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Jérome MORANGE

Jérome MORANGE
La Cité des Urs se dresse sous un dôme translucide apparu sans explication, isolée d’un monde extérieur ravagé par des dérèglements croissants.

À l’abri de cette voûte, la cité maintient un ordre strict, tandis que, hors du dôme, la terre s’appauvrit et se fracture.

Un groupe d 'humains, rescapés de catastrophes majeures, est confronté à un sol qui ne nourrit plus, à des repères qui s’effondrent et à des choix devenus vitaux.

Lorsque les trajectoires conduisent cinq de ces humains aux portes de la Cité des Urs, celle-ci se trouve à son tour mise à l’épreuve : que vaut une protection qui exclut, et que devient-elle quand ceux qu’elle tenait à distance réclament d’entrer ?

"LA CITE DES URS" est publiée sous forme de chapitres qui paraissent chaque début de semaine. Il s'agit du premier roman écrit par l'auteur Jérôme MORANGE
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Jérome MORANGE
Il en a assez d’être pris pour un idiot. C’est le terme que les médecins utilisent quand ils discutent de son cas au chevet de son lit en le désignant. Or il sait exactement ce qu’est un idiot et il ne l’est pas. Un jour, il a osé entrer dans le bureau du directeur dont la porte était restée ouverte. Il a pris le gros livre posé sur la table dont il a déchiffré avec beaucoup de difficultés le titre : « Traité médico-philosophique sur l’aliénation mentale. Par M. Pinel, Docteur en médecine, Médecin de la Salpêtrière, Professeur à l’École de Santé de Paris, Membre de plusieurs Sociétés savantes ». Le livre était ouvert sur une page dans laquelle le Directeur avait souligné une phrase : « La plupart des idiots ne parlent point, ou ils se bornent à marmotter quelques sons inarticulés ; leur figure est inanimée, leurs sens hébétés, leurs mouvements automatiques ; un état habituel de stupeur, une sorte d’inertie invincible forment leur caractère ». Il s’était figé. Oui, une part de ce portrait lui ressemblait. Mais non, il n’était pas idiot et il le sait pertinemment. Et puis, il n’arrive pas à dormir. La grande salle commune de l’Hospice de Bicêtre résonne toute la nuit de bruits qui l’
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Depuis quelques jours, Jean ressent des étourdissements fugaces qui l’agacent plus qu’ils ne l’inquiètent. Au départ, il n’y prête guère attention, pensant que cela finira par passer. Cependant, au fil du temps, il décide qu’une consultation médicale s’impose. La secrétaire de son médecin habituel, lui propose un rendez-vous dans un peu plus d’une semaine mais son agenda professionnel, qui prévoie un déplacement à Amsterdam, ne lui permet pas d’attendre. Il décide, pour la première fois de sa vie, de se rendre dans une de ces nouvelles cabines de téléconsultation qui ont commencé à fleurir un peu partout en ville. Il choisit celle qui est la plus proche de chez lui, dans une galerie marchande de la porte d’Italie. Il a vu des affiches publicitaires dans le métro, vantant la rapidité des consultations et l’efficacité des dispositifs. Ces cabines, selon les annonces, offrent un diagnostic ultra-rapide avec l’aide d’un système informatique sophistiqué relié à un médecin distant. La promesse affichée semble alléchante : « Un diagnostic en 10 minutes, et un traitement immédiat ». En sortant du métro Place d’Italie, Jean met un certain temps à localiser la cabine de télémédecine, dissimu
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Jérome MORANGE
L’enthousiasme initial était retombé aussi vite qu’un soufflé. Le court-métrage que nous avions présenté au Festival de Cannes, dans le cadre de la Quinzaine des Cinéastes, n’avait pas eu l'impact que nous espérions. Lorsque notre film avait été sélectionné et que nous avions reçu une invitation officielle pour participer à l’évènement, nous nous étions imaginés que ce serait un triomphe. Fred, le réalisateur, se voyait déjà comme la révélation de la jeune génération, et les acteurs, Corine et Germain, pensaient que les producteurs allaient se battre dorénavant pour les engager. La réalité s’était révélée bien plus décevante. Notre film avait été projeté avec deux autres courts-métrages. Nous occupions la troisième position. Le premier film était un navet, le deuxième, un petit bijou de créativité et d’émotion. Quand notre travail fut présenté à son tour, seuls quelques applaudissements polis et des sifflets timides vinrent saluer une année de travail acharné. Il était évident que Voyage en Amour — c’était le titre — ne resterait pas dans les annales. La soirée s’éternisait, l’heure avançait, et bien sûr, personne n’avait pensé à réserver une table pour diner. Fred, dans un état de
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La route était un enfer. La nuit tombait, le vent s'intensifiait, projetant des paquets de pluie mêlée de neige fondue. Ma vieille voiture peinait à grimper les pentes et je devais sans cesse rétrograder. Les essuie-glaces luttaient, impuissants, contre les rafales qui fouettaient le pare-brise. Je n’aurais jamais dû partir sur un coup de tête de cet hôtel, pas si mal que ça, d’ailleurs, pour me retrouver dans ce cauchemar. J’avais cru naïvement qu’il serait facile de trouver un abri pour la nuit mais les villages se succédaient sans qu’il y ait trace d’un hôtel. Mon espoir de trouver un refuge s’amenuisait à chaque kilomètre. Je commençais à envisager sérieusement de garer ma voiture sur le bas-côté et de dormir dans le froid en espérant que l’on ne me retrouverait pas, complètement gelé au matin. Il faut dire que je n'en pouvais plus de cette vie monotone, de ce travail sans âme qui m'éloignait chaque jour un peu plus de ce que j'avais rêvé. Ma vie sentimentale, peut-être en raison de mes déplacements fréquents, était au point mort. Ma rupture avec Véronique avait été violente et m’avait laissé un goût amer dans la bouche. J’avais l’impression que mon existence n’avait plus de se
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