Chapitre 1

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Prisonnier de son gigantesque cylindre de verre, le cœur de la cité émettait son paisible ronronnement. Marika Arken n’avait jamais rien entendu de comparable de toute sa longue existence.

Les bras croisés dans le dos, elle observait les cristaux de velk valser les uns à la suite des autres en une spirale infinie, retenus captifs au centre du réacteur que les Premiers Hommes avaient savamment construit. Comment leurs ancêtres avaient-ils pu ne pas anticiper les problèmes auxquels elle faisait aujourd’hui face ?

Si, petite fille, on lui avait dit qu’elle se tiendrait là, devant la chose la plus merveilleuse qu’il avait été donné à l’Homme de construire ! Elle qui était pourtant si insensible, elle en aurait pleuré de joie.

Aujourd’hui, alors que sa jeunesse n’était plus qu’un lointain souvenir, le rêve était en train de tourner au cauchemar. Cela faisait plus de vingt-cinq ans qu’elle luttait contre l’inévitable. Et plus elle observait la danse folle de ces cristaux en lévitation, moins elle entrevoyait de solutions.

Dans son dos, elle entendait le bourdonnement de la vingtaine de consoles, parfaitement alignées de telle sorte qu'elles faisaient toutes face au cœur en réaction, que le Réseau faisait fonctionner sans que l'intervention de quiconque soit nécessaire. Autrefois, chacune de ces machines était gérée par un ingénieur qualifié. Désormais, Marika ne pouvait plus se permettre de faire confiance à autant de personnes. Moins il y avait de monde au courant de la catastrophe, plus elle gagnait de temps avant que sa tête ne tombe.

Cette pièce, si vivante dans les souvenirs de la Grande Oligarque, ne vrombissait plus aujourd'hui que de l'affairement des machines. Était-ce là le glorieux destin dont elle avait rêvé dans sa jeunesse ? Était-ce là le monde qu'elle avait voulu ériger ? Un monde régi par le Réseau, une intelligence artificielle certes très compétente, mais qui manquait cruellement de vie. Non. C'était à mille lieues de ce qu'elle avait désiré.

La double porte automatique, seul accès à la salle du cœur, s'ouvrit soudain pour se refermer aussitôt sur un petit homme essoufflé qui n'en continuait pas moins de courir.

— Ma Dame ! s’exclama-t-il en apercevant Marika.

Elle ne prit même pas la peine de se retourner pour voir son ministre en chef se précipiter vers elle.

— Ma Dame… répéta-t-il, à mi-chemin du réacteur que Marika Arken contemplait toujours avec amertume.

Lorsqu’il arriva finalement à son niveau, il s’accorda quelques secondes pour calmer sa respiration, une main posée sur son cœur au bord de l’explosion, puis il tendit à la Grande Oligarque une tablette sur laquelle un rapport attendait d’être lu.

Elle s’en empara sans rien dire puis abandonna à contrecœur le merveilleux spectacle des cristaux dansants pour se pencher sur ce qu’elle redoutait tant de découvrir. La tablette lui révéla alors, par le biais de graphiques implacables et de chiffres aussi froids qu’elle, à quel point la situation était désespérée.

— Il n’y a pas d’erreur possible ? interrogea-t-elle, toujours plongée dans les sinistres calculs.

— J’ai dû… monter… à pied… ma Dame, lâcha-t-il alors, sa respiration toujours haletante. Les élévateurs… jugés inutiles… ont tous été arrêtés.

Marika serra les mâchoires, ce qui fit grincer ses dents. Elle était d’un naturel très pondéré et ne cédait que rarement à ses émotions. Mais les choses lui échappaient irrémédiablement, et jour après jour, elle sentait la cité lui glisser entre les doigts. Bientôt, ils atteindraient un point de non-retour. Si cela devait se produire…

— La White Reaper est rentrée bredouille il y a peu, si je ne m’abuse ?

Elle releva son regard d’un bleu acéré et le plongea dans celui de son ministre qui trembla sans pour autant baisser les yeux.

