France Thomassin
Les plus lues
de toujours
Auguste dépose son chapeau melon sur sa tête et enfile sa veste de laine grise. Celle que sa douce Émily lui avait tricotée. Ce rituel matinal revêt une importance capitale pour lui, surtout depuis le décès de sa femme. Un dernier regard dans le miroir. La voix de sa douce flotte dans sa tête pour lui dire de replacer ses lunettes qui penchent légèrement du côté droit. Un petit ajustement et le voilà prêt à quitter la maison. Canne en main, Émily l’aurait sûrement taquiné. — Allez, viens, mon pépère… Il aurait fait une moue, feignant d’être insulté. Rapidement, il lui aurait souri tout en déposant un petit baiser sur ses douces lèvres, au goût de miel. En rêvassant, Auguste se dirige vers le parc en empruntant leur trajet habituel. Il salue les mêmes gens et quelques passants irréguliers. Il s’arrête à la boulangerie où il se procure deux brioches au chocolat. Les effluves qui chatouillent son nez ravivent un bonheur passé. Le long du chemin, il caresse la tête de Fido, le chien du marchand de légumes. En échange de sa patte, il lui offre un petit bout de brioche — comme l’aurait fait Émily. Beau temps, mauvais temps, il s’installe à la même heure sur la banquette usée du gazebo du
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Partage de petits textes produits pendant des ateliers d'écriture.
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Défi
Mes yeux fixent la pierre d’onyx du talisman. L’œil ambre s’enflamme et s’infiltre en force en moi. Il me souffle ses secrets. Le silence parle, l’invisible brille. Mes bras se déploient comme si j’avais des ailes. Mes confrères s’agenouillent. Un frisson d’extase me parcourt. https://www.deviantart.com/laurefin-estelinion/art/eye-of-the-Smaug-hand-painted-pendant-507428767
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En ouvrant la porte, elle cligna des yeux, aveuglée par les rayons du soleil qui brillait de tous ses feux. Elle posa ses mains en visière et se sentit agressée par la beauté du jour. Le ciel d’un bleu vif et sans le moindre petit nuage invitait à la joie et à la sérénité. Son regard s’assombrit et sa mâchoire se serra. Une pensée fugace… Pourquoi fait-il si beau? Le contraste entre son état d’âme et la météo l’éclaboussa en pleine figure. La journée chaude, trop chaude et radieuse illuminait la femme consumée et triste qu’elle était devenue. Elle chercha refuge à l’ombre d’un Saule pleureur. L’ombre lui seyait bien. L’ensemble de son corps se tendit, comme un arc prêt à décocher. Mais elle, elle ne pouvait laisser ni sa peine ni sa colère exploser et ce, malgré le fait que son cœur était en charpies depuis des jours. Elle tentait d’encaisser le choc de cette séparation qu’elle n’avait pas vu venir. Elle se sentait comme cette brindille par terre dont l’arbre ne veut plus ; fragile, cassée, abandonnée... Il fait trop beau… Une odeur sucrée de rose fit resurgir des images du jour de son mariage : le tissu de sa robe qui frôlait sa jambe; le claquement des talons de ses escarpins qui
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Connaissez-vous Odette Tchaïkovski ? Non ? Si vous êtes un homme en âge de procréer avec un bon dossier de crédit, considérez-vous béni des cieux. Cette succube vous enflammerait jusqu’à mettre en cendre toute parcelle de votre jugement. Petit à petit, mademoiselle Tchaïkovski casserais vos noisettes. En moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, vous multiplieriez les pirouettes pour lui faire plaisir et assouvir ses désirs. En la décrivant ainsi vous pourriez croire qu’Odette est un monstre sans cœur. Détrompez-vous, ce n’est qu’une femme blessée par la vie. Elle traîne sur elle des cicatrices d’enfance suintantes qui ont laissé un trou noir en guise de cœur. Elle tente en vain de combler ce néant en tentant de construire la famille dont elle a tant rêvée. Elle accumule les grossesses et à vingt-neuf ans, elle se retrouve avec une ribambelle d’enfants provenant de pères différents. Son mal-être est toujours présent, car : … les enfants c’est pas vraiment, vraiment méchants, ça peut mal faire, faire mal de temps en temps… Alors déçue par la réalité, elle partage sur Internet des scènes d'un film imaginaire qui projette la vie d'une petite famille parfaite. La magie se dissipe d
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