Élémentaire : Survivre
de
Lililune
Le sang coulait encore quand le vent s'est levé. L'orignal s'était effondré au bord de la clairière, respirant difficilement, le ventre ouvert et la gorge trouée. Chaque mouvement semblait lui coûter un effort immense. Je me suis arrêté à quelques mètres, observant, attendant. Mes canines me faisaient mal. Encore. Depuis quelques jours, la douleur ne me quittait plus. Elle pulsait jusque dans ma mâchoire, comme un avertissement que je ne pouvais pas ignorer. Mais dans ce monde, la douleur passe après la faim. Et j'avais faim. Je me suis élancé. Mes griffes ont accroché sa chair, mes jambes se sont verrouillées autour de son corps pendant qu'il tentait de se relever. Il s'est débattu, violemment, me projetant presque au sol. J'ai tenu bon, coupant avec mon couteau de pierre artisanal le coup massif de l'orignal puis j'ai mordu pour couper les derniers muscle qui avaient résister à mon couteau. Le goût du sang a envahi ma bouche, chaud et métallique. L'animal s'est débattu encore quelques secondes… puis plus rien, silence. Je suis resté immobile un moment, le souffle court, les sens en alerte. La forêt n'était jamais vraiment calme. Trop de prédateurs. Trop de chasseurs. Et parfois… pire que des bêtes. J'analyse rapidement la température, le vent et le soleil font en sorte que la température atteigne les quarante degrés ce qui fit vibrer l'horizon. J'avais pas emmener de glace, la viande ne tiendra pas éternellement, j'estimait avoir une heure environ pour ramener la viande au logement sinon elle sera perdu et avec elle, nos espoirs de payer le loyer. Je comptait la durée du trajet jusqu'au logement pour calculer si je devais le dépecer sur place. Si la chaleur ne me dérange pas, la poussière qui me colle à la peau enlève un peu mon camouflage naturel dû à la couleur de ma peau qui était dans les teinte de jaune ou de brun dépendamment de l'emplacement sur mon corps, j'ai la peau jaune sur mon dos, les épaules, les cuisses tandis qu'elle devient brun terre sur mon ventre, mes jambes et mes bras. Cette différence de couleur permet un meilleur camouflage dans les herbes ou les buisson.
— T'as encore été trop rapide.
Je me suis retourné brusquement. Mon frère se tenait derrière moi, comme si me faire le saut était une bonne idée dans une forêt éloigner, malgré ça j'était habituer.
— Tu pouvais pas aider ? j'ai lâché.
Il haussa les épaules, sans se démonter.
— T'en avais pas besoin.
Je soupirai, essuyant le sang sur mon menton. Mes jambes tremblaient encore un peu après le rodéo improviser, malgré la fatigue je reste droit.
— Ouais, ben maintenant tu vas m'aider à le ramener.
Il s'approcha et souleva l'orignal avec une facilité déconcertante.
— On s'est encore éloignés, remarque-il. Faudrait faire attention.
— Ouais… j'ai répondu distraitement.
Quelque chose me dérangeait. Mon instinct de Pur-Nat, d'ordinaire si affûté, vibrait d'une tension que le silence de la forêt ne parvenait pas à justifier. On n'est jamais vraiment seul ici, surtout quand les proies sont rares. La course de retour fut un calvaire de plomb. À chaque enjambée, mes muscles brûlaient, mais je sentais l'avantage de ma peau écailleuse : elle ne retenait pas la chaleur accablante comme le pelage sombre d'Hectorio. À mes côtés, mon frère était une masse de muscles gris et noirs saturée de sueur. Son élément principal, Obscure, réclamait la fraîcheur des ombres ce qui était le contraire de cette lumière de midi qui semblait vouloir nous cuire vivants.
Il nous fallut près d'une heure de relais, nos épaules s'écrasant tour à tour sous le poids massif de l'orignal, avant que les contours de notre logement ne se dessinent dans la clarté du jour, en banlieue de la ville. Si on pouvait appeler ça un logement. Trois pièces exiguës, un sol de terre battue durci par les pas, et notre seul luxe : ce vieux caisson de deux mètres rempli d'une glace qui fondait déjà trop vite pour le temps qu'elle devait nous servir.
