Chapitre 13
Jeudi 2 Octobre
— Major, je crois qu’on tient quelque chose sur notre inconnu.
— Je vous rejoins !
Clarisse avait installé un projecteur dans la salle de réunion et un technicien s’affairait à connecter le vieil ordinateur retrouvé dans la voiture la veille.
— Je ne croyais pas avoir encore besoin de ces câbles un jour, grogna le jeune homme. Voilà, je crois que ça va fonctionner comme ça.
— Merci Kevin, je pense que je vais savoir comment faire maintenant.
— Appelle-moi si tu as des problèmes, je suis à côté.
La photo de Berlin s’afficha sur l’écran, puis une multitude d’icones vinrent se superposer sur l’image, l’une après l’autre.
— Et dire que nous étions heureux d’avoir une de ces machines il y a trente ans ! commenta Roumiac.
— Le propriétaire de cette antiquité ne devait pas être un cador en informatique, rien n’est organisé, il y a des fichiers partout, difficile de s’y retrouver. On a travaillé en triant par date. Je ne sais pas s’il y a des sauvegardes quelque part, mais le disque contient au moins vingt années de travail.
— Le gars devait imprimer tout, il doit y avoir des tonnes de papier chez lui ! lança le major.
— Les noms des documents ne sont pas très explicites, il y a des lieux, des noms de personnes, des unités militaires. Kaiser devait utiliser cet ordinateur comme une machine à écrire et gérer ses dossiers ailleurs, en effet. On a fouillé un peu au hasard, mais bien sûr tout est en allemand. Pas facile de se faire une idée, même avec Google. Il nous faudrait quelqu’un qui pourrait lire rapidement.
— Je vais demander au procureur s’il peut nous trouver un interprète, proposa Olivier.
— On a quand même trouvé ça, annonça Clarisse en ouvrant un fichier.
L’écran s’ouvrit sur une page de texte, on pouvait comprendre que c’était un programme de voyage. Des dates, des adresses et des horaires de transport.
— De Berlin à Paris, le 14 septembre, EasyJet. Paris-Austerlitz, train de nuit pour Toulouse le 14. Location de voiture SIXT à Matabiau, Hôtel Miredame à Castres du 15 au 23 septembre. On sait comment il est arrivé, énonça l’adjudante, mais ce qui est curieux, c’est que le retour n’est pas prévu.
— Peut-être qu’il prenait des notes au jour le jour, suggéra Maillet.
— C’est une possibilité, répondit le major, ou bien il ne l’avait pas planifié parce qu’il ne savait pas comment les choses allaient se passer ici.
— Oui, peut-être, on va interroger les compagnies pour chercher s’il avait un vol de retour, dit Clarisse.
— Il avait quand même envisagé de rendre la voiture le 23, selon l’agence, ajouta Léo.
— Vous avez pensé à regarder le kilométrage effectué ? Ce serait intéressant de voir s’il a beaucoup circulé pendant son séjour, demanda Olivier.
— Je m’en occupe, dit le jeune gendarme.
— Regarde aussi s'il y a un historique du GPS. Je ne pense pas que ce gars soit venu pour faire du tourisme. Il devait s’intéresser à quelque chose de bien particulier. Tu m’as dit qu’il publiait des articles sur les exactions des unités SS ?
— Oui, c’est ça, répondit l’adjudante. Il nous faudrait trouver un spécialiste de cette période, des événements qui auraient pu avoir lieu dans la région, pendant la guerre.
— Il y a un endroit où ils pourraient nous aider, répondit le gendarme, tu connais le Musée de la Résistance de Toulouse ? C’est près du pont des Demoiselles.
— Non, je n’y suis jamais allé, mais je peux y faire un saut.
— Ils pourront sûrement te donner le nom d’une personne qui saura nous aider.
— Il y a des choses qui me gênent dans cette histoire, ajuta Clarisse. Notre type devait avoir prévu de rencontrer du monde ici, il avait forcément des contacts. Pour le moment, on n’a ni téléphone ni agenda. Cet ordinateur n’est pas configuré pour se connecter à l’internet. Même si Kaiser était vieux jeu, il avait besoin de communiquer, d’envoyer des mails. Peut-être avait-il une autre machine ou une tablette. Il avait réservé son hôtel sur une plateforme, c’est ça ?
— Oui, c’est ce que le réceptionniste m’a dit.
— OK, je vais le rappeler, il y a forcément une adresse mail et un numéro de téléphone dans sa réservation.
— Tu as eu un retour des collègues allemands ?
— Non, pas encore, je vais les relancer dès que j’aurai les contacts de ce type.
— Tu as examiné le contenu de la valise ?
— Pas encore, c’est sur ma to do list pour la fin de la matinée. J’ai préféré laisser les TIJ faire leur travail avant.
— Je te laisse travailler là-dessus, je te tiens au courant dès que je t’aurai trouvé un traducteur.

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