Chapitre 10: C'est un piège!

15 minutes de lecture

Je n’ai aucune nouvelle des garçons. Ils étaient censés me tenir au courant de la suite des événements. J’en déduis qu’il s’est peut-être produit un imprévu…

Je décide d’en avoir le cœur net. Direction l’Echénox.

Je me faufile à travers les habitations tout en évitant de me faire repérer par les gardes.

Accolée contre ce mur, j’attends là. Un groupe de Noktarï, encerclé par une dizaine de ces hommes vient de passer devant moi.

Je ne reconnais pas leurs uniformes.

A travers mes voyages, sur toutes les planètes sur lesquelles Davina nous avait envoyé, j'ai déjà pu voir bien des armées et bien des guerriers, mais ceux-là me sont totalement inconnus ! Je ne sais pas d'où ils peuvent bien venir.

Leurs armures noires sont terrifiantes. Elles s'apparentent à une sorte de métal aux lueurs rougeâtres. J'ai l'impression qu'elles changent de couleur. Une sorte de dorsale en relief est placée au niveau de leurs colonnes vertébrales. Elles semblent faire office de fourreaux et accueillent deux épées plutôt sophistiquées.

Je ne vois pas leurs visages car ils sont camouflés par une visière de métal et d'une autre matière transparente. Des tuyaux noirs relient le derrière de leurs crânes à des orifices placés dans leurs omoplates.

Ces hommes me font penser à première vue à des machines.

Je dois rester très discrète et surtout ne pas me faire repérer.

Les élévateurs sont cernés. Impossible de parvenir sur le rocher sans me faire repérer. Tous les téléporteurs sont également sous contrôle. Il n’y a aucune autre issue.

« Anna, une idée…trouve vite une idée ! »

J’observe ces hommes un peu plus loin et j’élabore une stratégie en quelques secondes.

Ça y est ! J’y suis ! Même si ce que je suis sur le point de faire s’apparente à un véritable suicide, je crois que je n’ai pas vraiment le choix. Je vais de voir me fondre dans la masse...

Dissimulée derrière l’un de ces buissons bas, j’attends là et je les observe en train de transporter des caisses de matériel de leurs navettes jusqu’au palais.

Apparemment, ils ont décidé d’installer un campement là-haut mais dans quel but ?

Soudain, mon regard se pose sur ce soldat qui transporte des bonbonnes.

Les autres viennent d’arriver à l’élévateur. L’homme est seul. La voie est libre.

Je décide de passer à l’action. Je cours à toute vitesse vers lui et d’un coup, je l’attaque par derrière avec l'une de ces bonbonnes posées sur un des containers.

Je ne sais pas à quoi peuvent bien servir leur utilité, mais tant pis ! Je n’avais rien d’autre sous la main.

L’homme est à terre. Je le traîne derrière l’un des buissons. Puis je tente de lui subtiliser son armure.

Seulement, je n'avais pas encore pris conscience à ce moment-là que cette armure était loin d'être comme toutes celles que j'avais déjà pu voir dans ma vie...

Après plusieurs tentatives, je tente de l'extirper mais rien à faire. Il n'y a aucun bouton, aucun mécanisme, aucun dispositif pour l’enlever. J'ai beau tirer de toutes mes forces pour lui enlever mais toujours rien !

Me voilà dans de beaux draps ! Que faire à présent ?!

Je me parle à moi-même... et sans le vouloir je prononce tout un tas de mots et de phrases dans un moment de panique.

« Comment ce truc peut bien fonctionner ? »

« Ouvre-toi ! »

Je prends une voix plus douce : S'il te plaît ?!

Mais cela ne fonctionne pas.

Au bout de quelques minutes, je commence rapidement à perdre patience.

Je tape à nouveau sur l'armure. Et je lâche d'un air un tantinet énervé le premier mot qui me vient à l’esprit : « Ouverture ! »

A ce moment-là, quelque chose d’insensé vient de se produire...

L'armure a réagi à ce que je viens de dire et s'est ouverte.

« Si j'avais su, j’aurais directement commencé par là ! »

Je m'empresse de dégager l'homme qui se trouve à l'intérieur et je me place à l'intérieur.

Je n'ai même pas eu besoin de dire quoi que ce soit que l'armure s'est refermée instantanément.

A l'intérieur, la visière se met en marche. Des données et des ordres de missions s'inscrivent sous mes yeux. Je tente de déchiffrer ce que je vois mais les écritures disparaissent au bout de quelques secondes.