Hectorio ne perdit pas une seconde. Il projeta la carcasse sur la table de découpe artisanale avec un grognement sourd. L'odeur de cuivre chaud de la viande envahit immédiatement l'espace confiné entre l'entrée et le balcon extérieur. Tandis qu'il ouvrait les chairs, je m'occupais des peaux, je les tamisait, les préparaient au marchée et m'assurait de leur qualité. L'odeur du cuir travailler mêler avec celle du sel et de la viande se faisait intense dans le petit espace. Le bruit des couteaux coupant la viande et raclant le restant de gras sur le cuire se fit entendre, deux procédés une même pièce. C'était notre cycle, nos habitudes, notre survie. Le temps se dilata dans un bruit de métal contre la pierre ; mes bras devinrent des masses de plomb et mes mains disparurent sous une couche de sang noirci et de sel.
Quand le dernier morceau fut enfin sécurisé dans la glace, la faim me tordit les entrailles, brutale, sans pitié. Je n'attendis pas. Je saisis un lambeau de muscle cru, encore chaud, et mordit dedans. La douleur revient temporairement, pas saillante mais pas légère, je soupirai intérieurement, habituer à la douleur, espérant qu'elle disparaisse rapidement. Le goût métallique et riche en vitamines apaisa instantanément le tremblement de mes membres. Je me laissai tomber sur le lit de cuir étendu à même le sol. La solidité du plancher contre mon dos était une douleur habituelle, connue et nécessaire. Hectorio s'écroula à mes côtés, son souffle lourd s'apaisant dans l'obscurité.
— Faudrait vendre les peaux demain, j’ai murmuré, ma voix n'étant plus qu'un raclement de gorge.
— Ouais… répondit-il, déjà emporté par un sommeil d'épuisement
Je l'ai écouter sombrer dans un sommeil profond, son métabolisme d'Obscure trouvant enfin un peu de répit dans la pénombre de notre logement au rez-de-chaussée. L'obscurité a lentement grignoté les contours de notre table de découpe laissant derrière elle l'odeur persistante du fer et de la bête écorchée. J'ai tenté de fermer les yeux, espérant que le sommeil m'emporte moi aussi mais la fatigue était une prison trop étroite pour mon esprit.
Une fraîcheur humide s'échappait du caisson de glace et venait parfois glisser glisser sur ma peau jaune-brune en un frisson désagréable contrastant avec la chaleur qui sourdait dans mes muscles encore tendus par l'effort du rodéo. Chaque minute qui passait semblait étirer les murs de notre logis, rendant l'absence de meubles encore plus criante. Mes canines de lait, déjà prêtes à céder leur place, lançaient des éclairs de douleur jusque dans mes tempes, me rappelant que ma mutation de Venin n'attendrait pas le lever du jour.
Le silence dans le logement est si épais qu'il me semble peser sur ma poitrine, plus lourd que la fatigue de la chasse. Il est seulement haché par le goutte-à-goutte régulier de la glace qui meurt dans notre caisson de fortune. Allongé sur mon lit de cuir, je sens chaque irrégularité du sol de terre battue contre mon dos. Ici, même le repos est une lutte contre la dureté du plancher. À côté de moi, le souffle d'Hectorio est profond mais je sais que son sommeil est celui causé par l'épuisement, pas par choix. Mes yeux sont grands ouvert, fixés sur les fissures du plafond sombre comme s'il pouvait m'offrir une sortie. Je ne peux pas m'empêcher de recalculer notre réalité... vingt dollars. C'est tout ce qu'il nous reste pour finir le mois, une somme dérisoire face au sel, au savon et à l'électricité qui grignotent chaque pièce rapportée. Ma mère s'échine au bar pour des pourboires, espérant m'envoyer à l'université pour ces cours élémentaires avancés. Trois mille dollars par an, je laisse échapper un rire amer qui se perd dans l'obscurité. À ce rythme, en priant pour qu'aucune blessure ne nous envoie à l'hôpital pour cinq cents dollars, il me faudrait une éternité pour simplement franchir le seuil de cette école. J'ai dix-huit ans, je ne suis plus un enfant, je doit aider ma famille à survivre. Mon corps n'attend pas que nous soyons riche pour changer, j'y suis habitué depuis mon enfance. Sous mes gencives la douleur est devenue une pulsation électrique, mes canines de lait vibrent contre l'os, prêtes à céder leur place à quelque chose de plus tranchant et plus dangereux. Je ferme les yeux mais sous mes paupières l'aire semble vibrer. Je sens l'odeur du printemps qui s'étire, chargée des premières traces des chaleurs imminentes des femelles. Mon instinct de Pur-Nat s'agite, une impatience sauvage qui me brûle les muscles et rend ma salive acide. Un changement arrive, je le sens dans mon corps et mon instinct, le changement n'est jamais une promesse. C'est une bête qui rode, prête à nous dévorer si nous baissons la garde.
