Journal, vers les dernières pages qu'on lit jamais

de Image de profil de Frédéric LeblogFrédéric Leblog

Avec le soutien de  FredH, Anne-C. B. 
Apprécié par 3 lecteurs

Je sais, la majuscule pour "Propos" est inutile.

Ouais, mais je m'en fous. Je trouve que ça fait plus joli.

Oh ! Et la cédille de "ça" ?? Ignominie absolue ?

M'en fous aussi.

Écrire impose quelques efforts. Le premier est d'ailleurs de se faire comprendre par un hypothétique lecteur.

Et j'aime le goût de l'effort.

Pourtant, s'il est bien un endroit où je pourrais me contenter de la plus outrageante négligence, c'est bien içi.

Je suis le Journal Éternel, celui que des millions de petites mains ont noirci de leurs pensées les plus diverses.

Qu'il soit question de sa révolte contre la chasse à la baleine, d'une copine partie s'envoyer en l'air avec un autre, des questions relatives à la création du monde ou, plus terre à terre, du prix de la boîte de petits-pois carottes, tout est bon pour user son stylo sur des pages voulues secrètes.

Bref, des encyclopédies entières de banalités qui n'intéresseront personne sauf leurs auteurs des décennies plus tard, aux heures des bilans, des regrets et des nostalgies.

Alors, pourquoi publier ce qui n'a aucune chance d'intriguer personne ?

Faut-il se demander si c'est par pure mégalomanie ? Exhibitionnisme pervers ou simple désespoir de n'avoir jamais été entendu par quiconque ?

Peut-être un peu de tout ça, allez savoir ?

Par essence, un journal est destiné à ne jamais voir la lumière. Confiné dans une obscurité volontaire, les coffres secrets qu'il contient le destinent à une pointilleuse clandestinité.

Ainsi, les aspects sombres de leurs propriétaires peuvent s'épanouir sans craindre ni la morale en cours, ni les conséquences de propos illicites, dangereux ou simplement stupides.

Mais alors, pourquoi tant de Journaux ? Comment justifier ces écrits à jamais scellés dans le silence ? Pourquoi abandonner ces particules de soi comme une mûe qu'on detesterait considérer comme ayant été un jour un peu de soi-même ?

La Culture, bien sûr. Celle que nous avons reçue et qui fait de nous des gens civilisés, disposés, sinon contraints, à vivre en communauté. N'est-il pas amusant de constater que c'est la Culture qui nous réduit à moins de créativité ?

Je ne voudrais pas vous noyer sous toutes ces questions. Aussi, si vous décidez de tourner cette page, je vais vous inviter pour la lecture d'un journal que je qualifierai de "commun".

Écrire exige des efforts, disais-je plus haut.

Le premier à concéder sera celui portant sur le mot "commun"...

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Commentaires & Discussions

Comme un...communChapitre1 message | 1 jour
Avant-ProposChapitre2 messages | 3 jours

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