Chapitre 8 - Le Poids du Marteau

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La déflagration ouvrit l’air autour de lui. Un sifflement lui traversa les oreilles et couvrit tout le reste.

Dans la poussière, il aperçut Rowan et Gideon au sol, à quelques mètres. Des pierres les recouvraient en partie. Bren partit vers eux sans réfléchir.

Un choc le frappa sur le flanc. Un homme encapuchonné venait d’être projeté hors d’une ruelle. Ils couraient tous les deux dans la même direction. Leurs corps se percutèrent. Bren abaissa l’épaule par réflexe et frappa. L’homme tomba lourdement et disparut presque aussitôt dans le nuage de gravats.

Bren n’eut pas le temps de regarder ailleurs. Au-dessus d’eux, un bloc de pierre se détacha d’un mur fendu. Il bascula et alla s’écraser sur le crâne l’homme à terre.

Il y eut un bruit sourd et le sang éclaboussa la joue de Bren. Celui-ci glissa le long de sa mâchoire et se mêla à la poussière collée à sa peau. L’odeur métallique lui prit le nez. Son estomac se contracta.

Il n’eut pas le temps d’aller plus loin. Une poutre céda au-dessus de lui. Elle s’abattit sur son épaule gauche. Le choc le plaqua au sol et lui coupa la respiration. Un craquement sec traversa sa clavicule. La douleur jaillit dans son épaule et remonta vers son cou, sa poitrine et son dos.

Il ouvrit la bouche, voulant crier, mais rien ne sortit. Sa mâchoire se crispa. Ses doigts se refermèrent sur quelque chose de dur. Le manche de son marteau de guerre.

Il grogna et se redressa lentement, repoussant la poutre avec son bras droit. Son épaule hurlait à chaque mouvement. Ses genoux vacillèrent sous lui. Il tint debout malgré la peine.

Il devait tenir. On le regardait ainsi. Comme quelqu’un qui encaisse, qui reste debout. A force, il s’était laissé prendre par l’image qu’on avait de lui.

La poussière retomba, laissant apparaître ce que ses bottes piétinaient depuis quelques secondes.

Des corps jonchaient la place. Ils s’entassaient contre les murs, sous les pierres effondrées, au milieu des débris. Certains étaient écrasés au point de perdre toute forme.

Un bras reposait contre une façade, sectionné net à l’épaule. Ses doigts étaient recourbés, figés dans une crispation ténue. Un peu plus loin, une jambe tordue dans un angle irréel laissait dépasser un os pâle, lisse, encore humide. Un torse gisait sans tête, le cou ouvert, la chair arrachée.
Le sang s’étalait entre les blocs brisés. Il coulait lentement et s’infiltrait dans les fissures, collait aux pierres, aux bottes ainsi qu’aux vêtements.

Bren resta immobile. Son regard s’arrêta sur une femme à qui il manquait tout le bas de son corps. La coupure partait net à la taille, répandant ses entrailles autour d’elle. Sa poitrine bougea faiblement. Peut-être un reste d’air dans le corps ou peut-être un spasme. Il n’aurait pas su trancher. Les yeux de la défunte étaient ouverts et fixaient le ciel comme si elle implorait le pardon des Anciens.

Bren resta bloqué là. Ses jambes ne répondaient plus.

– Pourquoi ses yeux sont encore ouverts ?

L’image d’Orrault s’imposa sans prévenir. Son grand-père dans le cercueil, les paupières fermées. Son visage semblait reposé, en paix.

Mais pas elle, non. Ses yeux restaient écarquillés, la bouche entrouverte. La peur était encore là, accrochée à son regard.
Elle était morte au milieu de la place, coupée en deux. Elle n’avait sans doute pas compris ce qui lui arrivait.

– C’est donc ça…

La phrase se cassa dans sa gorge.

– C’est pour ça que nous sommes formés ?

Ses jambes vibraient sous lui. Sa main s’ouvrit sans qu’il s’en aperçoive.

– C’est ça qu’on fait ?