Le jour a percé mes paupières comme une lame de lumière. Je n'ai pas eu besoin d'ouvrir les yeux pour savoir que la fraîcheur de l'aube s'évaporait déjà. L'air dans nos trois pièces était saturé de cette humidité lourde et collante qui annonce la chaleur accablante de midi. Je me suis redressé sans un bruit, sentant la rudesse du sol de terre battue à travers mon lit de peaux. À côté de moi, Hectorio était étalé sur le dos, sa peau sombre d'Obscure déjà luisante de sueur ; il dormait d'un sommeil de plomb, celui d'un homme que le travail et la chaleur épuisent jusqu'à l'os.
Je suis sorti sur le balcon pour rincer mon visage avec l'eau de pluie récoltée dans un seau. L'eau récoltée sentait le fermenté car le sceau était celui où on mettait les restes de nos proies pendant le dépressage avant d'aller le vidé en forêt dans un ravin connu des charognards. Le contact froid sur ma peau jaune-brune était une caresse passagère avant les quarante degrés promis par le soleil de mi printemps. Une vibration infime dans l'espace, un déplacement d'air, et mon frère était là. Toujours sans prévenir, comme une ombre qui refuse de rester en place.
— Tu pars chasser ? a-t-il demandé, sa voix encore rauque.
— Ouais. On doit remplir le caisson. La glace fond trop vite. Il faut qu'on y mette de la viande pour stabiliser la température, sinon on va tout perdre.
Il s'est étiré, ses muscles massifs roulant sous sa peau noire opaque, puis il a soupiré.
— J'viens avec toi.
Nous n'avons pas pris le temps de manger, il ne restait de toute façon que des os blanchis et un peu de givre sale dans le fond du caisson. J'ai attrapé mon couteau de pierre et ma lance, vérifiant d'un coup d'œil rapide que nos sacs de transport étaient prêts. L'élément de mon frère, Obscure, le rendait normalement plus fort que moi, mais je savais que sous le soleil de midi sa puissance physique s'évaporerait en même temps que sa sueur. J'hésitait, juste un instant, à lui dire de rester à maison sachant les dangers. Je secoue ma tête, je le connaissais, il me suivrait même si je lui refuse pour le protégé.
Nous avons quitté l’appartement en silence. À peine avions-nous franchi le seuil que l'air étouffant de la cage d'escalier nous a enveloppés, chargé d'une odeur de poussière et de béton chauffé. Le sol de terre battue fraîche de notre rez-de-chaussée laissa place au bitume craquelé de la banlieue. Hectorio marchait à mes côtés, je garde un œil sur lui inquiet.
À chaque pas, une douleur pulsait dans ma mâchoire. Mes canines de lait me lançaient des chocs sourds, vibrant contre l'os comme si elles cherchaient à s'extraire de ma gencive pour laisser place aux crocs définitifs de Venin. Je serrai les dents et continuai, sentant ma peau jaune-brune absorber la chaleur avec une facilité presque réconfortante, contrairement à mon frère.
Hectorio me suivait tant bien que mal. Son élément Obscure ne supportait pas la chaleur du jour, son métabolisme préférant les températures situées sous les vingt-six degrés. La chaleur de quarante degrés qui faisait déjà vibrer les toits de tôle le ralentissait déjà. Je dus adapter mon rythme, freinant mes gènes de Vitesse pour ne pas le perdre dans le dédale des rues désertes. Je lui lança un regard au trois seconde.
La forêt n’était plus très loin, une ligne de vert sombre qui promettait un peu d'ombre, même étouffante. Mais à mi-chemin, il tomba. Je me retournai aussitôt. Le bruit de son corps percutant l'asphalte résonna brutalement dans le silence de la rue. Il était brûlant, vidé, sa peau sombre de type Obscure agissant comme une prison pour la chaleur constante pouvant mener à l'évanouissement. Sans réfléchir, je le hissai sur mon dos. Son poids était immense, une masse de muscles inertes, mais l'adrénaline et l'inquiétude compensait la fatigue.
— Accroche toi.
