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Fluoluciole

Bonjour à toutes et à tous !

Après un douloureux hiatus de presque une année, j'ai bon espoir de retrouver un rythme d'écriture décent grâce à ce bel endroit. Les interactions avec les autres rêveurs qui arpentent ces lieux devraient sûrement m'y aider, l'idée de ne plus écrire que pour soi s'avère être quelque chose de plutôt excitant et motivant.

Pour le moment, vous trouverez principalement ici des nouvelles ou courts textes issus des littératures de l'imaginaire. Je ne me crois pas encore vraiment capable de sortir de ce carcan, et je ne suis honnêtement pas sûr de le vouloir, mais qui sait, peut-être que ma présence ici m'aidera à explorer de nouveaux horizons.

Prenez soin de vous, au plaisir de vous lire <3

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œuvres
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défis réussis
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"J'aime" reçus

Œuvres

Défi
Fluoluciole
Tous les ans, dans la cité de Rogobard, une personne est élue pour participer au rituel de l'ascension. Cette fois, il s'agit d'Alister Treno, un pauvre ébéniste esseulé qui jamais n'aurait pu imaginer participer à quelque chose de plus important qu'à l'élaboration d'une commode.

Suivez les événements qui le mèneront, lui et une étrange femme du nom de Lenaciel, vers la découverte des mystères qui gouvernent son monde en secret.
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Défi
Fluoluciole

