L’éveil des morts

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Le ciel s’était obscurci, avalé par une nuée de nuages noirs tourbillonnants. Une brume froide rampait sur la plaine comme si la terre elle-même pleurait ce qui allait arriver. Piou, debout sur une falaise surplombant les ruines d’un ancien champ de bataille, tenait l’Œuf d’Or serré contre lui.​

À ses côtés, Caleum se tenait droit, son plumage doré vibrant sous la pression de la magie environnante. Le vent sifflait, apportant avec lui une odeur étrange de terre retournée… et de chair en décomposition.​

— Ils arrivent, murmura Caleum.​

Le sol trembla légèrement, puis davantage. Une vibration sourde, rythmée… comme des milliers de pas.​

Au loin, sortant des fissures de la terre, des formes se dressaient. L’une après l’autre, les morts se relevaient.​

Des zombies, des créatures aux yeux vides, rongés par le temps, certains encore revêtus d’armures rouillées, s’agglutinaient lentement, formant une horde infinie. Ils étaient partout. ​

Leur marche était lente, mais inéluctable. Et ils étaient innombrables.​

— Par toutes les plumes du ciel…, souffla Piou.​

Caleum étendit ses ailes.​

— Ce n’est plus une fuite, Piou. C’est un test. L’ultime épreuve.​

Piou fit un pas en avant, sa gorge serrée. Puis, il ferma les yeux, posa l’Œuf d’Or au sol, et murmura les mots que Caleum lui avait appris.​

“Par la lumière des Anciens, par la force des Plumes d’Or, que s’élève le feu du courage.”

Une lueur éclata autour de lui. L’Œuf s’illumina d’un éclat intense, projetant une onde d’énergie qui fit vaciller les morts un instant… mais ils reprirent leur marche, plus vite.​

— Prépare-toi ! cria Caleum.​

La bataille commença.​

Piou bondit dans les airs, ses ailes étincelant comme des éclats d’aurore. Il invoqua une pluie de lumière dorée qui fendit le ciel et tomba comme une averse sacrée, brûlant les morts à son contact.​

Caleum, quant à lui, déploya ses ailes titanesques et fonça au cœur de la horde, ses plumes tranchantes comme des lames. Un tourbillon d’or et de feu l’entourait, incinérant tout sur son passage.​

Mais pour chaque zombie détruit, dix autres surgissaient. La montagne elle-même semblait vomir des morts sans fin.​

— On ne pourra pas les contenir éternellement ! cria Piou, haletant, esquivant de justesse une mâchoire putréfiée.​

Il regarda autour de lui, le cœur battant à tout rompre. Ils étaient encerclés. Les morts grimpaient les falaises, contournaient les cols. Le ciel s’était teinté de rouge sombre.​

Alors, une voix résonna dans son esprit. Une voix familière… douce et ancienne :​

“Fuis vers le sommet, petit Piou. Là où les cieux touchent l’âme. Le Mont Céleste t’attend.”

Piou cligna des yeux. Fenix. Il reconnaîtrait cette voix entre mille.​

— Caleum ! Il faut grimper ! C’est le seul moyen !​

Caleum hocha la tête. Il fit un arc de cercle dans les airs, éliminant un autre groupe de morts, ​​

puis plongea vers Piou.​

— Va, je retiens la horde. Tu dois atteindre le sommet.​

— Non ! On y va ensemble ! cria Piou.​

— Fonce ! Tu es l’espoir ! Moi, je suis l’ombre qui protège !​

Un instant déchirant. Puis Piou, la gorge nouée, s’élança dans les airs, ses petites ailes battant avec tout ce qu’il avait. La montée du Mont Céleste commençait.​

Derrière lui, le rugissement de Caleum, mêlé au fracas des os brisés, s’éloignait peu à peu. Mais les morts grimpaient aussi. Ils n’étaient plus juste des zombies : certains volaient, d’autres rampaient le long des falaises comme des araignées.​

Piou vola, courut, sauta, escalada avec ses serres tout ce qu’il pouvait. Le vent hurlait, la neige tombait, les rochers s’effondraient.​

Le sommet du Mont Céleste semblait hors d’atteinte… mais alors qu’il n’en pouvait plus, une silhouette lumineuse apparut à travers les nuages.​

Une aura céleste, un être enveloppé d’un​ manteau d’argent et de lumière pure. Des ailes d’un blanc immaculé battaient lentement l’air.​

— Je suis Lysandre, Gardien des Vents. Tu es arrivé, petit Piou. Et je t’attendais.​

Piou s’écroula, à bout de force.​

— Ils sont trop nombreux… Caleum…​
— Je sais. Repose-toi. Il est temps pour moi d’entrer en scène.​

Lysandre déploya ses ailes et leva les bras vers le ciel. Un éclair fendit les cieux.​

“Ô vents anciens, entendez mon appel. Par la promesse faite aux Plumes d’Or, que la tempête de la renaissance s’abatte !”

Une tempête colossale se déchaîna alors sur les flancs du Mont. Un ouragan d’énergie pure emporta les morts, les balayant dans un torrent de lumière et de vent sacré. Les montagnes tremblaient. La terre criait. Et Piou, abrité dans les bras du Gardien, vit enfin une chance de salut.​

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