Et je repris ma course. Mes poumons brûlant sous l'effort alors que je sprintais vers les premiers arbres. J'accélère encore, puissant dans mes réserves d'énergie malgré la douleur lancinante dans mes muscles, mon cœur pulsait contre ma cage thoracique et je le sentait sauter plusieurs battements, voulant cédé sous la pression et de l'effort demander par mon élément Vitesse. L'ombre des arbres était enfin visible au loin. Plus je m'approche, plus l'humidité dans l'air augmentait, apportant une promesse de fraîcheur que je pouvais sentir grâce à mon odorat de Pur-Nat, je cherchais la source d'eau causant l'accumulation d'humidité dans l'aire avec avidité. Je cours en ligne droite, évitant les obstacles de mon mieux malgré ma vision qui se brouille sous l'effet de l'épuisement.
Les branches des arbres nous couvrirent du soleil dès que j'eus passé la ligne de la forêt. L'air passa de la chaleur étouffante urbaine à une tiédeur forestière, mais pour un Obscure comme mon frère, cette chute de température restait insuffisante face à sa limite de vingt-six degrés. Hectorio était bouillant sur mes épaules, une masse de muscles gris sombre dont la chaleur semblait vouloir m'incendier la peau. Je continue de courir sur quelques mètres supplémentaires avant que mes muscles me lâchent, me forçant à tomber à genoux sur la terre humide.
Le choc fit vibrer ma mâchoire, réveillant la pulsation électrique de mes canines qui voulais m'arracher un cri d'agonit. Je cherche le ruisseau des yeux tout en replaçant mon frère sur mon dos. Le bruit de l'eau coulant sur le sol rocheux du ruisseau me parvint enfin, le son cristallin perça le bourdonnement de mes oreilles. Dès que je vis l'éclat de l'eau entre les fougères, je me relevai avec le peu de force qu'il me restait. Je sentis la forêt m'enveloppé, ma peau jaune brun se mariant enfin aux teintes de la terre pour m'effacer de la vue des curieux. Ici, contrairement au bitume de la ville, j'était dans mon élément.
Je marchai difficilement jusqu'au ruisseau, mon frère toujours sur mon dos. Chaque pas était une victoire sur la gravité, mes griffes cherchant une prise dans l'humus pour ne pas basculer sous son poids massif. L'odeur de la mousse mouillée et de l'eau vive remplaça enfin complètement celle du béton chauffé, signalant que nous étions arrivés au ruisseau de la forêt.
Je ne m'arrêtai pas à la rive, je m'enfonce directement dans le courant, sentant l'eau glacée mordre mes chevilles puis mes genoux écorcher à cause de ma chute. Un contraste violent avec la peau de mon frère qui me brûle le dos depuis plusieurs mètres. Je le fis glisser de mes épaules avec une précaution infinie, le déposant dans une zone peu profonde où l'eau vive bouillonnait autour de ses muscles massifs. Le choc thermique fut immédiat, une légère vapeur sembla s'élever de sa peau sombre signe que son corps de type Obscure agissait comme une pierre chauffée à blanc. À quarante degré son métabolisme était en train de s'effondrer, l'eau du ruisseau bien en dessous de sa limite vital de vingt-six degrés était le seul moyen de redescendre sa température rapidement.
Je maintins sa tête hors de l'eau, appuyée contre un rocher lisse couvert de mousse, l'odeur de la vase et de la pierre mouillée est agréable et moins imposante que l'odeur de la lisière de la forêt où on pouvais sentir le béton chauffer et l'humidité de la forêt. Je regarde son visage, guettant le moindre tressaillement de ses paupières. Ma peau jaune brun de Venin absorbait la fraîcheur de la forêt avec reconnaissance mais je restais aux aguets, mes sens de Pur-Nat déjà tourner vers la forêt. Une pulsation électrique traversa ma mâchoire, me rappelant que mes canines de lait étaient instables, je grinça des dents et ferma rapidement les yeux pour chasser la douleur insistante. Je m'assit à côté de mon frère le temps de l'installer pour qu'il tienne tout seul contre le rocher et je me roula dans l'eau pour me rafraîchir de la chaleur du soleil. Je savait qu'Hectorio était en sécurité pour quelques minutes, le temps que sa température interne redescende.
Je n'est pas eu le temps de voir les paupières d'Hectorio tressaillir que mon instinct de Pur-Nat s'est cabré. Un craquement de branche sèche à cinquante mètres vers l'Est, trop lourd pour un chevreuil, trop désordonné pour un prédateur. Puis, une vibration dans l'air : des éclats de voix, des rires d'adolescents, totalement incongrus dans cette partie de la forêt où le silence est une règle de survie.