Au cœur de la nuit, quatre ombres fusaient entre les épaisses gouttes vermeilles qui résonnaient avec fraca sur les toits. Malow avait espéré que la tempête lui aurait permis de couvrir son forfait, il n’en fut rien. Une petite erreur de jugement par ci, un saut mal ajusté par là, et voilà qu’il se retrouvait à courir comme un dératé dans les rues désertes, traqué par trois colosses en sorciré. Les mèches de cheveux gluants qui lui collaient au visage, ajoutées à sa tunique noire alourdie et tout empoissée, l’empêchaient de se mouvoir comme il le voulait. Maudite pluie veinifère, songea-t-il. Si je ne trouve pas une échappatoire d’ici dix minutes, je vais me retrouver cloué au sol comme une satanée mouche, et là…
Un éclair jaillit de la foudrelance d’un de ses poursuivants et se précipita droit sur lui. Malow se jeta sur le côté pour tenter de l’éviter, sans succès. Le projectile l'atteignit à la jambe gauche. Il sentit l'électricité se répandre dans tout son corps avant de s'écraser douloureusement au sol. En un instant, les trois gardes l’encerclèrent. Pendant que deux d’entre eux le tenaient en joue, l’autre le fouillait sans ménagement. Lorsqu’il se redressa, une petite sphère en métal doré, entourée d’un mince anneau d’argent flottant, reposait dans la paume de sa main. Une voix grave, bouffie de dédain et d’arrogance, s’éleva alors.
— T’pensais vraiment pouvoir nous échapper sous cette pluie, sale petit rat ? Un rire guttural s'échappa derrière son masque en cuir. Maintenant, tu vas nous suivre bien gentiment, j’suis sûr que l’comte aura envie de jouer un peu avec toi avant ton exécution.
A l’instant où le malabar s'apprêtait à attraper Malow, un intense flash lumineux lui voila la vue et un énorme BANG lui perça les tympants. Quand le voleur retrouva l’usage de ses yeux, il vit les trois gardes allongés à ses côtés ; d’épaisses volutes de fumée noirâtres et nauséabondes s’élevaient de leurs corps inanimés.
— Mais, qu’est-ce que… chuchota-t-il.
La petite sphère dorée se trouvait juste devant lui. La chance me sourit enfin, se dit-il. Sans réfléchir davantage, il l’attrapa et se releva en s’aidant du mur. Il ne fit pas trois pas en clopinant qu’une voix résonna juste au-dessus de lui.
— Tu fais un bien piètre voleur, jeune homme.
Une femme aux longs cheveux roux, drapée d’une pèlerine noire aux extrémités couvertes de fourrures, flottait à cinq mètres du sol. Les gouttes de pluie veinifère semblaient s’arrêter à quelques centimètres de son visage pour s’écouler tout autour d’elle. De larges traînées visqueuses et rougeoyantes l’enveloppaient sans pour autant la toucher.
— Je n'ai aucune animosité envers toi. Donne moi simplement le prédicateur, maintenant.
Le coeur de Mallow battait à tout rompre, il ne pouvait simplement pas s’en séparer. Il tourna son regard vers une des foudrelances qui gisaient à quelques centimètres de ses pieds.
— Jusqu'au bout, hein ? Je respecte ça, mais si j’étais toi, j'éviterais de tenter une telle idiotie. Tu dois bien te rendre compte que tu n’as aucune chance.
La femme fit un petit geste désinvolte en direction des trois cadavres encore fumants.
— Je…je ne peux pas vous le donner.
— Et pourquoi donc ?
— J’ai un contrat, et si je ne le respecte pas…
— Le contrat, c’est moi. Et tu viens d’échouer, jeune homme.
— Quoi, mais alors c’est vous qui retenez Néléhilé ?!
— On peut dire ça.
— Dites-moi où il est, je vous en prie.
— Et pourquoi ferais-je cela ? Tu t’es fait attraper, tu étais à deux doigts de perdre l'objet, et tu m’as obligé à intervenir. Alors que le but de cette pittoresque entreprise était justement de ne pas m’impliquer.
— Qu…quoi ? Alors tout ce que j’ai fait n’a servi à rien.
L’écho des cris de panique et l’ombre du corps sans vie de la pauvre servante qui avait plus tôt croisé son chemin s’imposèrent péniblement à lui.
— Tu auras d’autres occasions de te distinguer, ne t’en fais pas. Donne le prédicateur, tout de suite. Puis elle ajouta, comme pour elle-même : l’autre ne devrait pas tarder à sentir ma présence.
— Non !
Tout en levant les yeux au ciel dans un soupir exaspéré, la femme fit danser sa main droite en une chorégraphie aussi précise que compliquée. La petite sphère s’arracha avec force de la poigne de Malow et s’éleva au-dessus de lui. Affolé, il rassembla toutes ses forces dans un saut désespéré. Il réussit à attraper l’objet des deux mains. En dépit de ses ruades, le jeune voleur se trouvait irrémédiablement attiré vers la sinistre silhouette. Arrivé à sa hauteur, Malow fixa nerveusement l’éclat ocre des yeux bridés qui le dévisagaient.
— Saintes Eaux, tu es vraiment têtu comme garçon.
— Rendez-moi Néléhilé !
BANG. Le même bruit qui avait précédé l’arrivée de la femme en noir retentit non loin.
— Eh bien, on dirait que les choses se gâtent. Accroche toi à moi, jeune sot.
— Quoi ?
— Roh, mais quel empoté. Dépêche toi, nous devons partir. Je ne peux pas te laisser ici, et je ne tiens pas vraiment à avoir la mort d’un innocent sur la conscience.
— Innocent…?
Dans un nouveau soupir irrité, elle attrapa Malow et le colla contre elle.
Le monde se mit à tourner. Tous ses membres s'applatirent. Il eut la sensation de s’être transformé en une feuille de papier qu’on essayait lentement et minutieusement de changer en une boule bien compacte. Douleur, souffrance, hurlement de terreur puis, un immense soleil roulant doucement sur un ciel azur.
Lorsqu’il reprit ses esprits, il était allongé au milieu d’une plaine verdoyante. Une silhouette noire s’éloignait à l’horizon.
— Attendez-moi ! s'écria-t-il.
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Défi
Fluoluciole

