Corinne D
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Jeanne avait fait des cauchemars pendant longtemps. Elle n’avait jamais imaginé la réalité des coups portés sur un corps et devant celui de son frère, elle comprit que la violence pouvait effacer un visage. Les arcades sourcilières fracassées, les pommettes explosées, sa lèvre tuméfiée laissant entrevoir la chair ensanglantée, elle avait eu du mal à le reconnaître. Son visage était méconnaissable. Ils l’avaient défiguré. Elle eut quelques soubresauts, avant de mettre sa main devant sa bouche pour ne pas vomir. Elle était alors restée prostrée. Pas de cri. Pas de larme. C’était l’officier de police judiciaire qui avait dû la faire sortir de la pièce. Ce ne fut qu’en entendant le hurlement guttural de sa mère, étendue sur ce corps inanimé, qu’elle réalisa. Elle aurait voulu courir vers elle, mais ses jambes ne la tenaient plus. Tout était ensuite allé très vite, bien trop vite. Il avait fallu déposer plainte. L’officier lui proposa d’abord quelque chose à boire. Puis il l’emmena dans un bureau où son père les rejoignit. Ils n’avaient pas eu le temps ni pour un mot ni même un regard. Et ce fut quand il la prit dans ses bras que Jeanne s’écroula. Ils durent répondre à une kyrielle de q
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C’était son père qui avait compris le premier. Chacune de ses recherches était un lien invisible mais tenace qui la reliait encore à lui. Renoncer, c’était l’abandonner définitivement. A chaque impasse, elle s’enfonçait un peu plus. L’histoire tournait en boucle : Qui ? Comment ? Pourquoi ? elle se sentait devenir folle. Il se sentait impuissant. A bout, sa voix résonna comme une véritable claque : — Tu crois que ce sont tes petits découpages qui vont le ramener à la vie ? Tu crois qu’il aimerait te voir dans cet état ? C’est moi qui l’ai traîné dans les stades. Qu’est-ce que tu crois, que je ne me sens pas coupable ? Et en l’attrapant fermement par les bras, il prononça les mots qu’elle avait toujours refusé d’entendre : — Il est mort. Tu m’entends ? Mort. Et toi, tu as la vie devant toi. Je refuse de te voir t’acharner et te détruire à petit feu. Laisse-le partir maintenant et reposer en paix. » Il avait déjà perdu un fils. Il ne laisserait pas sa fille sombrer. Ce fut un choc pour Jeanne, d’une brutalité qu’elle ne lui connaissait pas, et ces mots résonnaient dans sa tête dans un écho assourdissant. Il l’avait blessée. Elle lui en voulait. Il l’avait même traînée jusqu’au cimeti
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Tout au long de ces chapitres (1, 2 et suivants), je me suis amusée à détourner des éléments de la filmographie (entre autre) de Daniel RADCLIFFE pour en faire une autre histoire. Ce n'est pas du tout une fan fiction, c'est plutôt un roman à double fond, un jeu de piste. Par exemple, Helena, c'est pour Helena Bonham Carter, qui joue Belatrix LESTRANGE, Jocab, parce que c'est son deuxième prénom, et le cinéma, bien sûr. Je crois que ça rend la lecture amusante et une fois le 1er indice trouvé, on relit pour trouver les autres.
