Chapitre 10

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Mardi 30 septembre

Clarisse Dumaine repassa dans le grand open-space partagé par les équipes de la Section de Recherche et interpella un jeune gendarme occupé sur son ordinateur.

— Léo, tu as quelque chose d’urgent en ce moment ?

— Non, rien qui ne peut attendre, tu as besoin de moi ?

— Le major veut qu’on retrouve une voiture, on va récupérer la clé et on fait un tour chez les loueurs.

— On a la clé ? s'étonna Léo.

— Oui, elle était dans la poche de la victime. C’est une voiture de chez Sixt, mais on n’a aucune idée de l’endroit où elle se trouve actuellement. On va déjà essayer à Blagnac.

Après être passée au service technique, Clarisse regarda la clé. Le numéro d’immatriculation figurait sur le porte-clé.

— Interroge le fichier des cartes grises. Le major pense qu’il s’agit du Golf bleue.

— Je regarde ça tout de suite.

Quelques minutes plus tard, la Mégane de service roulait sur la rocade. Léo Maillet confirma l’information.

— En effet, c’est bien une Golf, elle est assez récente.

— Lance un avis de recherche aux brigades de la région, demanda l’adjudante. Ensuite, tu contacteras la police municipale de Castres et aussi la police nationale. D’après le légiste, la victime a été tuée il y a près d’une semaine. La voiture a peut-être été remarquée.

Il ne leur fallut pas plus d’un quart d’heure pour arriver à l’aéroport. Clarisse laissa leur véhicule sur un emplacement de service à proximité du terminal. L’employé de chez Sixt les reçut aimablement, mais ne retrouva pas de contrat pour cette voiture dans son fichier. Elle ne se rappelait pas non plus d’un individu correspondant à la description donnée par les gendarmes.

— Je suis désolée, mais je ne peux pas vous en dire plus, vous devriez essayer l’agence de Matabiau. Votre voyageur a pu arriver par le train.

Les deux gendarmes retournèrent à leur voiture, ils étaient habitués à ces déconvenues, les enquêtes judiciaires ne se menaient pas en quelques minutes. La patience était l’une de leurs principales qualités. Ils eurent plus de chance à la gare SNCF.

— Oui, répondit le manager de la station, c’est bien une de nos voitures. Elle a été louée le 15 par un individu dénommé Rudolph Kaiser, je peux vous fournir la copie de ses pièces d’identité. Par contre, elle aurait dû rentrer le 23 et elle est toujours manquante. Elle a été accidentée ?

— Nous n’en savons rien, nous recherchons cette voiture et la personne qui l’a louée.

— Je vais vous faire une impression de ses documents d’identité. Monsieur Kaiser est de nationalité allemande, domicilié à Potsdam.

— Vous pourriez nous le décrire ? demanda Léo.

— Non, désolé, ce n’est pas moi qui ai traité sa réservation et la personne qui l’a reçu est absente aujourd’hui.

— Dommage, commenta le gendarme.

— Voilà les impressions, se contenta de répondre l’employé en tendant deux feuilles. Je suis désolé, la qualité n’est pas géniale, mais pour nous, c’est suffisant.

Clarisse prit les deux documents, les photos étaient très sombres. Elle regarda la date de naissance : 1961. C’était cohérent avec l’âge estimé de la victime. Mais pourquoi avait-il réservé un hôtel sous un faux nom ?

— Quand vous avez constaté que le véhicule n’avait pas été rendu, vous n’avez pas cherché à contacter le client ?

— Nous l’avons fait, mais nous sommes tombés sur sa messagerie et il n’a jamais rappelé.

— Ça arrive souvent que des voitures ne soient pas rendues ?

— Oui, ça arrive parfois. Le plus souvent, le client a changé ses plans, elle il la rend un peu plus tard, dans une autre agence. On patiente toujours un peu avant de s’inquiéter. Là, ça ne fait qu’une semaine de retard.

— Vous avez de la chance, on va lancer un avis de recherche ! conclut Clarisse avant de sortir avec les deux feuillets.

L’après-midi s’achevait quand les deux gendarmes laissèrent la voiture au parking.

— Je te laisse la paperasse, déclara l’adjudante. Je vais voir Olivier.

Le major était à son bureau, occupé à lire des document sur son écran.

— Vous avez retrouvé la voiture ? demanda-t-il en levant les yeux vers la jeune femme.

— Pas encore, mais on sait qu’elle a été louée à la gare et pas par Klaus Bauer. Le client a fourni des papiers au nom de Rudolf Kaiser, de Potsdam.

— C’est dans l’ex-RDA remarqua Roumiac.

— Près de Berlin, j’ai vérifié en venant.

— Le légiste pense que la victime venait d’Europe de l’Est, période soviétique. Les photos ne sont pas bonnes sur les documents, mais les techniciens pourront sûrement nous dire si on affaire à la même personne. En tout cas, la date de naissance est cohérente.

— Contacte les services allemands, ils doivent pouvoir nous fournir les empreintes digitales de ce Kaiser. Tout était fiché chez eux à cette époque. Essaie aussi de retracer son voyage, la SNCF a peut-être enregistré une réservation.

— Je vais les contacter, mais il aura peut-être choisi une troisième identité, s’il voulait brouiller les pistes.

— C’est un risque, en effet. On n’a pas de nouvelles de la voiture ?

— Mallet a fait passer le mot, mais pas de retour pour le moment.

— Bon, ça suffira pour ce soir, espérons que nous aurons quelques réponses demain.

— J’envoie la demande aux Allemands et je rentre.

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