— Oui, ma Dame, mais je doute qu’ils se réjouissent à l’idée de devoir repartir de sitôt. Leur dernière intervention les a laissés… comment dire… éprouvés. D’autant que, sans technophile, ils ne seront pas en mesure de faire grand-chose...

Elle avait eu vent des difficultés rencontrées par l’une de ses trois équipes d’élite. Ils avaient perdu un de leurs membres lors d’une attaque qu’ils n’avaient pas réussi à anticiper.

Les cités étaient des endroits sûrs, mais le reste de la planète n’était plus qu’un vaste désert glacé et hostile. Seuls quelques groupes d’Inuits étaient assez téméraires pour oser braver la nature devenue folle. Sans parler des créatures monstrueuses que les Premiers Hommes, dans leur grande course à la génétique, avaient fini par fabriquer.

— Peu m’importe leurs états d’âme ! souligna la Grande Oligarque avec sa froideur habituelle. Nous avons tous un devoir à remplir envers notre foyer. Le leur est d’agir en fonction de ce que je leur ordonne. Il nous suffit de leur trouver un nouveau technophile.

— Oui, j’entends bien, ma Dame. Néanmoins, les renvoyer aussi vite là-dehors, c’est…

Face au léger froncement de sourcils de la Grande Oligarque, il ne termina pas sa phrase et se contenta d’avaler sa salive.

— La question est simple, objecta-t-elle. Avons-nous des nouvelles des deux autres équipes nous permettant d’espérer un miracle ?

Le ministre en chef se gratta le haut du crâne, l’air gêné. De toute évidence, ce n’était pas le cas.

— Hum… Eh bien, pas vraiment. Le dernier rapport du Réseau mentionne une communication avec la Scarlet Ice hier, aux alentours de midi. Ils auront bientôt atteint leur objectif, mais il leur faudra encore plusieurs semaines pour revenir à Kaldød. En revanche, nous n’avons plus de nouvelle de la Polar Bear depuis plus de quatre jours. Je crains le pire les concernant.

— Dans ce cas, il n’y a pas à hésiter. Et j’ajoute que votre rôle n’est pas de craindre, mais d’anticiper et de réagir, déclara Marika Arken avec sévérité. Allez porter ces directives au Réseau ; qu’il informe les membres de la White Reaper qu’ils doivent reprendre la mission de la Polar Bear.

— Mais, ma Dame, concernant le membre manquant ? Sans une personne suffisamment qualifiée en langue des machines, ils courent au désastre.

La Grande Oligarque se retourna quelques instants vers le cœur de la cité. Les cristaux d’un mauve tantôt violacé, tantôt rosâtre, poursuivaient leur manège infini, prisonniers d’une réaction chimique qui avait permis aux Premiers Hommes d’ériger des cités hyper-technologiques, lesquelles devaient leur épargner une extinction malencontreuse lorsque la planète finirait par revêtir un manteau glacé.

Si sa vie avait pu être aussi simple que cette simple danse aux reflets améthyste ! Seulement, tout comme ce réacteur gigantesque et surpuissant était le cœur de Kaldød, elle, Marika Arken, Grande Oligarque désignée par le Réseau, en était l’âme, et le serait jusqu’à sa mort. Ou jusqu’à la mort de la cité.

— Aller dehors est périlleux. On ne peut pas se permettre d’envoyer n’importe qui. Confiez au Réseau la tâche de dénicher un technophile brillant mais dont Kaldød pourrait néanmoins se passer s’il devait lui arriver malheur. Qu'il l'incorpore ensuite à la White Reaper. Qu’il ait ou non un profil militaire importe peu.

— Ce sera fait, Grande Oligarque. Et concernant l'ordre de mission ? Qu'est-ce que le Réseau devra dire au nouveau technophile ?

— La version officielle suffira, répliqua-t-elle sans la moindre hésitation.

Le ministre en chef baissa la tête en signe de révérence, puis il retourna affronter les escaliers, laissant la vieille femme seule face au cœur de Kaldød ainsi qu'à ses démons intérieurs.