Je n'ai jamais vu cela auparavant, mais une chose est sûre c'est que je connais ce langage car cela s'apparente étrangement à du fératih.

J’ai bien conscience que cette armure est un peu trop grande pour moi, mais pas le temps de faire des caprices, elle fera tout de même l’affaire.

Je quitte le buisson et j’en profite pour jeter un œil à l’intérieur de ces caisses. Des armes... elles sont toutes remplies de fusils et de grenades. Certaines me paraissent même très familières…

Je récupère l’un de ces fusils et quelques-unes de ces grenades, puis je pars rejoindre l’Echénox.

La peur au ventre, je me faufile à travers ces hommes. Pourvu qu’ils ne découvrent pas la supercherie…

Certains d’entre eux discutent de l’attaque. J’arrive à percevoir leur langage même si certains mots diffèrent. On dirait une sorte de dialecte fératih. Depuis, la réunification de Nosfuria avec la création de nouvelles cités, je n’avais jamais entendu celui-là.

Je me fonds dans la masse et je rejoins ce groupe de soldats plus loin. Ils s’apprêtent à regagner l’Echénox.

Et alors que j’aborde les derniers mètres qui nous permettront d’accéder au rocher, j’aperçois au loin Kirah et Caldénys.

Mais que font-elles là ? Ma parole ! Ont-elles perdu la raison ?

Elles sont en train de se cacher. J’avais expressément demandé à tous les habitants de regagner les abris. Visiblement, elles n’ont pas jugé bon de suivre les consignes de sécurité.

Je quitte le groupe discrètement et je pars les rejoindre.

— Qu’est-ce que vous faites ici ?

Kirah sursaute. Elle est affolée. Caldénys quant à elle me dévisage, prête à passer à l’attaque.

« Zut ! Comment on ouvre ce truc ? »

Je n’arrive pas à ouvrir cette fichue visière. Je veux juste les rassurer.

— Qui êtes-vous ? demande la petite.

— Cal, c’est moi…

— Dame Anna !

Elle écarquille les yeux et semble choquée de me voir là-dedans.

— Oh ! mon Dieu ! Anna, ne refait plus jamais ça ! J’ai bien cru que mon cœur allait s’arrêter ! me fait savoir Kirah.

— Qu’est-ce que vous faites là ? J’avais ordonné à tous les habitants de regagner les abris.

— On sait bien Anna, mais il y a eu un petit imprévu…

— Hein ?

— Lorsqu’on a voulu rejoindre l’abri Ouest, celui-ci était pris d’assaut par ces hommes, me fait savoir Kirah.

— Quoi ?

— Oui ! C’est exact Dame Anna. Ils ont capturé tous les fératih qui se trouvaient dans l’abri et ils les ont emmenés.

— Mais…comment est-ce possible ? Et où est-ce qu’ils les ont emmenés ?

Tous les abris sont équipés de camouflage optique, personne n’aurait pu trouver l’entrée. Et puis sans ce dispositif qui permet d’ouvrir le passage conduisant vers un abri, je ne vois pas comment ces hommes auraient pu détecter ces issues de secours.

— Je ne sais pas Anna, mais maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? On ne peut pas retourner là-bas ! me fait remarquer Kirah.

— J’y travaille, Kirah ! j’y travaille…

A vrai dire, je suis à court d’idées.

Les abris ne sont pas sûrs. Kirah ne sait même pas se défendre et même si Caldénys m’a prouvé le contraire, elle est bien trop inexpérimentée pour prendre soin d’elle.

Au même moment, quelqu’un vient de se positionner derrière moi.

Kirah se fige comme si elle venait de voir un fantôme. Cal reprend cet air sévère et dévisage cette personne.

« Akma !! Akéna ?!! »

Je me retourne. Un autre soldat me fait face.

— Soldat, je t’ai demandé ce que tu faisais !

« Ça y est, je suis cuite ! »

— …

— Il me semble t’avoir posé une question, réponds !

— Pardonnez-moi Monseigneur… j’ai trouvé ces deux-là dans les parages ! Je vais les conduire aux autres !

Il m’est impossible de voir son visage sous ce grand casque. Le type me fixe puis il détourne ensuite son regard et jette un œil sur Kirah et Cal.

— Monseigneur ?! dit-il d’un air douteux. Peu importe… Nous réglerons ça dès que nous serons rentrés ! Il n’y avait qu’elles ?

— Affirmatif !

— Parfait ! Emmène-les !

— A vos ordres !

