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Wakapoutou

Wakapoutou
Caïn et la Voix du Vide Quand j’ouvris les yeux, je constatai avec étonnement que je me trouvais dans un endroit calme, seul, une mer d’étoiles dans laquelle je flottais. Je ne saurais dire comment ou quand j’ai pu atterrir ici, mais le calme présent en cet endroit était unique. Étrangement, je ne ressentis rien en pensant à l’énormité du vide qui s’étalait devant moi. Rien… ni peur, ni joie, aucune émotion ne me traversait en cet instant. L’air y était étrangement doux, je ne sentis aucune odeur également. J’eus beau humer l’air à de nombreuses reprises, je ne sentis rien, et même face à cela aucune émotion ne m’obscurcit l’esprit. J’eus beau essayer de me souvenir, j’eus beau essayer de toutes mes forces de penser, mais rien, mon esprit était comme absent de mon corps. Je me mis à marcher, longuement sans aucune notion du temps, je marchai sans que la fatigue ne me retienne. Alors que je traçais mon chemin sur cette mer d’étoiles, je constatai que, bien que je fusse vigoureux dans ma marche, rien ne semblait bouger. Je me mis à courir en me disant que cela changerait quelque chose, mais je ne pus constater que l’immobilité de cet endroit. Je marchais sans marcher, j’avançais sans
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Cela fait maintenant quatre ans que je travaille dans ce lieu. Nous y accueillons les enfants pour leur offrir un cadre de verdure et de jeu. Avec le temps, j’ai fini par acquérir de l’affection pour cet endroit : son grand jardin de verdure et de fleurs, son cadre bucolique en faisaient un excellent lieu pour permettre à mon esprit, quelque peu fragilisé par la vie, de se poser. J’ai pris l’habitude, en l’absence des enfants, de m’asseoir sur les marches, face au jardin, pour en apprécier chaque détail. L’herbe y semblait plus verte qu’ailleurs. Baignée par la lumière du soleil et caressée par le vent, les herbes y dansaient, et les fleurs caressaient mes narines de leurs divers parfums. Bien que ce ne fût pas le plus charmant des jardins, je me surpris à en faire l’éloge autour de moi ; j’y décrivais même parfois des histoires imaginaires. Pourtant, je ne sus jamais pourquoi, mais un habitant de ce vaste jardin fut pour moi comme une tache sur ce doux tableau. Non pas qu’il fît disgrâce, ou que sa présence fût dérangeante, mais mon esprit a toujours nourri une certaine curiosité à son propos. Il s’agissait d’un arbre. Bien que je l’eusse voulu, je fus incapable de nommer son orig
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18 juin 1977- 15h57 — Musée national archéologique Quand je reçus la lettre, je fus ébahi. En réalité, ébahi n’est pas le mot juste : j’ai d’abord été horrifié en imaginant les pires scénarios. Ensuite, j’imagine que mon esprit a tenté de rationaliser la situation, jusqu’à me pousser à ouvrir cette lettre. « Cher Cornelius, J’ai reçu vos différentes missives, quelque peu insistantes quant à votre motivation à participer, dans le cadre de votre projet d’étude, à notre prochaine expédition en Égypte. Bien que je fusse réticent à l’idée de me ralentir avec un profane, mes collègues m’ont dissuadé de penser ainsi et m’ont assuré que cela serait une occasion de faire profiter votre génération des merveilles de l’archéologie. Trouvez donc ci-dessous un billet pour nous rejoindre au musée d’archéologie de Brightbridge. Ne soyez pas en retard. » Après la lecture de cette lettre, je ne mis pas longtemps à préparer un sac sommaire et à sauter dans le premier train en direction de Brightburg. Imaginez un étudiant de troisième année partir en expédition avec l’un — si ce n’est le plus grand archéologue mondial. Je trépignais d’impatience. La porte du musée s’ouvrit dans un bruit métallique sou