Marika Arken resta encore de longues minutes à contempler sa débâcle avant qu'une pensée quelque peu dérangeante – une de plus – vienne la titiller. Elle plissa les yeux de suspicion tout en manipulant la tablette que son ministre n'avait pas pris la peine de récupérer. Elle accéda sans peine aux dossiers confidentiels de la White Reaper grâce à son bracelet d'identité, après quoi elle visionna les images d'archives que leur véhicule avait enregistrées. Elle commença par la fin et recula ainsi la vidéo jusqu'au moment où ils avaient subi l'attaque qui avait coûté la vie à l'un de leurs membres.

Les Hammers des trois équipes spéciales d'intervention, des véhicules gigantesques blindés et parés à toute épreuve, étaient équipés de caméras capables de filmer à 360 degrés autour d'eux. Elle put ainsi observer la scène avec précision et ses traits se durcirent à mesure que ses craintes se confirmaient. Sa bouche se pinça bientôt en un mince trait rectiligne qui ne présageait rien de bon.

— Maudite créature... murmura-t-elle alors entre ses dents serrées.

Elle abandonna nonchalamment la tablette sur l'une des consoles autonomes et se dirigea d'un pas impérieux vers la double porte automatique qui détecta son bracelet et lui ouvrit aussitôt le passage. Elle dévala ensuite les escaliers sans croiser âme qui vive – la salle de contrôle n'était pas un lieu où le premier quidam venu avait le droit de pénétrer – puis elle se dirigea vers les quartiers scientifiques.

Elle put ainsi constater que bon nombre d'élévateurs avaient effectivement été désactivés par le Réseau dans le but d'économiser de l'énergie, ce qui eut pour effet de décupler sa colère et sa frustration.

Malgré tout, lorsqu'elle atteignit enfin sa destination, rien dans son attitude n'aurait pu laisser deviner qu'elle bouillait intérieurement. Elle adressa même un sourire poli aux gardiens qui contrôlèrent son bracelet, plus par obligation que par réelle nécessité, puisque tout le monde à Kaldød connaissait le visage de la Grande Oligarque. Mais c'était Marika elle-même qui avait ordonné que personne ne bénéficie de traitement de faveur.

Elle s'enfonça ensuite dans les boyaux interminables des quartiers de la cité où, en temps normal, seuls les chercheurs avérés ou en formation se rendaient.

***

Assis sur la seule et unique banquette de la cellule plongée dans une obscurité presque totale, à travers laquelle il parvenait tout de même à voir comme en plein jour, Sept tuait le temps. Il se repassait mentalement les innombrables chansons que Myron fredonnait sans cesse en mission, au grand dam de ses autres équipiers. Il n'appréciait aucun d'entre eux, toutefois, Myron était certainement celui qu'il détestait le moins.

Depuis qu'il avait été ramené ici après leur dernière mission catastrophique, il redoutait le moment où le docteur Hermann – qui n'avait de docteur que le titre car il était bien plus un boucher qu'un soigneur – viendrait le chercher pour reprendre ses diverses vivisections et analyses humiliantes.

Sept n'était pas son vrai nom, il le savait. De même que les deux autres hybrides de la cité qui portaient également des nombres en guise d’appellation. Mais s'il en avait eu un autre un jour, il ne s'en rappelait pas. En fait, il ne se rappelait rien avant son arrivée dans cet ignoble laboratoire. C'était comme si sa vie, disgracieuse et dérangeante, avait commencé ici même. Cependant, c'était impossible. Il y avait forcément eu un avant.

Incapable de supporter les émotions qui l'envahissaient chaque fois qu'il essayait de se rappeler un passé qui semblait ne jamais avoir existé, il se concentra sur les paroles du couplet de la chanson qui lui tournait dans la tête. C'était tellement niais que cela l'aidait à oublier tout le reste.

Une série de pas s'éleva bientôt depuis le long couloir qui jouxtait sa cellule. Il frissonna à l'idée que Sarus Hermann vienne déjà le chercher, avant de se rendre compte que le rythme ne correspondait en rien à celui du docteur.