— Oh ! maintenant que nous avons déterré ces rats, les geôles sont pleines. Conduit celles-là aux pieds du rocher avec les autres et attends les ordres ! L’Aëth-Pylōs est déjà sur place, nous attendons le feu vert !

— Reçu !

Sur ce coup, je remercie Carlisle de m’avoir entraînée à devenir un parfait petit soldat. Je pense que je m’en suis bien tirée.

Et je remercie également ce type de m’avoir mise sur la voie. Sans le vouloir, il vient de me faciliter la tâche.

Je pointe mon arme vers Kirah et Caldénys.

— En avant !

Nous prenons la direction du palais.

— Anna, tu es sûre de toi là ? me questionne discrètement Kirah.

— Avance et fais-moi confiance !

Les rues sont bondées. Nos hommes sont encerclés. Les villageois sont arrêtés et emmenés de force. Certaines habitations sont en feu. La grande Avraska est méconnaissable.

Après quelques minutes, nous arrivons sur cette immense place qui nous sépare du rocher. J’aperçois au loin les élévateurs sous surveillance.

Comment regagner le palais avec les filles sans nous faire repérer ?

Nous nous dirigeons vers cet élévateur. Celui-ci ne semble pas aussi bien gardé que les autres. Deux hommes montent la garde. Je devrais pouvoir en faire mon affaire.

Mais alors que je décide de m'occuper d'eux, un véhicule blindé chargé de caisses de matériel vient s'arrêter à leur niveau.

Je regarde cette chose de tous mes yeux.

Il s'agit d'un grand container rectangulaire posé sur huit roues. Il n'y a pas de chauffeur à l'intérieur. Le véhicule n'est pas tracté et fonctionne seul. J'ai même l'impression qu'il vole au-dessus du sol. A l'arrière, il y une demi-ouverture qui laisse apparaître toutes ces caisses de matériel.

L'un des soldats prend la parole : « Voilà, le dernier chargement est arrivé ! Le poste de commandement sera bientôt opérationnel... Il ne reste plus qu'à acheminer ça au palais et nous pourrons rejoindre les autres. »

L'un d'eux utilise le boîtier placé sur une de faces du véhicule. Et d'un coup le container se décroche et lévite au-dessus des essieux du véhicule.

Il prend lentement la direction du palais.

Je dois dire que c'est assez pratique comme système et je suis très impressionnée, mais pas le temps de m'attarder sur ce genre de détails.

Pendant que ces hommes sont en train de converser, une idée lumineuse me vient à l'esprit. Le problème est que je suis accompagnée et je ne sais pas si les filles seront assez réactives au moment où je déciderais de passer à l'action.

Mais au moment même une alarme retentit.

Les hommes s'affolent et quittent l'endroit en laissant le container poursuivre son ascension vers le palais.

J'inspecte les lieux. Personne. Hum... étrange.

Je fais signe à Kirah et Cal de me suivre discrètement. Nous nous rapprochons du blindé et alors que celui-ci s'apprête à franchir les portes, nous montons chacune notre tour à l'intérieur et nous nous dissimulons sous ces bâches qui recouvrent les containers.

A l’intérieur, j'attends le moment opportun pour sortir de notre cachette. Je jette un œil à l'extérieur de temps en temps pour savoir dans quelle partie du palais nous nous trouvons exactement.

L’Echénox est cerné. Des hommes s’agitent dans tous les sens. Un campement militaire a pris position ici. L’endroit est méconnaissable.

Mais que peut-il bien se passer et que veulent ces hommes ?

Nous abordons l'une des immenses salles du palais. Le véhicule s'est arrêté parmi d'autres containers stationnés par ici. Il y en a huit au total.

A part ces boites de métal, l'endroit semble vide.

J'en profite. Je sors et j'aide Kirah à descendre avant que les soldats ne débarquent.

Nous quittons l'endroit sans nous faire repérer.

Sur notre droite, le couloir menant aux téléporteurs de nos demeures est vide. Hum... Depuis le début, j'ai l'impression que ces hommes connaissent nos moindres faits et gestes. Alors étonnant que l'accès aux téléporteurs soit sans surveillance.

Nous pénétrons dans une des chambres du palais. L’endroit est vide également. Je me débarrasse de cette armure qui n’a rien de très agréable à porter.

— Est-ce que tout va bien ? je leur demande.

— Anna, qui sont ces gens ? me demande Kirah.

— Ça j’aimerais bien le savoir ! Je vais essayer d’en savoir plus, mais avant je dois retrouver les seigneurs.

