L’œuf du destin
Le soleil venait à peine de percer les brumes matinales, et déjà, le village de Plumvalon s’éveillait au rythme des piaillements et du bruissement des plumes. Les nids s’agitaient, les mamans-poules servaient du millet tiède, et les petits s’ébrouaient dans la rosée.
Mais Piou, lui, était déjà debout. Enfin, « debout» était un bien grand mot pour un poussin si dodu. Perché maladroitement sur un petit rocher, il fixait l’horizon— Un jour, je volerai jusqu’aux montagnes de Nuage-Azur… et je découvrirai des secrets que même les aigles ignorent… marmonnait-il.
Son ami Coco, un caneton toujours un peu grincheux, l’interrompit en plissant des yeux : — Tu parles encore tout seul, Piou ? T’as pas vu que la maîtresse Picpique nous attend pour la leçon de vol ?
Piou soupira. Il n’avait pas la tête aux leçons. Il avait fait un rêve étrange la nuit dernière. Une lumière dorée, des chants d’oiseaux anciens, et surtout… une voix qui murmurait :
“Celui qui portera le courage dans ses ailes réveillera la magie perdue.”
Et comme si le destin voulait lui donner un signe, un vieil œuf craquelé, brillant d’un éclat doré, était apparu ce matin près du vieux chêne du village.
Personne ne savait d’où il venait.
Mais Piou sentait au fond de lui… que c’était le début de quelque chose.

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