Wakapoutou
Les plus lues
de toujours
Que se passerait-il si, du jour au lendemain, votre monde révélait ses côtés les plus sombres ?
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Une douce amertume quotidienne , quand un soupçon de sucre s'y ajoute
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C’était un doux soir d’été, vous savez, ce genre de soir où l’on peut rester sur le porche de sa maison sans risquer le froid. Baignée d’une magnifique couleur orangée, je voyais les enfants gambader et s’amuser librement. Une pointe de nostalgie me prit en me souvenant que, moi-même enfant, je chérissais ces moments maintenant bien loin. La teinte du soleil rendait ce moment unique, presque surnaturel. L’orange du soleil et le bleu du ciel se mariaient à merveille, comme deux hommes savourant un moment de répit après une dure journée. Je saluai de la main mon voisin, Richard, qui partait à heure fixe promener son chien, Mousse. Ne me demandez pas pourquoi, mais je suppose que c’est un ancien marin. Quoique, peut-être que ce nom vient simplement du pelage frisé du chien. J’aime les chiens… Je n’ai jamais eu l’audace d’adopter une de ces créatures, pourtant je l’aurais voulu. Leurs petits yeux pétillants et leur amour inconditionnel en font, à mes yeux, les partenaires idéaux d’une vie. Je n’ai pas eu la chance de me marier. J’ai eu quelques amourettes, ça et là, au gré de mes voyages pour le travail, mais je fus trop lâche pour les laisser entrer dans ma vie. Ma vie ne fut qu’une s
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Les chroniques d'une ivrogne en quête d'aventure
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Il sortit de chez lui, observant la ville du haut des marches , ce spectacle de lumières vacillantes, chacune parant la maison d’un être, chaque éclat témoignant d’une vie présente dans un foyer. Il prit quelques secondes pour savourer ce silence — ce moment rare où le cerveau ne perçoit rien : ni le bourdonnement des machines, ni le grondement des voitures, ni même le murmure des télévisions. Il se fit la réflexion que, de nos jours, le silence était devenu un interdit subtil, un message discret signifiant que nous n’avions rien d’intéressant ou de pertinent à dire. Il apprit encore quelques instants ce phénomène, caressant du bout de l’esprit la douceur de la vie. Descendant les escaliers, il se fit la même réflexion qu’à chaque fois : « Mais qui a construit ces escaliers ? Comment ? » Une question qu’aucun savoir — pas même celui de ChatGPT — ne saurait vraiment trancher. Sa main quitta la rambarde métallique, froide sous ses doigts. Et, comme si sa pensée y était liée, il cessa de songer à l’escalier. De nouveau, il observa la ville, baignée d’une lumière chaude et rassurante. Un message silencieux : « Tu n’es pas seul. Nous sommes là. » Il traversa sa petite cour, pestant inté
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Défi
Chaque jour, je recommençais ce cycle infernal. Je me levais, une toilette puis j'allais au travail. Un travail sans réelle valeur si ce n'est d'engraisser mon patron. Je ne trouvais aucun supplice comparable dans les cercles de l'enfer. Une torture sans nom qui était acceptée par mes pairs. De mon côté, je sombrais peu à peu, je sentais mon esprit perdre son envie de vivre. Un jour en rentrant du travail je vis un panneau qui vantait les mérites d'une énième crème amincissante ultra performante, toujours surplombé par une femme en maillot de bain pour bien faire comprendre au monde que une femme doit ressembler à ça. Foutaise. En rentrant je tombais d'une fatigue mentale sur le canapé, allumant la télé pour ne pas avoir à supporter cet énième discussion avec moi-même et pour étouffer toute pensée qui viendrait me forcer à réfléchir. Je zappais sans but à travers les chaînes, avec ce doux instrument de dressage qu'est une télécommande, me poussant à toujours chercher le programme qui me ferait oublier que ma vie n'a aucun sens. Je tombais sur une de ces émissions suffisamment débiles pour n'offrir aucune forme de réflexion. Vous savez les émissions où on vous montre des mecs qui ac
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Cela fait maintenant quatre ans que je travaille dans ce lieu. Nous y accueillons les enfants pour leur offrir un cadre de verdure et de jeu. Avec le temps, j’ai fini par acquérir de l’affection pour cet endroit : son grand jardin de verdure et de fleurs, son cadre bucolique en faisaient un excellent lieu pour permettre à mon esprit, quelque peu fragilisé par la vie, de se poser. J’ai pris l’habitude, en l’absence des enfants, de m’asseoir sur les marches, face au jardin, pour en apprécier chaque détail. L’herbe y semblait plus verte qu’ailleurs. Baigné par la lumière du soleil et caressée par le vent, les herbes y dansaient, et les fleurs caressaient mes narines de leurs divers parfums. Bien que ce ne fût pas le plus charmant des jardins, je me surpris à en faire l’éloge autour de moi ; j’y décrivais même parfois des histoires imaginaires. Pourtant, je ne sus jamais pourquoi, mais un habitant de ce vaste jardin fut pour moi comme une tache sur ce doux tableau. Non pas qu’il fît disgrâce, ou que sa présence fût dérangeante, mais mon esprit a toujours nourri une certaine curiosité à son propos. Il s’agissait d’un arbre. Bien que je l’eusse voulu, je fus incapable de nommer son origi