— Ok et on fait quoi en attendant, me questionne Kirah.

— Vous, vous restez ici !

— Quoi ?! est-ce que tu as perdu la raison ? Et si ces hommes nous trouvaient ?

Elle n’a pas tout à fait tort à ce sujet. L’Echénox n’est plus sûr…

— Très bien, alors vous venez avec moi, mais attention !

— …

— Faites exactement tout ce je vous dirais et pas un mot !

— Parfait ! me voilà rassurée ! dit Kirah.

Nous décidons de quitter l’endroit. Je passe devant et j’ouvre discrètement la porte. J’observe à travers l’ouverture. Il n’y a personne.

— La voie est libre…

Les filles me suivent. Nous nous déplaçons rapidement et discrètement.

Par chance, nous pouvons nous dissimuler car le palais est truffé de statues colossales et les murs possèdent quant à eux de nombreux renfoncements.

Mais alors que nous sommes sur le point de rejoindre ce balcon surplombant la grande salle de bal, deux voix surgissent dans le grand couloir. Un homme et une femme.

Xander… est-ce que tes hommes ont fait le ménage dans la cité ?

Affirmatif Verity !

Hum… parfait ! Je viens de croiser le Général. Tout est sous contrôle. Les seigneurs et le vieil empereur sont retenus dans l’aile Est du palais. Nous allons bientôt pouvoir repartir…

Kirah et Cal m’observent. Nous avons peu de temps, il faut faire vite.

Nous tentons de regagner l’autre partie du bâtiment.

Mais sur le chemin, nous rencontrons Narvhïn et ses autres conseillers. Ils sont menottés et conduits de force dans cette pièce. Un autre de ses conseillers tente de calmer les choses : « Messieurs, Nosfuria est une terre pacifiste à présent ! Quel est le but de votre manœuvre ? »

Ce qu'il vient de dire n'a pas dû plaire au soldat. Celui-ci porte un violent coup de poing dans l’abdomen du malheureux et l'envoie sur le sol. Impuissantes, nous observons la scène sans faire de bruit.

Je ne peux pas continuer. Je ne peux pas emmener les filles avec moi et risquer leurs vies. Plus nous nous engouffrons dans le palais et plus le danger grandit. Je ne sais pas à quoi m’attendre avec ces hommes. Elles doivent quitter cet endroit au plus vite.

— Je vais tenter de retrouver les garçons. Si je ne suis pas revenue dans dix minutes, je veux que vous quittiez cet endroit. Vous ne pouvez pas venir avec moi, c'est beaucoup trop dangereux.

— Mais pour aller où ? me questionne Kirah.

Je m'adresse à la petite car Kirah semble beaucoup trop paniquée pour retenir quoi que ce soit.

— Cal, nous ne sommes pas dans l'une de nos simulations. Je veux que vous fassiez demi-tour et que vous rejoigniez la villa. Prends ce diptek, dis-je en lui tendant le communicateur. Empruntez le téléporteur et rentrez ! Là-bas, grâce à ma sentinelle, ils ne pourront pas emprunter le Maëlsinh car elle les en empêchera. Ensuite, active le champ de force autour de la maison et attends mes instructions !

— Entendu ! me répond la petite d'un air décidé.

— D’accord Anna, mais si par malheur, ces hommes nous interceptaient ?

— Alors il n’y a plus qu’à prier pour que cela n’arrive pas...

Kirah me regarde d’un air douteux. Elle n’est pas du tout rassurée, mais moi non plus !

Je poursuis ma mission. Je dois retrouver les seigneurs.

Je n’ai pas de leurs nouvelles depuis un moment déjà et selon cette femme qui parlait tout l’heure, ils seraient retenus. Mais dans quel but ?

La voix est libre. Je traverse ce long couloir parsemé de dalles rougeâtres.

Des hommes sont en train de faire leur rapport à leur supérieur.

Je m’adosse contre le mur et j’écoute très attentivement leur conversation.

La cité est sous contrôle. Les abris ont tous été vidés. Les appartements de l’Empereur ont été fouillés, mais nous n’avons rien trouvé.

Et la femme ? L’avez-vous trouvé ?

Négatif Pylōs ! Nous avons fouillé toute la cité, mais les recherches n’ont rien donné !

Hum… Où peut-elle bien se cacher ?

L’homme reprend.

Peu importe, fouillez à nouveau. Retournez-moi ce palais s'il le faut mais trouvez-la !

A vos ordres !

« A quelle femme peuvent-ils bien faire allusion ? »

Je poursuis ma route et j'arrive enfin vers la grande salle de bal.