Aussitôt, il se rasséréna et se concentra sur la démarche de son visiteur. Car il ne faisait aucun doute que la personne se dirigeait vers lui. Il n'y avait rien alentour si ce n'étaient d'autres cellules vides, puisque les deux autres créatures qui lui ressemblaient n'étaient pas encore revenues de mission.

Une ouïe humaine n'aurait pas pu lui permettre de distinguer la présence de quelqu'un dans le couloir tant les murs faits de métal étaient épais. Cependant, il n'était pas vraiment humain. L'avait-il seulement jamais été ?

Aussi, lorsque Marika Arken ouvrit la porte sécurisée de sa cellule, provoquant par la même occasion l'allumage au plafond d'un puissant néon qui l'éblouit quelques secondes, il ne fut pas surpris un seul instant de la voir. Elle ne venait que rarement se confronter à lui, cela dit, sa démarche n'était comparable à aucune autre : autoritaire et assurée, mais néanmoins légère et gracieuse.

Un lourd silence les surplomba tandis que le regard tranchant de Marika tentait de percer celui, indifférent, de Sept. Elle paraissait faire un effort démesuré pour contenir une colère dont il ne douta pas d'être à l'origine. Malgré cela, il la sentait sourdre d'elle comme si Marika Arken avait été une plante vénéneuse exhalant un violent poison.

Ce fut plus fort que lui, il se fendit d'un léger rictus que la Grande Oligarque ne manqua pas de remarquer, ce qui fit craquer un peu de la contenance qu'elle avait tenté de se donner.

— Tu sais pourquoi je suis là, n'est-ce pas ?

Sept ne répondit rien et se contenta de continuer à la fixer, son rictus toujours accroché à ses lèvres.

Au loin, dans le laboratoire où se déroulaient toutes les pires atrocités que la cité ait pu engendrer, il entendit le docteur s'affairer et bougonner. Il était trop loin pour que ses paroles soient compréhensibles, mais il était évident qu'il était contrarié.

Face au manque de réaction de son interlocuteur, Marika releva un peu plus le menton, comme si cela avait pu la rendre plus noble. Son rythme cardiaque, que Sept percevait à travers ses vieux muscles et sa peau ridée, trahissait son impatience, sa colère, mais également quelque chose d'autre : de la crainte.

La Grande Dame avait beau être certaine que Sept ne pouvait rien lui faire sans le payer au prix fort, elle était suffisamment intelligente pour également savoir qu'il était imprévisible.

— Je vais clarifier la situation, finit-elle par dire d'une voix autoritaire et sans la moindre émotion. La White Reaper est aujourd'hui amputée d'un membre essentiel de son groupe. Et ceci est entièrement de ton fait.

Dans le dos de Marika Arken, la porte blindée était béante. Sept aurait pu se lever, repousser sa geôlière sans la moindre difficulté, puis s'enfuir de sa cellule en courant. Il aurait même pu se transformer et dévorer sauvagement son bourreau qui continuait de marmonner dans son laboratoire.

Mais il n'en ferait rien et Marika le savait. Sa véritable prison n'était pas constituée de murs. Elle encerclait son cou sous la forme d'un simple collier de métal. Un collier qu'il lui semblait avoir toujours porté et qui le privait de la moindre de ses libertés, si tant est qu'il ait pu en avoir.

S'il faisait mine de désobéir ou de mettre quiconque en danger, le Réseau en activait le système de neutralisation. S'en élevait alors un puissant infrason qui l'avait déjà, à de nombreuses reprises, fait hurler et se tordre de douleur, impuissant. Il était bien trop résistant pour pouvoir en mourir, mais si le signal durait trop longtemps, il pouvait perdre connaissance. Le plus frustrant était que les simples humains, eux, n’entendaient absolument pas ce son infernal qui lui dévastait le crâne.

— Je n'ai tué personne, commenta-t-il sobrement, sur le même ton que Marika.

Celle-ci esquissa à son tour un rictus, mi-amusée, mi-agacée. Elle joignit ses mains dans son dos et se redressa encore un peu plus. Le Réseau ne l'avait pas choisie pour rien. Elle avait l'attitude d'une reine à qui tout était dû.