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Caïn et la Voix du Vide Quand j’ouvris les yeux, je constatai avec étonnement que je me trouvais dans un endroit calme, seul, une mer d’étoiles dans laquelle je flottais. Je ne saurais dire comment ou quand j’ai pu atterrir ici, mais le calme présent en cet endroit était unique. Étrangement, je ne ressentis rien en pensant à l’énormité du vide qui s’étalait devant moi. Rien… ni peur, ni joie, aucune émotion ne me traversait en cet instant. L’air y était étrangement doux, je ne sentis aucune odeur également. J’eus beau humer l’air à de nombreuses reprises, je ne sentis rien, et même face à cela aucune émotion ne m’obscurcit l’esprit. J’eus beau essayer de me souvenir, j’eus beau essayer de toutes mes forces de penser, mais rien, mon esprit était comme absent de mon corps. Je me mis à marcher, longuement sans aucune notion du temps, je marchai sans que la fatigue ne me retienne. Alors que je traçais mon chemin sur cette mer d’étoiles, je constatai que, bien que je fusse vigoureux dans ma marche, rien ne semblait bouger. Je me mis à courir en me disant que cela changerait quelque chose, mais je ne pus constater que l’immobilité de cet endroit. Je marchais sans marcher, j’avançais sans
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Défi
Il existe une légende qui parcourut le Japon — celle des deux hommes. Deux épéistes dont le talent et la détermination élevèrent leur art jusqu’aux cieux. La légende rapporte ces mots : Le premier jour du printemps, les deux hommes se tenaient au milieu du champ. L’herbe y dansait sous la brise, douce et parfumée de renouveau. Jamais encore ils ne s’étaient vus, jamais leurs lames ne s’étaient croisées. Pourtant, le caprice du destin les mena à cette rencontre, à cet instant-là. Le temps se figea. Leur esprit s’aiguisa. D’aucuns disaient que le sang devait couler pour qu’un vainqueur puisse être nommé. Mais ce jour-là, rien ne troubla leur calme : ni la pluie, ni le vent, ni le feu des heures. Leur esprit vibrait d’harmonie, leur corps prêt au défi. Vint le deuxième jour. Aucun ne bougea. Comme si tous deux attendaient l’instant de grâce. On raconte dans les écrits anciens que les plus grands guerriers, sans verser de sang, savaient reconnaître, à la seule force de l’esprit, celui qui en sortirait grandi. À l’aube du troisième jour, leurs mains enfin frémirent. Un seul geste, sans violence. Aucun cri, aucune gerbe de sang — seulement la lumière du soleil soulignant leurs mouvements
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Défi
La galère. C’est drôle, car à la base, ce mot exprimait plutôt le quotidien d’un esclave qui ramait, frappé par un ventripotent personnage à qui l’on avait donné une poussière de pouvoir. C’est d’autant plus drôle que ce genre de personnage existe encore aujourd’hui — vous savez, ce manager qui se croit tout-puissant. “La galère, ce mec.” Ce sentiment qu’il vous inspire, juste parce que vous n’avez pas servi la pauvre demoiselle qui assiste aux réprimandes de votre manager sur vous, mais trop timide pour lui dire de se taire. La galère. C’est aussi un terme qu’on utilise quand on est enfant. Vous savez, quand vous étiez dehors avec vos potes, et que chacun fouillait ses fonds de poche pour participer à la cagnotte commune, en vue de s’offrir un soda ou un Mister Freeze en été. Et évidemment, il y avait toujours le héros du groupe, mû par un mélange de courage et de charisme, qui osait aller demander à ses parents. La galère. C’est aussi une locution qu’on emploie quand votre vélo crève au beau milieu d’un champ, suffisamment loin de toute civilisation pour que vous soyez obligé de le pousser, malheureux, en passant devant ces gens qui vous jugent. La galère. C’est la fin du mois, q
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Défi
Les richesses du cœur, c'est quelque chose qui s'efface avec le temps. Peu à peu, dans un monde qui vise un individualisme de plus en plus assumé, on ne vit plus pour les autres mais uniquement pour soi-même. Et si je vous disais que les personnes généreuses n'y pensent même pas ? Vous vous posez la question à chaque fois : « Mais pourquoi il fait ça ? Qu'est-ce que ça lui apporte ? Je suis sûr qu'il essaie de se faire bien voir. » Je vous assure que non ! Alors ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : oui, il existe des gens qui utilisent une fausse apparence de générosité qu'ils contrôlent et ciblent des moments précis pour faire valoir leur qualité, mais ici on parle des vrais, ceux qui, peu importe le moment et peu importe ce que les gens vont penser, sont capables de ce geste sans même pouvoir y résister. Un peu comme si la générosité n'était pas juste un acte mais une conviction profonde qui brûle à l'intérieur d'eux. Je ne me suis jamais défini comme quelqu'un de généreux, mais avec le recul, je me souviens parfois de moments où, juste par pure compassion ou pour tendre une main, j'utilisais mes dernières économies pour aider un ami, alors même que j'aurais eu besoin d
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