Deux hommes viennent d'en sortir. Je m'adosse à nouveau contre le mur pour ne pas qu'ils me repèrent puis j'entre à l'intérieur.

A ce moment-là, le spectacle que j'ai sous les yeux me glacent le sang.

Thraän et les autres sont là. Je ne vois malheureusement pas Carlisle.

Ils sont retenus par une sorte de machine constituées de câbles. Ils lévitent tous au-dessus du sol à quelques mètres. Je les sens bien mal-en-point.

Comment faire pour les libérer ? Je n'arriverai jamais à les atteindre.

J'accoure vers eux.

Thraän reprend connaissance : « N'avance pas, va-t’en ! C'est un piège ! » me dit-il d'une voix abattue.

Mais têtue comme je suis, je décide encore d'en faire à ma tête.

Je tente de trouver un moyen de les sortir de là, mais ces satanés câbles sont si solides que je n'en arriverai pas à bout.

Une idée me vient soudain. Je traine sur le sol un de ces énormes containers et je le place juste en-dessous d'eux.

Mais alors que je m'apprête à grimper dessus, une voix retentit juste derrière moi : « Je ne ferais pas ça si j'étais vous... »

Je me retourne instantanément.

Un homme se tient devant moi. Il est en armure, cependant la sienne est beaucoup plus travaillée que celles des autres soldats. Je n'arrive pas à distinguer son visage.

Il reprend : « Des inhibiteurs de pouvoirs... Très pratique n'est-ce pas ? Quand on connaît les pouvoirs de ces quatre-là... »

J'en déduis alors que ces câbles et cette machine ont la même fonction que nos cercles neutrôm capables d'annuler les pouvoirs de leurs détenteurs. Et je comprends mieux pourquoi Thraän et les autres seigneurs ne peuvent pas faire grand-chose face à cela.

Des gardes déboulent de tous les côtés dans la pièce. Je suis cernée.

— Qui êtes-vous ?

— Vous le saurez bien assez tôt...

Je n'aime pas ce genre de réponses.

Je me prépare à affronter cet homme et j’avance vers lui tout en le défiant : « Encore un à qui je vais devoir donner une bonne leçon… », dis-je d’un air confiant.

Il fait signe à ses hommes de s'écarter.

J’attaque la première.

Il parvient dès le début à contrer mes attaques. Je ne sais pas pourquoi mais sa façon de bouger me rappelle quelque chose...

Le combat dure plusieurs minutes. C’est un adversaire de taille. Il semble avoir une certaine expérience du combat. J’ai l’impression qu’il anticipe mes mouvements et sait exactement comment et à quel moment je vais frapper.

Hum… étrange…

Je cours à toute vitesse. Il fait de même. Et alors que nous nous rapprochons l’un l’autre, nous finissons par nous entrechoquer.

Ce que je ressens à ce moment est indescriptible.

Pourtant, je suis presque certaine d’avoir déjà ressenti cette sensation auparavant.

Au moment où nous nous sommes heurtés et à son contact, j’ai eu comme l’impression d’être connectée à lui.

Mais il n’y a pas que cela…

Au moment, où nous sommes rentrés en contact, cette vision m’est apparue. Je ne sais pas si elle était bien réelle, mais en tout cas, elle a surgi de nulle part dans un coin de mon esprit. J’en ai froid dans le dos.

Dans cette vision ignoble, je revoyais le jour de ma mort, le jour où Swole me poignarda. Et je revis l’instant où je fus séparée de mon fils.

Nous sommes éjectés tous les deux à quelques mètres. Je suis étourdie par le choc et par-dessus tout, je ne m’explique pas ce qui vient de se produire.

Je me relève doucement et affaiblit, je me tourne vers l’homme.

Il se relève et fais de même. Nous nous fixons sans dire un mot.

Dans ce duel acharné, il décide de lever le voile. Sa visière s'est ouverte puis en l'espace de quelques secondes, son casque s'est complètement dématérialisé. Je peux enfin voir son visage.

Pour être tout à fait honnête, je ne m’attendais pas à cela. Je pensais combattre un homme beaucoup plus mature.

Celui-ci parait si jeune et il est plutôt beau garçon. Son physique est très athlétique. C'est un bel homme.

Il esquisse un petit sourire.

Au moment où je m’apprête à l’affronter à nouveau, je ressens cette présence derrière-moi, mais il est trop tard.

Je viens de perdre connaissance…

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Virginie KZL ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0