Je me suis redressé d'un bloc, l'eau ruisselant encore sur mon corps. Mes canines ont lancé une décharge électrique dans ma mâchoire en réaction à la brusque montée d'adrénaline. J'ai jeté un dernier regard à mon frère, dont la peau d'Obscure cessait enfin de fumer au contact de l'eau. Il était hors de danger, mais encore trop faible pour me suivre. Je me suis glissé entre les fougères utilisant ma Vitesse pour me fondre dans le sous-bois sans faire bouger une seule feuille, ma peau jaune brune faisant le reste, m'effaçant du décor.
Je les ai vus avant qu'ils ne me voient. Ils étaient sept, des gamins que ne devaient pas avoir plus de quinze ans. Ils se bousculaient, inconscients de la chaleur de quarante degrés qui pesait sur la forêt mais ce qui a figé mon sang c'est l'objet que le plus grand brandissait avec une fierté stupide : un arc en bois verni, une flèche déjà encochée et prêt à tirer. Posséder une telle arme avant dix-huit ans est un crime menant à une amende que leur famille, sûrement des citadins mal informés, mettraient des décennies à rembourser. Je suis sorti de l'ombre d'un pin, ma stature et mon regard de Pur-Nat imposa un silence brutal au groupe de jeune citadin.
— Hey ! Vous avez eu ça où ? ai-je lancé, ma voix résonnant avec une autorité que je ne me connaissais pas.
Ils ont sursauté, la méfiance remplace instantanément leurs rires. Le porteur de l'arc a resserré sa prise, ses doigts tremblent légèrement sur la corde.
— On l'a acheté au marché. A répondu le meneur en essayent de bomber le torse. Ils nous ont même fait un rabais sur l'équipement.
J'ai laissé échapper un rire amer qui a fait vibrer douloureusement mes canines.
— Un rabais pour une peine de prison ? Vous n'avez pas le droit d'avoir ça. S'il y a des lois, c'est pour éviter les accidents mortels. Donnez moi ça avant que la police ou quelque chose de pire ne vous arrive.
Un silence pesant s'installa, chargé par la tension et le stress, seulement troublé par le bourdonnement des insectes dans l'air étouffant de la forêt. Les sept gamins échangèrent des regards incertains, mais le meneur resta campé sur ses positions. Ils ne comprenaient pas les dangers ni les conséquences de leurs gestes encore jeune pour connaître le monde, assez âgé pour réfléchir trop jeune pour comprendre la réalité de la survit et des risques financiers. L'amende pouvait détruire l'économie d'une famille modeste, réduire la fortune des plus aisés et causé la perte des plus démunit. Je la connaisai bien, ma mère me le répétais à chaque fois que j'allais chasser quand j'était jeune, j'était le seul chasseur durant l'été, pas par choix mais par obligation biologique étant le seul venin et le seul résistant à la chaleur extrême de l'été.
Je voyais leur indécision, cette arrogance typique de ceux qui vivent en ville et qui ignore tout des lois de la nature et la hiérarchie sauvage. Ma mâchoire me lançait des décharges de plus en plus vives signe que mon corps de Venin s'emballait sous l'effet de la colère face à ses jeunes, face à ce qu'ils allaient détruire par fierté alors que je connaissais les conséquences, la réalité de la vie. La plupart des jeunes comme eux finissent mort à cause des dettes, l'incompétence à survivre seul, le choc entre le confort des parents et la réalité de l'âge adulte. Je soupirais, me secoua un peu, profitant de la chaleur des quarante degrés. Je fit un pas de plus vers eux, imposant ma stature de jeune adulte pour briser leur résistance.
— Donnez-moi ça avant que la police ou quelque chose de pire ne vous arrive. Répétai-je, ma main tendue vers l'arc en bois verni.
Le plus grand des gamins recula d'un pas, serrant l'arme contre son torse comme un trésor.
— On risque rien ! On connaît les chemins et on n'est pas des débutants. On ne se fera pas prendre, on rentre juste chez nous. De toute façon, on ne vous connaît pas. Pourquoi on vous donnerait notre matériel ?
