiables dès la naissance par une pigmentation distincte des paumes et du dessous des doigts (le plus souvent noire, mais parfois dorée, nacrée ou bleutée), d'où leur autre nom : les Paumes.
Le fonctionnement exact de cette capacité demeure inconnu à ce jour, malgré les efforts soutenus de nos meilleurs esprits depuis plusieurs siècles.
[...]
Les mages apparaissent chez les Hóms et les Rochelins avec une rareté notable, que l’on peut estimer à un individu pour plusieurs milliers de naissances. Leur occurrence est sensiblement plus élevée chez les Sombrelis, où l’on observe des proportions proches d’un individu pour mille.
Une exception mérite d’être soulignée : les archives ne contiennent aucune mention d’une naissance de mage chez les Nivuuq. Ils sont pourtant issus du même ancêtre commun que les autres Hóms. Le schisme ayant séparé les peuples Nivuuq et Kajik, il y a plusieurs millénaires, n’est peut-être pas étranger à cette singularité.
[...]
Leur aptitude leur permet d’agir directement sur les organismes vivants, en favorisant la cicatrisation, en entravant ou en forçant un mouvement, en altérant certaines fonctions vitales ou en influençant certains états émotionnels. Elle leur permet également de percevoir des états internes qui échappent aux sens ordinaires, tels que le rythme cardiaque, les tensions nerveuses ou musculaires, ou certains déséquilibres métaboliques. Les individus les plus aguerris parviennent en outre à mobiliser la bioélectricité présente dans leur environnement, notamment celle du sol, ce qui accroît considérablement leur puissance et leur endurance.
Cette aptitude est instable. Lorsqu’un mage en perd le contrôle (par surmenage ou à la suite d’un choc émotionnel intense), l’énergie qu’il manipule se concentre puis se libère brutalement. La décharge soudaine d'énergie entraîne la mort du mage ainsi que la destruction de son environnement immédiat.
C’est en réponse à ce danger que le Refuge a été fondé par le vénérable Vael, Luminarque bioélectricien. Cette organisation intracontinentale est chargée de surveiller et contenir les risques liés aux phénomènes magiques. Dans la quasi-totalité des sociétés du Continent (Hóms, Rochelins et Sombrelis), les nourrissons nés avec les paumes colorées sont remis au Refuge.
Les mages vivent séparés du reste de la population au sein de villages fermés (appelés sobrement village de mages ou village de Paumes), contrôlés par le Refuge. Ils y portent des fers forgés à même leurs poignets. Ces fers contiennent un alliage de métaux neutralisant la circulation de la bioélectricité dans leurs mains, ce qui les prive presque intégralement de leur magie.
Il convient toutefois de noter que certains parents s'opposent farouchement à ce système pourtant salvateur. Leurs enfants sont alors dissimulés, élevés en marge des structures officielles et contraints à une existence clandestine. Leur survie dépend entièrement de leur capacité à contrôler leur magie et de la discrétion de leur entourage.
Les Kajik, nomades des rives du Fleuve bleu, refusent aussi de se soumettre à cet ordre. Leurs mages ne sont ni remis au Refuge ni isolés : ils occupent au contraire une place centrale dans leur société, où ils remplissent des fonctions chamaniques. Cette position les expose à des interventions régulières des Gardes du Refuge et les contraint à une mobilité accrue, bien au-delà de leurs habitudes nomades originelles.
[...] »

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