Il leva la tête vers le ciel, attendant une réponse qui n’allait pas venir.

– C’est pour ça qu’on nous a donné le Flux ?

Sa gorge se serra. Un haut-le-cœur le plia en deux. Il détourna enfin les yeux de la femme éventrée et cracha au sol, la bouche brûlante et les doigts tremblants.

Quelque chose perça à travers son trouble. Un cri aigu, semblable à celui d’un bébé.

– À l’aide ! Quelqu’un !

La voix éraillée d’une femme couvra le son de l’enfant.

Bren réagit d’un coup. Il partit en courant dans la direction des voix.

– Bren ! Attends !

Fynn surgit derrière lui et attrapa son bras. Bren se dégagea d’un geste brutal, il n’avait pas le temps de discuter.

– Lâche-moi.

Il bondit malgré l’épaule qui tirait, malgré ses jambes instables. Les cris guidaient ses pas.

Les pleurs se rapprochaient. Il contourna un tas de pierres encore chaudes. Ses bottes glissèrent sur le sol poisseux. Il vacilla, se rattrapa d’un pas.

– Là.

Une femme, la trentaine environ, le visage couvert de poussière et de larmes. Elle serrait un nourrisson contre sa poitrine.

– S’il vous plaît ! cria-t-elle en le voyant. Mon bébé, prenez mon bébé.

Autour d’eux, d’autres voix montaient. Des appels hachés et ses râles de douleur. Il y en avait trop. Bren serra le manche de son marteau, repoussant le tremblement de ses doigts.

Il n’était plus qu’à quelques mètres quand il le vit. Un homme encapuchonné avançait vers elle, dans son dos. Un sourire tordu lui découvrait les dents. Ses yeux étaient rouges, brillants. Dans sa main, un poignard à lame courbe se leva.

La lame entra dans le dos de la femme. Un bruit mou et humide vint retentir sur la place. Elle se cambra, lâchant un souffle brisé. Ses bras cédèrent, laissant nourrisson glisser, frottant contre sa poitrine ensanglantée.

Bren hurla. Son pied accrocha un corps au sol le faisant chuter à genoux dans une flaque épaisse. À côté de lui, un homme sans bras, les yeux retournés, le fixait.

Bren tendit la main vers la femme.

Le couteau retomba encore, puis encore. La nuque, la gorge, la clavicule. À chaque coup, le corps s’affaissait, perdait du poids, jusqu’à ne plus résister.

Le bébé frappa le sol et se mit à hurler. Bren se releva sitôt en grognant. Son épaule ne répondait plus.

Il tissa sans réfléchir. Le Flux jaillit dans sa main. Il la frappa sur le sol, qui se fendit sous les pieds de l’encapuchonné. L’homme chancela, lâchant son arme. Bren sentit une chaleur l’habiter, une rage qu’il ne connaissait pas, l’animer. Elle le projeta en avant.
Son marteau frappa et l’os rompit sous le choc. Le sommet du crâne de l’encapuchonné éclata. Du sang et de la matière jaillirent et allèrent s’écraser sur le sol. Le corps s’affaissa, vidé, méconnaissable.

Bren attrapa le bébé et partit. Il ne regarda pas derrière lui. Ses oreilles sifflaient toujours. Ses mains tremblaient autour du nourrisson. Le monde restait étouffé, comme si le son refusait de revenir.
Il s'aperçut qu’il ne respirait plus. L’air entra d’un coup dans sa poitrine. Il se plia et toussa, la gorge en feu.

Il baissa les yeux sur l’enfant dans ses bras, il était immobile. Ses yeux restaient ouverts, fixés sur lui et sa respiration était calme. Il avait encore des traces de sang du la joue, que Bren essuya. Le nourrisson émit un gazouillis au contact de son doigt.

Des pas approchèrent devant Bren. Des mains entrèrent dans son champ de vision.

Il recula d’un bond.

– Non !

Il serra l’enfant contre lui et releva la tête. Fynn se tenait là, sans bouger.Son visage était fermé, empreint d’une tristesse discrète.