L'air vibra soudainement derrière moi. Un déplacement d'air lourd, chargé d'une humidité glacée qui trancha un instant la chaleur de la forêt. Mon frère venait de se téléporter directement à mes côtés. Il était encore ruisselant, l'eau du ruisseau perlant sur sa peau d'Obscure comme la pluie sur des cendres mais ses yeux avaient retrouvé leur éclat. Sa stature massive, trente-six ans de muscles forgé par la survie et la chasse, imposa un silence immédiat aux sept adolescents.
— Parce que si mon frère vous le demande poliment, c'est que vous avez déjà épuisé votre chance pour aujourd'hui. Grogna Hectorio, sa voix encore rauque d'avoir frôlé l'évanouissement.
Les gamins blêmirent. Le porteur de l'arc jeta un regard nerveux à ses amis mais son entêtement citadin reprit le dessus.
— L'arc n'est même pas à nous. Finit-il par bafouiller. Nos parents nous ont envoyer le récupérer au marché, on devait juste le ramener. Ils nous attendent. De toute façon… il balaya mon corps jaune-brune puis la carrure massive d'Hectorio d'un regard incrédule… vous êtes même pas frères. Vous avez pas les mêmes éléments ! On voit bien que vous mentez pour nous faire peur.
Je sentis une vague de chaleur et ma salive devient amère à cause du début d'acide qui est signe de ma croissance et du passage à l'âge adulte. Je n'avais pas d'énergie à gaspiller en explications génétiques ni en leçons de vie.
— Crois ce que tu veux sur nos éléments, gamin. Grognai-je en faisant un pas vers lui. Mais si vous croisez une patrouille, l'amende sera réelle, elle. C'est le prix de plusieurs années de loyer d'un logement modeste.
Hectorio ne dit rien mais il se téléporta de nouveau, un mouvement sec qui nous plaça de chaque côté du groupe. Nous les encerclant presque, ce n'était pas une démonstration de force juste une habitude de chasseurs qui se coordonnent sans se regarder, habituer à communiquer par signes subtils, coordonné par les années à grandir ensemble.
— On garde l'arc. Insista le meneur mais sa voix s'était cassée.
Leurs doutes sur notre parenté s'envolèrent, balayés par une réalité bien plus brutale : nous fonctionnions comme les deux mâchoires d'un même piège. Entre ma posture de Venin aux aguets, prêt à bondir, et la présence écrasante d'Hectorio qui semblait absorber toute l'ombre du sous-bois, l'évidence les a frappés : nous étions lier par un lien indescriptible pour des citadins mais connu comme le lien le plus solide chez les Pur-Nats, le lien fraternelle. Cette synchronisation de chasseurs, forgée par la survie et non par les livres, a instantanément transformé leur mépris en une terreur lucide. Ils ne voyaient plus deux étrangers aux éléments disparates mais deux prédateurs lier formant un groupe de chasse mortel.
— Bougez, alors. Lâchai-je en sentant mon corps relâcher la tension et le gout amer disparaître tranquillement.
Je ne cherchais pas leur respect, seulement leur obéissance pour leur évité les problèmes avec la loi et les conséquences dévastatrice.
Je travaille encore l’univers et l’immersion, donc vos retours m’aident énormément
(Pas obligé de répondre à toutes les questions, 1 à 3 réponses sont déjà grandement appréciées, merci !)
- Est-ce que vous vous sentez immergé dans le monde ou il manque encore des éléments ?
- L’univers vous paraît-il crédible et cohérent pour l’instant ?
- Est-ce que les liens entre les personnages (famille, relations, instincts) vous semblent naturels ?
- La hiérarchie sociale / les règles du monde sont-elles compréhensibles ou encore floues ?
- Est-ce que certaines scènes mériteraient plus de détails pour mieux ressentir l’environnement ?
- À l’inverse, y a-t-il des passages trop longs ou qui ralentissent l’immersion ?
- L’intrigue principale vous intrigue-t-elle assez pour continuer ?
Je cherche aussi un partenaire d’écriture pour m’aider à développer certaines scènes (immersion, cohérence du monde, relations) ainsi que des bêta lecteurs qui souhaitent suivre l’histoire et donner des retours au fil des chapitres.
Même un petit retour fait une vraie différence
Table des matières
Commentaires & Discussions
| Chapitre 1 | Chapitre | 3 messages | 1 mois |
| Chapitre 2 | Chapitre | 0 message |
| Chapitre 3 | Chapitre | 0 message |
| Chapitre 4 | Chapitre | 0 message |
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