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La L'homme s'assit à côté de lui, il entama une discussion banale. « Il fait bon aujourd'hui non ? », la seule réponse qu'il obtint fut le vent soufflant sur les pailles voltigeant en cercle. « Pas bavard hein ? Bah ! Vous en faites pas, je suis assez pipelette pour deux ! » L'homme plongea son regard dans le ciel jaune. « Vous savez, j'ai jamais vraiment aimé discuter avant tout ça mais je sais pas dire que c'est l'âge ou bien je ne sais quoi mais... Je me prends à discuter avec tous ceux que je croise désormais. » Il ne chercha pas à confirmer que cet interlocuteur opportun écoutait ne serait-ce qu'un traître mot de son discours, aussi il enchaînait. « Vous savez, moi je pense que parler c'est comme ouvrir son cœur, ça demande du courage ! Ah ! » Son rire résonna dans les vastes plaines sèches, il marqua une pause comme pour respirer. Il prit une gourde d'eau métallique et but une gorgée puis la tendit à ce silencieux personnage. « Vous en voulez ? » Encore une fois il se heurta à un silence presque blessant, mais ne se décourageant pas il continua sa tirade. « Ahhh c'est compliqué aujourd'hui, déjà à l'époque je trouvais qu'on s'écoutait pas beaucoup mais alors maintenant ! C'es
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Journal de bord du Dr H. Lemoine — Juin 1967 18 juin 1967 Tandis que j’embarquais sur le bateau, je ne pouvais m’empêcher de repenser à l’étrange suite de coïncidences qui m’avaient conduit à entreprendre ce voyage. Tout commença par une lettre venue de l’asile d’Arkham. On m’y sommait de m’y rendre afin d’y identifier un confrère disparu depuis quatre ans en mer — retrouvé vivant sur une île glacée inconnue, au large de l’Islande. J’y ai vu l’horreur. Jadis chercheur de renommée mondiale, il n’était plus qu’une coquille vide. Ses yeux ! Il n’y avait plus rien dedans, rien d’humain. Vitreux, absents, comme si on avait arraché son âme. Lorsqu’il me vit, il esquissa un sourire… un rictus déformé, immonde, presque animal. Mon esprit eut peine à supporter cette vision sans vomir. Plus tard, je consultai le film de son expédition. Au début, il parlait calmement, méthodiquement. Mais à mesure qu’il évoquait l’île, sa voix se chargeait d’une ferveur étrange. Ses gestes devenaient brusques, ses mots zélés, presque délirants. Ses journaux n’étaient guère plus clairs. L’écriture se dégradait ; les phrases se brisaient, remplacées par des gribouillis et des symboles illisibles. À la fin, il n
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L'appel J'ouvris les yeux dans une grotte. L'air y était humide et chaud, contrastant étrangement avec la noirceur presque huileuse des pierres. Impossible de me souvenir de ce que je faisais là, ni comment j'y étais arrivé. Ma tête bourdonnait d'une douleur sourde, comme écrasée par un poids invisible. Je me redressai péniblement pour observer les alentours. Tout ce que je distinguais, c'était la profondeur oppressante de la roche noire. En fouillant mes poches, j'espérais trouver un indice pour ranimer un peu de raison. Rien — hormis mon vieux briquet Zippo… et un revolver, chargé d'une seule balle. Mon horreur redoubla lorsque je me retournai : derrière moi, un bassin d'eau stagnante regorgeait de carcasses de mammifères marins, déchiquetées, mutilées. Je dus retenir un haut-le-cœur. Ce n'étaient pas tant leurs corps déformés qui me fendaient l'âme… mais leurs yeux. Figés dans la terreur absolue, comme si ce qui les avait dévorés relevait d'une abomination des profondeurs. De longues minutes s'écoulèrent avant que mon esprit fissuré ne retrouve un semblant de cohérence. Puis, puisant au plus profond de moi, je me remis en marche, tâtonnant la pierre ruisselante. Soudain, un renf
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