– Ça va aller. Passe-le-moi, il est hors de danger.

Bren ne répondit pas. Son regard passa de l’enfant au visage de Fynn. Ses bras tremblaient à l’idée de le faire tomber.

Il finit par lâcher prise après avoir repris son souffle. Ses mains s’ouvrirent lentement. Le nourrisson quitta sa poitrine. Fynn le prit aussitôt et s’éloigna, le portant à l’écart, loin des pierres instables.

Autour d’eux, tout n’était pas retombé. Gideon était adossé à un mur. Une entaille profonde barrait son front, juste au-dessus de l’œil. Il ne bougeait pas. Sa peau avait pris une teinte cireuse. Rowan, encore instable sur ses jambes, s’occupait de lui, serrant un morceau de tissu contre la plaie.

Un peu plus loin, des survivants s’organisaient comme ils pouvaient. Des mains passaient des bandes improvisées. Des épaules soutenaient ceux qui tenaient à peine debout. Personne ne parlait fort.

Bren regarda la scène sans remuer. Son souffle ralentit d’un cran. Ses doigts cessèrent de trembler autour du vide laissé par le bébé.

– Il y avait encore des personnes debout, se dit-il. Encore de l’espoir

Il baissa les yeux vers ses mains. Le sang avait séché entre ses doigts. Il tenta de les essuyer sur sa cuisse. La poussière transforma le rouge en une boue sombre et collante. Il frotta encore et encore, jusqu’à avoir mal. Mais, rien ne partait.

Son regard tomba sur le marteau, à ses pieds. Le métal était maculé de taches rouges.

Une voix remonta dans son esprit. Celle de son père.

– Tu es plus grand, plus fort. Les Anciens t’ont donné ça. Alors, tu te dois rendre ce que tu peux. Tu devras protéger, relever ceux qui doutent.

Il s’était accroché à ces mots depuis longtemps.
Il releva la tête. Les corps étaient toujours là. Le sang séchait sur la pierre, l’odeur de chair exposée lui restait dans la gorge.

Il repensa à Liora, à Jarrek, à Arden. À leurs sourires forcés quand il leur parlait de ses convictions. Ils disaient qu’il voyait le monde trop propre. Cette fois, il comprenait pourquoi ses amis lui disaient ça.

Bren resta là, les mains sales, le marteau à terre.

– Pourquoi moi ? murmura-t-il. Pourquoi ce corps capable d’encaisser les coups ? Pourquoi ce Flux apte à tuer ? À quoi cela servait, si ça n’empêchait pas ce genre de situation ?

Son estomac se retourna. Il se pencha légèrement, la salive amère dans la bouche.

– Bren.

La voix de Fynn atteint ses oreilles.

– On doit retrouver les autres.

Bren inspira, se redressa et hocha la tête une seule fois. Il ramassa son marteau, sa prise étaient plus faible, il s’en rendait compte.

La fumée montait encore au-dessus de Nirel et mangeait le ciel. Ses amis étaient quelque part là-dedans.

Il avança de quelques pas, puis s’arrêta près d’un homme affalé contre un muret. Sa main manquait. Le sang coulait à flots sur ses jambes.

Bren déchira un pan de sa cape et serra le tissu autour du bras sectionné. Il tira fort pour arrêter l’hémorragie. L’homme ne cria pas, ce qui surpris Bren.
Il leva simplement les yeux vers lui. Son regard était sûr, comme s’il avait accepté la douleur. Cela suffit à le faire avancer encore.

Bren inspecta au tour de lui. La poussière retombait paresseusement, découvrant le désastre qui avait surgi tout à coup.

Puis il le vit. Au fond de la place. Un homme immobile, droit, au milieu des décombres. Sa veste était déchirée et sur son plexus, un tatouage de Tisseur apparaissait nettement. Lignes sombres, nettes, que Bren reconnu, semblable à celles de Liora sans êtres les mêmes.

L’homme était plus grand que lui. Plus large aussi. Fynn s’arrêta au niveau de Bren.

Il l’avait également remarqué le Tisseur.