Lorsque j’étais enfant, il y avait cet homme qui habitait au cœur de la forêt, près du village. Personne ne connaissait son nom, et lui-même ne semblait connaître le nom de personne. Il s’était bâti une modeste cabane le long d’un ruisseau, y avait fait pousser un grand potager et, là-bas, il passait ses journées à couper du bois.
Les paysans du coin le voyaient régulièrement arpenter les routes. Tous les deux jours, l’homme-arbre (c’est ainsi qu’il se faisait appeler), allait chercher des troncs dans une forêt voisine. Il partait de chez lui au petit matin, coupait un arbre, et passait le reste de la journée à le traîner à bout de bras. Un tronc, c’est lourd, et bien que de nombreux habitants du coin lui aient un jour ou l’autre proposé leur aide, il refusait toujours poliment avant de continuer sa route, seul.
A chaque fois, il faisait nuit lorsqu’il réussissait enfin à le ramener chez lui. C’est le lendemain qu’il commençait à le tailler. Tantôt en carrés, tantôt en triangles, il lui arrivait même de fabriquer de belles sphères bien lisses lorsque lui en prenait la fantaisie. Et tout ça avec une simple hache ; je ne sais pas ce que tu en penses, mais c’est assez impressionnant. Je suppose qu’à force de faire la même chose tous les jours, on acquiert une certaine maîtrise de son affaire.
Son activité finit par attirer bon nombre de personnes intéressées. Saisies par la qualité de son ouvrage, elles essayèrent toutes de lui proposer du travail. “J’aimerais une centaine de planches pour mon chantier”, “Pourriez-vous me faire une commode, c’est pour l’anniversaire de mon cousin”, "Fournissez-moi en bois de chauffage pour une année, et vous serez grassement payé”... Jamais l’homme-arbre n’accepta la moindre proposition. Vois-tu, l’argent et le travail ne l’intéressaient pas, lui, ce qu’il voulait, c’était couper du bois. Le pire dans tout ça, c’est qu’il ne s’en servait même pas. Lorsqu’il avait besoin de se chauffer, il allait au marché pour troquer quelques-uns de ses légumes, et jamais il n’a essayé d’agrandir ou d'embellir son modeste logis. Tant et si bien, que tout le bois qu’il coupait se retrouvait entassé au creux de la petite clairière qui jouxtait sa maison. Tu aurais vu ça, c’était magnifique. Il y avait quelque chose de magique qui émanait de cette montagne de bois, de toutes les formes et de toutes les tailles, qui s'élevait jusqu’à la cime des arbres. Malgré les titanesques efforts que l’homme-arbre s’échinait à déployer, il laissait quiconque en avait le besoin ou l’envie venir se servir, et jamais il ne demandait quoique ce soit en échange.
Les années passants, lui, sa cabane, et sa montagne, étaient petit à petit devenus une attraction locale. Les voyageurs qui passaient dans la région s'arrêtaient immanquablement chez nous dans le but de visiter la demeure du fameux homme-arbre, des curieux venaient presque chaque jour pour le regarder œuvrer. Si bien qu’en peu de temps, les auberges du village commencèrent à voir leur chiffre sensiblement grimper ; au contraire de celui des bûcherons du coin. Car, dès que quelqu’un avait besoin de bois, il allait simplement se servir dans la montagne. Si la forme ou la taille ne lui convenait pas, il faisait généralement avec, et modifiait ses plans. Peu de projets peuvent résister à l'appel de la gratuité. En conséquence, les gens et leurs envies s’adaptaient aux fantaisies de ce curieux personnage.
Un beau jour, ma mère m’envoya chercher du bois. Je ne me souviens plus pourquoi, mais je me rappelle qu’elle voulait absolument des rectangles. “S’il n’y en a pas, tu retourneras là-bas demain, ou après-demain", m’avait-elle dit. A cette époque, cela faisait déjà une dizaine d’années que l’homme-arbre s'était installé ici. L’engouement des débuts calmé, il était passé d’attraction locale à curiosité banale.
Je suis donc partie sur les routes avec mon petit baluchon, suis rentrée dans la forêt, et ai suivi le ruisseau jusqu’à arriver à la cabane. Lorsque je me suis approchée de la montagne, je vis cet homme pour la première fois. Il y déposait ses nouvelles créations, une trentaine de losanges, de la taille de mon avant-bras, qu’il plaçait avec soin au pied de l’édifice. J’étais très jeune alors, une dizaine d’années tout au plus ; ce grand gaillard de presque deux mètres, à la carrure d’ours, et à l’épaisse barbe qui lui tombait jusqu’aux genoux m’impréssionnais beaucoup. Sans oser lui parler je me suis mis à chercher ce que ma mère m’avait demandé, mais j’eus beau regarder dans tous les recoins, impossible de trouver des rectangles. J’ai donc fini par me résoudre à demander à l’homme-arbre de m’aider. Il me répondit alors, d’une voix douce et basse, presque un murmure.