— Ton rôle, lorsque tu accompagnes une équipe, est d'en protéger les membres de tout danger duquel ils ne pourraient pas se tirer seuls. Or, tu les as regardés se battre contre trois ours polaires sans lever le petit doigt !

Sa dernière phrase lui avait fait perdre un peu de son sang-froid et Sept s'amusa de voir sa paupière gauche tressauter légèrement.

— J'ai estimé qu'ils avaient une chance de s'en sortir.

Marika ne releva pas, consciente que c'était de la provocation. Elle resta silencieuse quelques instants, fusillant de son regard glacial l’impertinent qui la toisait sans le moindre signe de respect.

— Désormais, finit-elle par annoncer, le Réseau aura de nouvelles directives te concernant. Lorsqu'il estimera que tu ne remplis pas les fonctions qui sont les tiennes, il sera bien plus prompt à diffuser directement l’infrason plutôt que de t’avertir au préalable. Peut-être que l'avant-goût des souffrances qui t'attendent en cas de mutinerie te passera l'envie d'observer des humains en train de se faire massacrer alors qu'ils sont sous ta protection.

Jusqu'alors, chaque fois que son collier émettait une série de légères vibrations extrêmement désagréables, il savait qu'il avait atteint la limite envisageable de désobéissance. C'était ce qui s'était produit lors de sa dernière mission. Il aurait pu empêcher le drame. Il aurait pu intervenir avant même que les ours n'atteignent le Hammer. Seulement, il avait vu là une opportunité de peut-être retrouver sa liberté. Si l'équipe entière avait succombé à l'attaque, il aurait pu endurer la souffrance provoquée par son collier jusqu’à ce que… Jusqu’à ce que quoi ? Il l’ignorait.

Peut-être que le Réseau, jugeant qu’il ne servait plus à rien de le torturer puisqu’il n’avait plus personne à protéger, l’aurait enfin délesté de ses chaînes. Ou peut-être l’aurait-il achevé. Dans un cas comme dans l’autre, Sept aurait été libre.

Malheureusement, la White Reaper avait réussi à tuer un premier ours et les avertissements du Réseau s'étaient interrompus, signe que l’infrason, ainsi que la douleur, allaient bientôt suivre. S'il avait attendu plus longtemps, il l'aurait payé cher. Car même si d'autres membres avaient péri face aux deux ours restants, il en serait quand même resté quelques-uns pour survivre et le traîner ensuite de force dans le Hammer afin de le ramener à Kaldød où il aurait alors dû répondre de ses actes. Et il ne savait que trop bien de quoi les humains de cette cité étaient capables envers les monstres comme lui. Surtout le docteur Hermann...

— Encore une chose, poursuivit Marika devant l'air faussement impassible de Sept, la White Reaper retourne en mission dès demain matin. C'est là ta dernière chance de prouver que tu sais rester à ta place.

Puis, sans même attendre une quelconque réponse de la part de l'hybride, elle fit volte-face et ressortit aussi impérialement qu'elle était entrée.

Aussitôt, la lumière du puissant néon mourut lentement, laissant Sept aveugle le temps qu'il fallut à ses yeux nyctalopes pour se réhabituer à l'obscurité.

Furieux de la tournure que prenaient les événements, il inspira longuement pour ensuite souffler tout aussi longuement par le nez. C'était sa façon à lui de ne pas exploser, sans quoi il se serait transformé puis déchaîné contre les murs de sa cellule. Peut-être serait-il même parvenu à faire plier la porte blindée. Mais à quoi bon ? Puisque sa prison se trouvait collée à sa peau, aussi froide et implacable que la femme qui dirigeait Kaldød.

Au moins, maintenant, il savait pourquoi le docteur paraissait aussi contrarié. D'ordinaire, il s'écoulait jusqu'à plusieurs mois entre deux missions. Mois au cours desquels il pouvait charcuter à loisir l’un de ses sujets d'étude favoris. Pour cette fois-ci, il devrait se trouver un nouveau cobaye.

Sept n'était certain que d'une seule chose : ce ne serait pas là sa dernière chance de faire ses preuves, ce serait au contraire son ultime chance de s'évader.

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