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C’était son père qui avait compris le premier. Chacune de ses recherches était un lien invisible mais tenace qui la reliait encore à lui. Renoncer, c’était l’abandonner définitivement. A chaque impasse, elle s’enfonçait un peu plus. L’histoire tournait en boucle : Qui ? Comment ? Pourquoi ? elle se sentait devenir folle. Il se sentait impuissant. A bout, sa voix résonna comme une véritable claque : — Tu crois que ce sont tes petits découpages qui vont le ramener à la vie ? Tu crois qu’il aimerait te voir dans cet état ? C’est moi qui l’ai traîné dans les stades. Qu’est-ce que tu crois, que je ne me sens pas coupable ? Et en l’attrapant fermement par les bras, il prononça les mots qu’elle avait toujours refusé d’entendre : — Il est mort. Tu m’entends ? Mort. Et toi, tu as la vie devant toi. Je refuse de te voir t’acharner et te détruire à petit feu. Laisse-le partir maintenant et reposer en paix. » Il avait déjà perdu un fils. Il ne laisserait pas sa fille sombrer. Ce fut un choc pour Jeanne, d’une brutalité qu’elle ne lui connaissait pas, et ces mots résonnaient dans sa tête dans un écho assourdissant. Il l’avait blessée. Elle lui en voulait. Il l’avait même traînée jusqu’au cimeti
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Jeanne avait fait des cauchemars pendant longtemps. Elle n’avait jamais imaginé la réalité des coups portés sur un corps et devant celui de son frère, elle comprit que la violence pouvait effacer un visage. Les arcades sourcilières fracassées, les pommettes explosées, sa lèvre tuméfiée laissant entrevoir la chair ensanglantée, elle avait eu du mal à le reconnaître. Son visage était méconnaissable. Ils l’avaient défiguré. Elle eut quelques soubresauts, avant de mettre sa main devant sa bouche pour ne pas vomir. Elle était alors restée prostrée. Pas de cri. Pas de larme. C’était l’officier de police judiciaire qui avait dû la faire sortir de la pièce. Ce ne fut qu’en entendant le hurlement guttural de sa mère, étendue sur ce corps inanimé, qu’elle réalisa. Elle aurait voulu courir vers elle, mais ses jambes ne la tenaient plus. Tout était ensuite allé très vite, bien trop vite. Il avait fallu déposer plainte. L’officier lui proposa d’abord quelque chose à boire. Puis il l’emmena dans un bureau où son père les rejoignit. Ils n’avaient pas eu le temps ni pour un mot ni même un regard. Et ce fut quand il la prit dans ses bras que Jeanne s’écroula. Ils durent répondre à une kyrielle de q
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Au cours des semaines qui suivirent, son jogging matinal devint une habitude. Elle croisait régulièrement le vieil homme et ses oiseaux. Elle n’avait jamais été très sportive, mais la nécessité s’était transformée en un rituel qu’elle avait fini par apprivoiser. Cela lui avait appris à gérer. Il lui avait fallu du temps. Ces dernières années n’avaient pas été faciles. Cela faisait cinq ans maintenant et pourtant la douleur restait vive. Le temps n’effaçait pas tout. Elle n’oublierait jamais ce jour où tout avait basculé. Un de ces samedis de ferveur sportive où les supporters, maillot sur les épaules, écharpe autour du cou et banderoles en main, convergeaient vers le stade. Un point de ralliement. Une véritable marée humaine. On entendait les chants, les cornes de brume, dans une liesse insaisissable. Elle n’avait jamais très bien compris l’intérêt que son frère portait à ce sport. Il l’avait pourtant pratiqué pendant des années, et c’était là qu’étaient nées ses amitiés les plus solides. Leur père l’emmenait souvent voir des matchs : c’était leur moment à eux. Il avait besoin de ce territoire masculin, avec ses codes à lui. Elle n’avait jamais trop insisté, cultivant son propre ja
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Nous avons rendez-vous. C’est une belle matinée qui s’annonce. Les yeux encore lourds de sommeil, je sors de mon lit. Je remplis ma théière — celle en porcelaine blanche, rehaussée de délicates fleurs bleues — que j’ai chinée au marché aux puces, non loin de Notting Hill. En attendant le chuchotement de l’eau frémissante, j’ouvre les volets de mon appartement. C’est un petit appartement cosy, situé non loin du Palace Theatre, dans un immeuble à la façade fatiguée, abîmée, que j’habite depuis plusieurs années. Meublé de deux fauteuils club en cuir marron, patiné, d’une table et deux chaises, d’un buffet en merisier au vernis craquelé, dégotés sur Portobello Road, j’aime sa tapisserie vert d’eau et gris délavés, où se perdent des paons juchés sur les tiges fleuries — fanées — des pivoines roses. Elle se décolle par endroits, laissant entrevoir une autre histoire. Beaucoup d’artistes sans le sou y ont élu domicile. C’est certainement pour cela que j’ai toujours pensé qu’il avait une âme. J’invite le froid piquant à pénétrer par la fenêtre. Pendant ce temps, mon breakfast tea infuse tranquillement et libère toute l’harmonie de ses sens. Je me réchauffe au contact de ma tasse, tout en s
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