– C’est lui, dit Fynn. Sa voix ne tremblait pas. C’est lui qui a fait ça.

Bren serra le manche de son marteau, son poids lui revint dans la paume. Il s’apprêta à partir, mais Fynn le dépassa.

Il le vit s’élancer, l’épée basse, franchir les gravats d’un bond sec. Bren tenta de le suivre, cependant ses jambes se raidirent d’un coup. Les muscles se contractèrent violemment. Il resta planté là.

– Maudit contrecoup ! Ragea-t-il.

Il frappa sa cuisse du poing, mais son corps refusait simplement d’avancer. Il ne put qu’à attendre debout et regarder Fynn courir seul vers le Tisseur.

Fynn Riven savait qu’il devait avancer. Pas pour les autres, non, mais pour lui et pour cet homme qu’il essayait de ne pas voir derrière chaque décision qu’il prenait. Romuald Riven ne parlait jamais de nuances. Chez lui, il y avait ceux qui tenaient debout et ceux qui pliaient. Ceux qui passaient devant et ceux qu’on piétinait. Fynn avait grandi là-dedans. Dans les silences de son père et le mutisme de sa mère. Il ne se souvenait que de rare occasion où son paternel levait la main sur lui. Celui-ci n’en avait pas besoin, il savait se taire, laissant la honte faire le reste.

Le Tisseur attendait Fynn au milieu des décombres. Sur son plexus, le tatouage luisait faiblement. Il tenait un cimeterre, dont la lame était plantée dans le sol, d’une main posée sur la garde.
La place autour d’eux n’était plus qu’un amas de pierres brisées, de corps dépassant des gravats. Le vent ramenait la poussière, la cendre, l’odeur lourde du sang répandu sur les murs.

Fynn inspira profondément l’épée déjà prête à frapper. Il cria en approchant le Tisseur qui releva la tête. Leurs regards se heurtèrent un instant. Assez longtemps pour reconnaître chez l’autre la même certitude qui le faisait avancer. Ce serait un combat pour la survie.

Fynn envoya un coup horizontal, ample, destiné à fermer l’espace entre eux. La lame fendit l’air dans un sifflement sec. Le Tisseur se déroba dans un mouvement qui ne ressemblait pas à une esquive normale. Son torse se vrilla, ses épaules suivirent avec un temps de retard, comme si son corps avait perdu une partie de sa masse. La lame passa à quelques doigts de sa poitrine.

– Flux volatil, pensa Fynn.

Il corrigea aussitôt son approche. Il enchaîna sans reprendre appui, pivota sur la hanche et ramena sa lame en diagonale. Le Tisseur glissa encore, ses pieds effleurèrent à peine le sol. La poussière se souleva sous lui et retomba progressivement.

Fynn sentit son élan déséquilibrer son pas. Il serra les dents et força l’avancée, planta son talon dans le sol et frappa de nouveau.

Cette fois, le Tisseur bloqua l’attaque. Le cimeterre quitta le sol dans un éclat sec. Le choc remonta dans les bras de Fynn. Le métal vibra. Il reconnut la sensation, il en avait déjà affronté, des tisseurs dotés du Flux volatil. Liora lui revint en tête, ses mouvements fluides lors de rares duels d’entrainement. Assez fréquents néanmoins pour savoir une chose.
Laisser respirer un Tisseur revenait à perdre le combat. Tant qu’il déciderait du rythme du combat, il pouvait tisser et renverser la situation.

Fynn serra les dents et fit ce qu’on lui avait appris quand reculer n’existait pas.Il avança. Un pas, puis un autre. Sans chercher d'ouverture ni même le coup parfait. Fynn enchaîna un coup à gauche, un autre à droite ensuite un troisième en remontant. La lame traçait des arcs rapides, continus. Il pivotait, se baissait, se redressait, tout le corps engagé, sans prendre pause, sans retenue.