— Des rectangles ? Mmmh, il me semble en avoir fait il y a quelques jours de cela. Attends, je vais vérifier.
Il commença alors à déblayer la base de la montagne à l’aide de ses énormes bras. Il se m’y nonchalamment à jeter derrière lui cônes, cylindres et hexagones. Dans un petit cri de triomphe, il lança.
— Rectangles ! Je les ai trouvés, combien t’en faut-il, ma jeune amie ?
— Euh…ma maman m’a demandé d’en prendre une dizaine.
Il me ramena donc dix rectangles de bois qu’il mit lui-même dans mon baluchon. Après l’avoir remercié, j’allais reprendre la route, quand je me risquai à lui demander.
— Monsieur arbre, pourquoi est-ce que vous faites ça ?
— Pourquoi je fais quoi ? me répondit-il en se grattant le menton.
— Eh bien, couper du bois. Tous les jours, pour rien. Personne ne vous le demande.
— Mmmh, je ne sais pas trop à vrai dire. Simplement parce que j’aime ça, je suppose. Il faut bien occuper ses journées, passer le temps. Ca ou autre chose…
— Mais, ma maman dit que vous pourriez gagner beaucoup d’argent et avoir une bonne place dans la société si vous acceptiez de travailler pour nous ; les mains sur les hanches, j’avais imité le ton inquisiteur et péremptoire de ma mère. Pourtant, vous restez seul, sans rien…vous êtes quand même bizarre.
— Hahaha, oui, je suppose que je le suis pour vous autres. Mais je ne vois franchement pas le bien que ce que ta maman voudrait que je fasse pourrait m’apporter. Je suis heureux ici, avec les arbres et les animaux comme compagnie. Je n’ai jamais vraiment apprécié celle des humains. La vie est trop longue pour ne pas avoir de hobby, et bien trop courte pour s’encombrer de ce qui ne nous ravit.
— Mmmh ; je me grattais le menton, comme il l’avait fait. Vous êtes définitivement un peu louf, monsieur arbre.
Son rire franc et tonitruant se remit alors à résonner.
C’est à partir de ce jour que j’ai commencé à lui rendre quotidiennement visite. Moi, j’aimais bien avoir des amis humains et passer du temps avec eux, alors son point de vue sur les choses me rendait vraiment curieuse, je voulais comprendre. Nous passâmes de longs moments à discuter ensemble. Au début, je restais à le regarder tailler du bois sans piper mot. Lui non plus ne parlait pas. Puis, jours après jours, mois après mois, nous commençâmes à nous ouvrir l’un à l’autre.
Cela a duré près de cinq années. Il était devenu mon meilleur ami, et j’aime à croire que j’ai réussi à lui faire apprécier la compagnie d’autrui.
Un jour comme les autres, je suis allée lui rendre visite et l’ai vu allongé au milieu de sa montagne. J’ai d’abord pensé qu’il dormait là, comme cela lui arrivait, mais j’ai vite compris que quelque chose clochait. Il était étendu sur le ventre, un mince filet rouge courait de sa poitrine jusqu’à l’amoncellement de bois. Ce fut la première fois que je vis un mort d’aussi prêt ; j’étais dévastée. Après avoir passé plusieurs minutes à le secouer dans tous les sens pour essayer de le réveiller, sans succès, j’ai couru de toutes mes forces jusqu’au village pour trouver de l’aide. Mais je n’y ai trouvé que froideur et connivence. C’est à ce moment-là que je pris connaissance des bruits qui couraient sur notre compte. Vois-tu, un homme âgé qui passe ses journées seul avec une petite fille comme je l'étais, ça ne manque pas de faire jaser. Pour autant, personne n’avait trouvé bon de venir m’en parler pour savoir ce qu’il en était.
Pendant longtemps je me suis senti responsable de son décès, mais j’ai finalement compris, ça n’avait rien à voir avec moi. Au fond, ils savaient très bien qu’il ne se passait rien. Cette histoire n’était qu’un prétexte. Un prétexte trouvé par les habitants jaloux de la vie qu’il menait, par les bûcherons qui peinaient à remplir leurs gamelles, et par tous ceux qui voyaient leur mode de vie moqué et mis à mal par la présence d’une telle anomalie. Prendre le risque de voir leur beau prétexte malmené par mon témoignage était un danger qu’ils ne pouvaient se permettre.

— Enfin bref, la triste fin de cette histoire n’a que peu à voir avec la raison pour laquelle je te l’ai raconté. Alors, Ethan. Maintenant, comprends-tu pourquoi j’écris ?
— Oui, je crois que oui madame feuille. C'est les formes, n'est-ce pas ?
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Questionnaire de l'Atelier des auteurs

Pourquoi écrivez-vous ?

Pour le plaisir que cela m'apporte. Commencer avec une vague idée, la voir éclore, se métamorphoser, prendre vie ; rencontrer ses personnages, les aimer, les pleurer... Ces processus me procurent une myriade d'émotions que j'ai grand peine à retrouver ailleurs.
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