Le Tisseur parait, esquivait de justesse. Mais, il reculait, son souffle se faisait plus rapide, Fynn le voyait parfaitement. Le Flux ne parvenait plus à son adversaire avec la même fluidité. Il hésitait, ses yeux ne suivaient pas les coups assez rapidement. C’était là que tout se jouait.

Fynn le vit à l’affaissement des épaules du Tisseur, à ses appuis trop lourd.

Le contrecoup.

Il lança une volée de bas en haut. Les lames se rencontrèrent dans un choc sec. Le métal vibra jusque dans ses bras. Les épées flottaient dans l’air, comme si le temps s’était suspendu un instant. Fynn força sur ses épaules, engagea tout son poids, et dévia la trajectoire adverse. Le cimeterre échappa de la main du Tisseur dans un mouvement mal contrôlé et alla s’écraser plus loin dans un fracas clair.

Celui-ci resta figé, une demi-seconde de trop. Sa bouche s’entrouvrit et Fynn frappa. Un pas en avant. Une attaque de haut en bas, directe, de toutes ses forces. Le Tisseur recula, son corps glissa vers l’arrière, dans un mouvement amplifié par le Flux.

Mais, pas assez loin, Fynn le sut aussitôt. La lame effleura le torse de l’ennemi. Juste assez pour ouvrir la peau, là où le tatouage était gravé. Une entaille fine, presque invisible, se dessina. Son adversaire recula d’un pas sec. Quelque chose lâcha dans sa posture, son genou vint se plier laissant place à une rage profonde dans ses yeux.
Il reprit son équilibre et envoya un coup de pied. Le talon heurta Fynn au visage alors qu’il n’avait pas encore repris son appui. Sa tête partit de côté, sa nuque craqua et il s’effondra quasiment à genoux.

Le sol bascula, suivit d’un goût métallique qui lui remplit la bouche.
Il releva la tête pour faire face à son ennemi. Puis l’air changea. Il vibra. Le Tisseur avait levé la main dans sa direction, ses doigts étaient crispés, son tatouage dans sa paume changeait de couleur. Fynn sentit ses vêtements se faire tirer vers l’avant, happés par quelque chose qu’il ne voyait pas. Sa poitrine se contracta tandis que l’air se resserra autour de lui. Respirer devint soudain difficile.
La pression monta encore, il se cramponna au sol pour ne pas être aspiré. Une boule d’air compressé s’était formé entre lui et le Tisseur qui le regardait avec des yeux injectés de sang. Mais, celui-ci avait oublié une information.

Derrière lui, Bren avançait. Il reconnut le buste légèrement penché, les épaules verrouillées. Cette façon de charger sans chercher l’esquive. Il connaissait ce mouvement. Quand le Flux durcissait tout le corps de Bren, le rendant aussi dur que l’acier. Son épée avait souvent ricoché sur sa peau.

Le choc fut brutal. Bren percuta l’homme épaule en avant. Le bras levé du Tisseur fut frappé de plein fouet. La décharge, qu’il maintenait, partit de côté, filant dans un mur.
La pierre se contracta une fraction de seconde, puis céda dans un grondement sourd. Des blocs explosèrent, projetés en nuage de poussière et de gravats.

Le bras du Tisseur se tordit dans un craquement sec. L’os perça la peau et son sang vint lui éclabousser le visage.
Fynn n’attendit pas. Il se redressa maladroitement, ramassa son épée dans une roulade réflexe et se projeta en avant. La lame entra profondément dans la gorge du Tisseur.
Celui-ci fit un pas de retrait, cracha une gerbe de sang. Ses yeux s’écarquillèrent, mais la colère y brûlait encore.

Il souriait. Un sourire trop large lui découvrit les dents. Ses yeux étaient encore accrochés à ceux de Fynn. Ils ne montraient aucune peur, aucun remords.
Puis son corps s’effondra, arrachant la lame de sa gorge.

Fynn lâcha son glaive, la douleur le rattrapa d’un coup. Sa vision se troubla. Le sol sembla s’incliner sous lui.

La dernière image qui lui resta fut Bren, se retournant, sa main tendue vers lui. Ensuite tout s’éteignit.

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